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 CLAY △ you're fucking annoying, and so sweet, boy.

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MessageSujet: CLAY △ you're fucking annoying, and so sweet, boy.   Dim 1 Sep - 15:25

Clay & Judith
you're fucking annoying, and so sweet, boy.


Bienvenue dans le merveilleux sujet de T. Judith Lefebvre qui va avoir l'honneur d'avoir comme partenaire Clay P. Richardson. Pour leur sujet, ils interdisent l'intervention d'un PNJ inoffensif qui pimenterait le rp et ils interdisent l'intervention de membres extérieurs qui passeraient par là. Ne sont-ce pas là des choix merveilleux ? L’histoire se déroule le 1 septembre 1924 à 21 pm alors que la météo est nocturne mais chaleureuse. À présent, il est temps de laisser la parole au créateur du sujet : Après une nouvelle frasque de la part de Clay, Judith décide d'aller lui dire ses 4 vérités. Les anciens amants ont toujours été passionnées dans leurs actes quel qu'il soit. Alors que l'un espère la réconciliation, l'autre souhaite l'amitié. Lequel aura le dessus pour ce soir ?


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MessageSujet: Re: CLAY △ you're fucking annoying, and so sweet, boy.   Dim 1 Sep - 15:33



fucking sweet boy.

« Crétin. » Malgré ses mots qui pouvaient paraître méprisants, Judith affichait un sourire presque fataliste. Assise sur la grande table du salon, elle tenait dans ses mains une carte joliment dessinée. A l'intérieur, était écrit dans une calligraphie digne d'un professionnel quelques mots rimés qui laissaient entendre à quel point l'auteur de cette carte souhaitait le retour de la jeune femme. Lorsqu'elle posa d'un geste résolu le papier sur la table, elle leva les yeux vers l'énorme bouquet de fleurs qui trônait à présent au centre de table. Une dizaine de roses blanches avec une unique rose rouge au milieu de celles-ci. Les fleurs étaient magnifiques et devaient être cueillies du matin d'un jardin soigneusement entretenu tout au long de l'année. Tout était irréprochable dans ces cadeaux excepté la raison même qui avait motivé cet homme à les faire livrer à l'orphelinat. Il n'y avait aucune signature mais étant donné que c'était la deuxième fois qu'elle recevait ça de la semaine, Judith comprenait facilement que Clay était responsable de toutes ces pompeuses mais romantiques offrandes. Elle ne lui avait pas connu une telle persévérance passionnée et si ça l'attendrissait malgré elle, elle était fermement décidé à ne pas céder à autant de délicatesse. Sa main effleurait les pétales douces d'une des roses tandis que l'autre soutenait son menton. Elle le détestait pour ça. Elle le détestait pour être à la fois si inaccessible et si séduisant. Elle le détestait pour être si différent d'elle et pourtant si proche. Si elle avait su tout ça lorsqu'elle s'était faite aborder le premier soir au Cotton Club par le propriétaire même, elle s'en serait méfié. Clay, l'un des associés, l'un des big boss d'un des plus gros clubs fréquentés de New York. Il avait jeté son dévolu sur Judith qui vivait ses premiers instants festifs sur le sol américain. Elle s'en souvenait comme si c'était hier, ainsi que les images des nuits passées dans ses draps qui étaient peu oubliables pour ne pas dire mémorables et délicieuses. Il n'y a pas si longtemps que ça ils se rejoignaient souvent le soir, passaient des nuits enflammées ou au contraire plus chastes. Parfois ils flirtaient ouvertement alors que le Cotton Club était à son pic de clients et ce sentiment de fierté de côtoyer un tel homme influent avait été presque addictif et réconfortant. Malheureusement, elle avait mis fin à cette histoire il y a quelques semaines. Elle était plutôt discrète sur les motifs, qui demeuraient encore obscurs pour elle-même, mais au fur et à mesure un problème de compatibilité sociale s'était posé. Depuis, la brune tentait d'instaurer entre eux une amitié saine mais Clay ne l'entendait pas de cette oreille. Certainement blessé dans son égo, il s'était mis en tête de la faire succomber de nouveau et enchaînait les attentions maladroites. Faire livrer des cadeaux de la sorte touchait son cœur de femme mais éveillait ses soupçons. Pourquoi elle tandis que des dizaines de femmes battaient des cils devant lui chaque soir ? La dernière fois, il avait été jusqu'à proposer des donations à l'orphelinat mais heureusement pour lui, il s'était pour l'instant gardé de lier le geste à la parole. Elle ne le supporterait pas.
Il était 21 heures passées et les enfants étaient tous plongés dans leurs rêves dans chacun des dortoirs. Des bénévoles faisaient des rondes régulières pour vérifier que personne ne se réveillait, qu'aucun souci n'était à signaler. Judith, elle, restait plantée devant ce bouquet durant de longues minutes jusqu'à ce qu'elle ne tienne plus. « Et puis merde. » Dit-elle dans son français natal. Elle bondit de sa chaise et se saisit de son sac à main dans lequel elle glissa la carte. Elle accourut jusqu'au miroir du corridor d'entrée où elle arrangea le chignon bouclé qu'elle s'était fait le matin. Après un dernier coup de rouge à lèvres sur sa bouche carmin, elle signala à ses employés qu'elle sortait un petit moment. Elle comptait bien rentrer aussi rapidement qu'elle était survenue après avoir châtié Clay pour son comportement. Bien sûr elle ne s'avouait qu'elle avait besoin de compagnie – beaucoup d'événements l'avaient chamboulée ces derniers jours - et que l'homme excellait en la matière. Elle était vêtue d'une robe assortie à la nuance de ses lèvres et de toute évidence, elle ne passa pas inaperçu lorsqu'elle pénétra dans le Cotton Club. La soirée n'en était qu'à son début mais déjà les habitués avaient pris leurs places respectives. D'ici quelques heures, ça serait la folie nocturne et Judith ne pouvait nier qu'elle avait apprécié cette ambiance... Elle savait que Clay ne descendrait pas de chez lui avant tard. C'est pourquoi elle se faufila à travers la foule pour rejoindre les escaliers en bois. Il menait à un espèce de balcon d'où les deux amis pouvaient admirer leur labeur puis plus haut aux appartements de Clay au moins. Elle monta les marches d'un pas déterminé, jetant de temps à autres des coups d’œil en contrebas. Elle devait avouer qu'il avait sacrément réussi... Lorsqu'elle fut arrivée, elle frappa trois coups à la porte qui devait mener à son bureau puis à ses appartements qu'elle connaissait étrangement par cœur. Elle attendit le signal approbateur qui fut un simple marmonnement de l'autre côté de la porte puis respira un bon coup avant d'entrer. Refermant immédiatement la porte derrière elle, elle garda ses mains sur la poignée, son dos appuyé contre elle. Immédiatement elle faisait face à Clay, toujours aussi classe et impressionnant. Ne se laissant pas démonter, elle déclara d'une voix trop mielleuse pour ne pas annoncer quelque chose de pire : « Vous comptez m'acheter, Mister Richardson ? » Sans attendre,elle sépara la distance qui la séparait de lui à grands pas et l'asséna d'un coup de poing sur son torse. Bien qu'elle était loin de lui faire mal, ça traduirait plutôt sa rage presque comique. « Combien de fois je t'ai dit de ne pas recommencer, Clay ?! »
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MessageSujet: Re: CLAY △ you're fucking annoying, and so sweet, boy.   Dim 1 Sep - 22:46

Le coude est posé sur le panneau de cèdre, le menton posé sur le poing fermé, et l'autre main dirige inlassablement la plume contre l'encrier en un cliquetis régulier. Penché sur son bureau et la mine fermée, Clay était en pleine réflexion car les nouvelles, sans être alarmantes, étaient toutefois préoccupantes et méritaient qu'on s'y arrête un instant. Depuis plusieurs semaines, la vie nocturne à Harlem connaissait un sursaut de vitalité, tandis que de nouveaux bars clandestins fleurissaient dans les rues et brassaient chaque soir une clientèle plus dense et variée. La concurrence se faisait de plus en plus sévère entre les différentes échoppes, et il devenait de plus en plus délicat pour le Cerveau du Cotton Club de trouver des moyens d'asphyxier les affaires de ses voisins et de les forcer à mettre la clé sous la porte. Clash dans cette course au monopole ne lui était d'aucun soutien, et avait fort judicieusement renoncé depuis bien longtemps à fourrer son nez dans les dossiers de son associé : à présent, les affaires du Cotton passaient par les mains de Clay, et de Clay seul. Et il en allait de même de toutes les emmerdes qui avaient train au Cotton Club.

Avec un soupir excédé, le jeune homme se leva et repoussa son siège : sous ses pieds, la fête battait déjà son plein, rythmée par les éclats de rire et les éclats de verres s'entrechoquant entre eux tandis que les clients s'apprêtaient une nouvelle fois à construire pour une nuit la légende des Années Folles. Mais indifférent à la liesse générale, Clay quitta son siège et traversa la pièce pour arriver près de son bar personnel, qu'il ouvrit pour en extraire une bouteille de scotch dont il se servit un verre, qu'il avala d'un trait. Il n'était pas encore prêt à descendre rejoindre Clash et le commun des fêtards : lui qui avait l'habitude de s'ébouriffer les cheveux dès qu'il rencontrait un problème ressemblait à cet instant à un épouvantail, et il lui était impossible de remettre la main sur la veste de costume grise qu'il désirait porter. Sans doute son domestique avait-il oublié de passer la chercher, et Clay se promit de lui en toucher deux mots lorsqu'il reviendrait de sa dernière course. Et comme par hasard, à cet instant retentirent dans son bureau trois coups frappés à la porte.

C'est ça, entre, bougre d'incapable, grommela le jeune homme avant d'hausser la voix, c'est ouvert.

Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'il se retourna pour houspiller son domestique Gerald, de découvrir Judith sur le pas de la porte ! Le jeune homme haussa les sourcils et en oublia sa fraîche colère, tandis que son ancienne maîtresse commençait d'une voix acide à lui montrer la sienne. Immédiatement, les sourcils de Clay redescendirent d'un cran et se froncèrent, tandis que la belle le grondait d'une manière qui lui faisait fort désagréablement penser à celle dont elle usait avec les enfants de l'orphelinat qu'elle tenait.

Tu n'aimes pas les roses, peut-être ? lui demanda-t-il d'une voix ironique en ignorant le petit poing de Judith qui venait de rencontrer sa poitrine avec une violence feinte. Peu importe, je te ferais porter une orchidée, la prochaine fois, conclut-il avant de reposer plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu son verre sur son bureau.
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MessageSujet: Re: CLAY △ you're fucking annoying, and so sweet, boy.   Ven 6 Sep - 14:46



fucking sweet boy.

La douce voix autoritaire de Clay retentit dans le bureau de l'autre côté de la porte. Sans savoir pourquoi, Judith avait comme l'impression que cette nouvelle entrevue allait être des plus incongrues. Chaque fois qu'elle venait lui rendre visite afin de faire cesser ces offrandes embarrassantes, il surenchérissait la fois prochaine comme par simple désir de provocation. Elle était fermement décidée à ne pas succomber cette fois, à ne pas laisser sa volonté flancher sitôt qu'il enrobait ses propos d'un voile sensuel et envoûtant. Il avait une certaine emprise sur elle, quelque chose qu'elle ne supportait pas puisqu'elle n'y avait pas été habituée. Même si son éducation avait toujours été stricte, elle ne s'était jamais montré franchement docile. Le médecin qui l'avait formée au métier d'infirmière avait souvent du essuyer des refus ou des protestations de la jeune fille qui n'hésitait pas à dire ce qu'elle pensait tout haut. Elle ne se considérait pas comme ces féministes qu'elle apercevait parfois manifester dans le rue avec un acharnement rageur et inquiétant. Elle aimait prouver par A + B qu'elle avait le droit à la parole, à sa liberté de penser et d'agir. Mais la façon dont Clay parvenait à lui faire oublier ses convictions était une réalité qu'elle avait toujours du mal à avaler. L'homme restait de marbre quand le poing fermé de Judith vint frapper son torse. Il ne cillait pas, le regard toujours fixe et assumé. Il se permettait même ce sarcasme qu'elle exécrait tant ! Bien sûr qu'elle ne l'intimidait pas. Elle vivait nuit et jour avec des orphelins perdus à la personnalité fragile qui voyait en leur gouvernante une héroïne salvatrice de leur miséreux futur. Elle n'avait ainsi pas de mal pour se faire entendre mais sitôt qu'elle se heurtait à l'opiniâtreté de Monsieur Richardson, patron d'un bar clandestin reconnu et maître de l'ivresse nocturne, tout était différent. Ses mots laissaient bien deviner qu'il n'avait que faire de son avis et qu'il lui ferait livrer toutes sortes de fleurs si ce simple caprice lui effleurait l'esprit. A cette idée dérangeante, Judith le pointa d'un doigt accusateur : « Je ne suis pas une de ces minettes au nez poudré que tu peux séduire d'un claquement de doigts. » Elle essayait de le faire perdre pied, de le pousser dans ses retranchements. Le fait est que la française avait souvent du mal à croire qu'il s'intéresse réellement à elle. Aussitôt les débuts passionnés envolés, elle avait du faire face à toutes ces femmes qui la considéraient d'un regard torve lorsque que c'était elle qui montait dans les appartements au bras du souverain de l'établissement. Elle avait même subi certains quolibets jaloux dans la rue, une fois que la rumeur de leur liaison s'était répandue. Non, elle ne souhaitait plus revivre tout cela même si la compagnie de Clay était franchement agréable. Alors même qu'elle était censée lui passer un savon, elle se surprenait à ne pas avoir envie de claquer la porte derrière elle. « Je n'aime pas les fleurs, Clay. » Ajouta-t-elle dans l'espoir qu'il gobe ce mensonge. Elle ne lui adressa plus aucun regard puis contourna sa silhouette musclée pour atteindre son bureau. Au passage, elle s'était emparée du verre qu'il avait reposé un peu trop brutalement. Elle n'était pas une grande amatrice d'alcool mais il fallait croire que Clay éveillait toujours les côtés obscures de la demoiselle. Tout en lui tournant le dos, elle se dirigea vers son comptoir personnel afin d'examiner toutes les bouteilles qu'il gardait précieusement. En tant que propriétaire d'un bar clandestin, la prohibition n'était pas un grand obstacle menaçant et il avait en sa possession toute une collection d'alcools dont elle ignorait jusqu'à l'existence parfois. Elle jeta son dévolu sur la bouteille de scotch dont Clay s'était servi plusieurs minutes auparavant et versa quelques gouttes au fond du verre. D'un geste lent, elle remua le liquide ambré dans le cristal de verre. Finalement, elle ne se sentait pas l'âme d'y goûter. Judith finit par faire volte-face avant de lâcher dans un soupir las : « Qu'est-ce que tu veux de moi Clay ? Une flopée d'américaines en bas n'attendent que ton apparition. »
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MessageSujet: Re: CLAY △ you're fucking annoying, and so sweet, boy.   Jeu 19 Sep - 19:23

Dans le coeur de Clay se mêlaient deux sentiments contradictoires, qui s'emmêlaient l'un à l'autre pour jeter dans son esprit un trouble qui le prenait au dépourvu : d'un côté, il y avait la joie qu'il ressentait de la voir, de la sentir, là, dans son bureau, plus proche de lui qu'elle ne l'avait été depuis un temps qui lui avait paru interminable. Mais d'un autre côté, il y avait la contrariété, celle de se voir rejeté, mis à mal, tandis que Judith semblait considérer cette entrevue comme un mauvais moment à passer avant d'avoir enfin la paix. Les sourcils du jeune homme se haussèrent perceptiblement lorsqu'elle cru nécessaire de lui faire remarquer qu'elle n'était pas comme la foule de jeunes femmes qui envahissaient le Cotton chaque soir.

Bien sûr que je sais que tu n'es pas comme elles, s'étonna-t-il d'une voix vaguement courroucée, c'est pourquoi c'est toi qui es là, et non l'une d'elles.

C'était un argument de logique des plus élémentaires, et Clay trouvait étrange que Judith ne s'en soit pas aperçue elle-même, n'ait pas spécialement prévu qu'il allait lui rétorquer cela. Mais la belle avait une si basse estime d'elle-même et de ses nombreux charmes que finalement cela n'avait rien de si étonnant : c'était aussi pour cela qu'il l'aimait. Parce qu'elle était si différente, et si éloignée de tout ce qu'il croisait tous les jours dans la rue.

De plus, crut-il utile de rajouter en retenant à grand-peine un sourire moqueur, quoi que tu puisses en dire, je t'ai déjà séduite. Et si cela n'est plus le cas, je peux le faire de nouveau.

Cette assurance, si maladroite avec une jeune femme comme Judith, si loin de la réalité. Car Clay était loin d'être aussi à l'aise qu'il essayait de le prétendre, et il savait qu'il enchaînait les erreurs comme un stupide débutant. Mais les femmes, ça ne marchait pas toujours comme les calculs, il y avait souvent, pour ne pas dire tout le temps, un nombre variable d'inconnues, d'écueils dans lesquels il ne fallait pas tomber. D'une manière générale, Clay s'en sortait bien avec les femmes, mais voilà, le souci c'était que Judith n'était pas une femme comme les autres, et rien ne fonctionnait comme il l'aurait voulu. Et il ne savait plus que faire pour la retrouver.

Ce que je veux de toi ? répéta-t-il d'une voix désapprobatrice en l'avisant qui se servait un verre d'alcool fort. Il n'aimait pas les femmes qui buvaient, elles avaient toutes quelque chose de vulgaire qui le rebutait profondément. Au moins nota-t-il avec une certaine satisfaction qu'elle ne buvait pas, avant de replonger son regard dans le sien : Je ne veux pas de cette flopée d'américaines, comme tu dis, et tu le sais. Et tu sais aussi très bien ce que je veux.

Toi, hurlait son regard. Toi, imploraient ses mains qui n'avait plus le goût de toucher à rien d'autre. Toi, gémissait le petit muscle meurtri prostré au fond de sa poitrine.



Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: CLAY △ you're fucking annoying, and so sweet, boy.   Ven 27 Sep - 16:11



fucking sweet boy.

Face à tant de rébellion, Judith s’interrogeait encore sur l’honnêteté de sa visite ici. Etait-elle véritablement venue pour lui remonter les bretelles, tenter de l’éloigner d’elle pour de bon ou bien au contraire la présence déterminée du propriétaire du Cotton Club était plus réconfortante qu’elle ne l’aurait avoué. A chaque argument préparé, Clay surenchérissait sur des évidences inexpugnables. Il avait beau paraitre agacé qu’elle ose à nouveau le repousser, elle était certaine qu’au fond de lui il se targuait qu’elle ait accouru à son bureau sitôt qu’elle avait reçu les magnifiques fleurs. Elle voulait bien croire qu’elle était le soupçon d’exotisme qu’il manquait parfois à toutes ces américaines aussi semblables les unes que les autres. Elle-même parvenait difficilement à différencier une actrice célèbre d’une autre. C’était bien cette unité qui façonnait le rêve américain, ce désir de faire partie du même univers que ses déesses sur terre mais depuis un moment déjà, elle n’y croyait plus. Plutôt mourir que de ressembler à une autre. Judith se sentit imploser quand l’homme près d’elle osa garantir qu’elle était déjà séduite. Quel toupet ! Elle se retint de lui décocher un nouveau coup dans l’épaule pour montrer son indignation. Elle n’aimait pas être chose acquise, ne plus sentir cette liberté de s’enfuir sitôt qu’elle le voulait. C’était bien la raison pour laquelle elle ne briguait pas de se marier aussi vite que possible. Elle exécrait ce pouvoir que les maris exerçaient sur leurs épouses dans une époque qui était peu brillant pour l’avenir d’une femme. Elle remerciait les quelques braves figures de manifester régulièrement en faveur d’une meilleure parité mais elle avait l’intime conviction que pour l’heure les mâles dominants n’étaient pas prêts à concéder un tant soit peu de leur pouvoir. Ca n’était que partie remise et déjà dans les rues de New-York, on pouvait assister à un changement imperceptible pour les plus aveugles mais bel et bien présent. Judith ne gérait-elle pas elle-même un établissement entier avec une centaine d’enfants à charge ainsi qu’une dizaine d’employés ? C’était elle qui dirigeait les comptes, qui donnait les ordres et elle était persuadée que ça devait déranger quelques grands magnats qui finançaient son orphelinat. Tout ça expliquait bien pourquoi elle répliqua d’une voix acerbe, presque moqueuse face à Clay : « Mais je t’en prie, j’ai beaucoup de volonté tu sais. » Elle en avait certes mais elle n’était pas certaine de ce qu’elle répondait là.
Judith lui avait tourné le dos un moment pour se servir dans sa réserve d’alcool. Elle n’avait pas porté ses lèvres au verre à demi-plein mais elle savait pertinemment que ce geste effronté suffirait à attiser la contrariété de son ex-aimant. Elle n’ignorait pas qu’il appréciait bien peu les femmes qui buvaient, certainement une question d’image un peu machiste de la femme libérée. Elle lui demanda alors ce qu’il voulait d’elle et même si sa réponse semblait plutôt subtile, elle nota qu’il ne l’avait pas clairement formulé. Rien que son égo blessé qui devait parler et cette idée réconforta un peu la française. Comme tout humain, elle avait besoin de se sentir encore désirable même à l’aube de la trentaine. Visiblement la force ne fonctionnait pas avec Clay, un homme impassible puisqu’il devait subir des affronts bien plus intimidants avec le travail qu’il exerçait. Elle ne le quittait pas des yeux, ce regard qui l’avait déshabillé autrefois avant que ses mains ne prennent le relais. Ces étreintes lui manquaient elle ne pouvait le nier tout autant qu’elle ne pouvait plus ignorer ses fréquentations qu’elle jugeait trop instables. Ca n’était pas méconnu qu’un patron de bar clandestin marchait généralement trop près du gouffre de la mafia et du crime qui menaçait à tout moment de le happer dans ses abymes illégales. Judith s’approcha de nouveau de Clay, son verre en main. Comment pouvait-il la détester ? Lui en vouloir assez pour cesser ses attentions envers elle dont elle avait trop besoin désormais ? Soudainement féline, moins agressive, elle porta une main plus douce sur son torse tandis que l’autre avança son verre près de ses lèvres. Elle but alors une courte gorgée de l’alcool qui lui brûla aussitôt la gorge. Elle eut du mal à l’avaler mais s’y força avant de reposer la boisson sur le bureau du chef. Sa main libre vint se nicher dans sa nuque, à la naissance de ses cheveux parfaitement gominés. Et tandis qu’elle lui parla, elle lui soufflait son haleine faiblement alcoolisée au visage. « J’ai pas besoin de toi Clay. » Faites qu’il déteste ça. Et que Dieu la pardonne de se montrer si diabolique. « Tu n’es pas quelqu’un pour moi, regarde qui tu côtoies, avec qui tu marchandes. Je n’ai pas envie de ça. » Ces dernières syllabes s’échouèrent dans un murmure. L’attaquer sur sa réussite professionnelle paraissait peut-être bas mais elle avait fait l’homme qu’il était aujourd’hui. Elle avait envie qu'il réagisse, besoin de se battre contre lui pour sentir qu'elle existait au-delà de son désir d'homme.
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MessageSujet: Re: CLAY △ you're fucking annoying, and so sweet, boy.   

 

CLAY △ you're fucking annoying, and so sweet, boy.

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