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 Oiseaux de nuit (Mildred Montgomery)

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MessageSujet: Oiseaux de nuit (Mildred Montgomery)   Mer 27 Aoû - 21:43

James & Mildred
Oiseaux de nuit


Bienvenue dans le merveilleux sujet de James Anderson qui va avoir l'honneur d'avoir comme partenaire Mildred Montgomery. Pour leur sujet, ils interdisent l'intervention d'un PNJ inoffensif qui pimenterait le rp et ils interdisent l'intervention de membres extérieurs qui passeraient par là. Ne sont-ce pas là des choix merveilleux ? L’histoire se déroule le 4 juillet à 23h alors que la météo est sombre. À présent, il est temps de laisser la parole au créateur du sujet : court résumé de la situation.




Collins Avenue était remplie d’éléphants d’un trottoir à l’autre. Ils portaient des bannières étoilées et balançaient leur trompe en pleine chaleur. Des cornacs les dirigeaient avec leurs crochets. Ils portaient des hauts de formes de l’oncle Sam. Un type donnait des cacahuètes aux bestiaux. Un autre incitait les badauds à applaudir. Le ZOO de Brooklyn avait prêté ses éléphants à la municipalité pour une animation de la fête nationale. Le vacarme était énorme. James Anderson évitait les excités qui agitaient des pancartes. Des portraits de l’oncle Sam bondissaient au dessus de sa tête. Le cortège défilait dans la rue, les drummers boys matraquaient leur tambour en jouant « Yankee Doodle Dandy ». Trafford Anderson, le père de James avait tourné en dérision cette musique hier soir au dîner. Il avait dit que c’était la musique américaine préféré du moine Raspoutine. Il l’écoutait le jour de sa mort. James n’en avait rien à faire des festivités. Il voulait se rendre en voiture dans sa planque. Mais impossible, le défilé des éléphants aux couleurs de l’Amérique interdisait la circulation, il devait s’y rendre à pied. L’air était lourd et sentait la bête de ZOO. Le costume de James, un Carnegie Milano haute couture, était froissé par la foule. Elle s’entassait sur les grandes avenue de Manhattan, du bord du caniveau jusqu’aux devantures des boutiques. Une pluie de confettis de parades pleuvait entre les immeubles. James fut obligé de se frayer un chemin centimètre par centimètre au milieu des spectateurs retranchés à leur poste. Les amateurs d’Independence Day refusaient de céder un pouce de terrain. Les flics passaient leur temps à rameuter des individus en pleine rue pour les renvoyer à leur morceau de trottoir. Des petits mômes chevauchaient les épaules de leur père. Un million de minuscules drapeaux américains à bout de petits bâtons voletaient au vent. James en fut ému, d’aussi loin qu’il s’en souvienne quand il était enfant, jamais son père ne l’avait prit sur ses épaules. Les services de police bloquaient les accès jusqu’à Fremont. Les grands hôtels de Manhattan qui le pouvaient, avaient hissé le drapeau américain sur leur façade pour l’occasion. Un convoi de voitures avec des personnalités passa à la suite des éléphants. Les édiles de la ville étaient perchés sur une des estrades en bois installées pour l’occasion. Le cortège se trainait, quelques citoyens agitaient des banderoles et sifflaient. La police de New York avait envoyé une garde d’honneur. James Anderson campa devant une estrade lorsqu’il aperçut le champion du monde des poids lourds Jack Dempsey. Il y a 6 ans, James l’avait rencontré grâce à son père. Ils avaient été au premier rang du ring de Jersey City, juste à côté de Charlie Chaplin lorsque Dempsey avait défendu son titre. Le champion de boxe lui avait pincé les joues. James avait conservé l’amitié du boxeur. Dempsey aperçut Anderson et descendit de l’estrade. Un crétin dans la foule hurla :

« Carpentier t’a botté le cul sur le ring ! »

Dempsey lui fit un doigt, ce qui choqua les femmes de la bonne société à proximité. Dempsey asséna une grande tape dans le dos de James, il tétait une demi-pinte d’alcool de grain à 75°. James la remarqua et lui dis :

« Tu es fou ? Si des flics te voient avec ça. »

« Je suis le champion des lourds, ils ferment les yeux en échange d’un autographe. Ton père a misé une fortune lors de mon dernier combat, il se fout de la boxe en fait, il fait ça juste pour le plaisir d’afficher son argent. »

« Oui. »

« Toi par contre tu ne l’affiches jamais. Tu devrais, peut-être que ça te permettrais de trouver enfin une fille pour toi. »

« Je… »

Le même abruti hurla de nouveau : « Carpentier t’a botté le cul ! » Dempsey balança sa gourde dans sa direction et lui courut après. James soupira et observa le cortège. Une décapotable passa au ralenti. La banquette arrière était remplie de danseuses de revue. Elles lançaient des coucous sensuels aux hommes. Un attroupement de matelot de l’US Navy en permission exulta sur leur passage. Une des danseuses aperçut James tout seul et lui adressa un sourire, elle lui souffla un baiser.

De retour dans sa planque, James prépara son attirail : pinces, lunettes de protection, plaques de protection magnétiques, diamant de vitrier, gants en cuir, un fusil de chasse calibre 10, 100 cartouches de chevrotines double-zéro, une caisse de dynamite industrielle, 300 mètres d’isolants phonique, un marteau, des clous et un grand sac de toile. Il avait obtenus tout ça grâce au chantier naval de Brooklyn qui appartenait à sa famille. Ça aidait d’être un Anderson. L’occasion ou jamais : la nuit du 4 au 5 juillet 1924. Tout le monde irait voir le feu d’artifice, tout le monde irait aux fêtes. Personne ne serait chez soi. L’idéal pour frapper.

Les riches villas au bord de l’Hudson River. James repassa sa liste : lunettes, tampons d’oreilles, cisailles, diamant de vitrier : parés. Plaquettes aimantées, gants, fusil de chasse, munitions : parés. Dynamite à amorce étanche : parée. Isolant phonique, marteau, clous : parés.

Paré : tu as dit au personnel de maison que tu serais absent toute la nuit pour faire la fête en ville.

Paré : tu as surveillé la propriété du richissime Hoover. Tu as déterminé que l’homme n’avait pas de serviteurs sous le même toit ou de gardiens à demeure. Tu as appris les habitudes d’Hoover : dîner et partie de cartes le soir au Bagden Glen Country Club de Manhattan. Séjours prolongés jusqu’à une heure avancée tous les samedis soirs chez sa maitresse Glenda Mattson.

Paré : tu t’es procuré l’emplacement de son coffre fort. Tu t’es fait passer pour un flic afin de l’obtenir auprès d’une société de sécurité. Tu as étayé ton faux personnage avec des documents et justificatifs forgés de toutes pièces par un faussaire qui en doit une aux Anderson. Le coffre-fort est blindé, il pèse 40 kilos, tu as mémorisé son emplacement exact.

Des nuages bas couvraient la lune. Le Raven sauta dans le jardin de la propriété. Des feuilles s’agglutinèrent sur ses chaussures. Il courut jusqu’à la fenêtre de la bibliothèque et s’accroupit au ras du sol. Il se mit au travail. Il sortit ses outils. Il creusa des cercles dans le verre. Il était épais, il devait se servir de ses deux mains pour pousser. La roulette de son diamant s’émoussa, la vitre se brisa. Il appuya fort avec ses gants. Raven élimina à coup de pied les morceaux de verre en pourtour afin de se ménager un espace suffisant pour entrer. Il enjamba la fenêtre, c’était juste. Des échardes de verre griffèrent son costume. La bibliothèque était lambrissée de chêne et meublé de fauteuils en cuir. Les murs latéraux étaient décorés d’œuvres d’art : un Matisse, un Cézanne, Un Van Gogh.

Le Raven apparaissait de cette façon lorsqu’il alluma les lumières : Il portait un masque noir dévoilant uniquement ses yeux et sa bouche. Il portait des gants et des chaussures à semelles de crêpes, comme les ouvriers des chantiers navales de son père. Il avait un trench-coat, une belle veste noire à manche longue boutonnée jusqu’au cou.

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Âge : 22 ANS.
Statut : Fiancée malgré elle à un parfait inconnu dont elle ne connait que sa réputation de riche héritier et rentier de la famille Anderson. Mildred a vu le désastre causé par le mariage de son père avec l'argent de sa mère comme elle le dit, et ne veut jamais reproduire ça. Du haut de ses vingt-deux ans, elle croit dur comme fer au grand amour et n'y renoncerai pour rien au monde. Elle l'attend. Il est quelque part, elle en est certaine.
Occupation : créatrice et vendeuse de jouets à la boutique Lucky Toys et co-propriétaire du The Black Room (TBR), le bar clandestin que cache son arrière-boutique.
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MessageSujet: Re: Oiseaux de nuit (Mildred Montgomery)   Jeu 28 Aoû - 17:37

« Mildred ! Dépêche-toi à descendre. Nous devons nous rendre à la fête de Johnson. Du beau monde y est attendu. Imagine si les Anderson sont là, je tiens vraiment à te présenter à leur fils, quel garçon charmant. Et puis, c’est une fête masquée, tu n’auras pas honte de ton vieux père pour une fois ! »

J’entends la voix de mon père qui s’élève dans la cage d’escalier. Non, mais vraiment, le voilà qui se met à faire de l’humour. Enfin, il tente du moins. Comme si sa douteuse gentillesse envers moi ces derniers jours allaient me faire changer d’avis concernant Anderson fils. Je n’accepterai pas de me marier pour agrandir le patrimoine familial. Je ne reviendrais pas sur ma décision, quoi que mon père fasse.

« Mildred ! Tu m’as entendu ? » Le ton de sa voix est plus dur, il perd patience. Je souris. Je suis maligne et mettre les nerfs de mon père à rude épreuve est l’une de mes activités favorites, sans aucun doute.

Nous étions le 4 juillet 1924 et une grande réception en l’honneur de la fête nationale avait été organisée par un habitué des festivités. Son nom ne me disait rien mais mon père m’assurait que je l’avais rencontré enfant, lorsque ses parents, ses frères et sœurs et lui étaient venus à la maison une fois. Ses parents étaient une vague connaissance de mon père, je n’en savais pas plus, il ne s’étendait pas sur le sujet. Quoi qu’il en soit, je devais me rendre à cette foutue cérémonie qui avait nourri un espoir démesuré à mon père qui voulait me présenter à un jeune héritier, si l’occasion se présentait. Que je le rencontre ou non, mon père avait pris sa décision : il ferait tout auprès d’Anderson père pour qu’Anderson fils devienne mon époux. Je ne posais pas de questions, ne m’interrogeait nullement sur l’identité de mon prétendant. Mon père était excité et ravi largement pour nous deux. Je soupirai en me levant et apportai un thermomètre près de ma lampe de chevet jusqu’à ce qu’il monte à trente-huit degrés. J’allais devant le miroir de ma salle de bain et me pinçai fort les joues pour les faire rougir et revint dans ma chambre où j’enfilais un peignoir après avoir pris la peine d’emmêler mes cheveux pour me donner une mine affreuse… J’allais renifler quelques tubes de médicaments infectes, histoire de me donner envie de tousser et d’avoir les larmes aux yeux puis je me montrai sur le palier de l’escalier.

« Père… Suis-je réellement obligée de me rendre à la réception ? Croyez-vous que dans un tel état… » je m’interrompis pour tousser « Anderson fils envisagerait d’épouser votre fille !? Je crains que l’occasion sois loupée. Et n’est-il pas préférable que vous ne fassiez les présentations qu’une fois l’accord passé avec… ? »

Je me mis à bailler sans finir ma phrase avant de tousser de façon théâtrale, mais maîtrisée. Mon père avait décidé d’être faussement gentil avec moi ces derniers temps dans le but de me faire accepter l’idée d’un mariage arrangé. J’avais alors fait semblant d’abdiquer et de jouer à la petite fille modèle qui acceptait le marché de son père chéri. Et je sus que j’avais gagné quand mon père soupira, las, en remuant une main comme pour me dire de partir.

« Allez, allez, ça va. Je verrai si je peux les convier à un dîner le mois prochain, dans un grand restaurant. J’appellerai le médecin demain si cette vilaine toux ne passe pas. Va te coucher. Je salue les Anderson de ta part ? »

Il ne reçut qu’une quinte de toux et un léger claquement de porte pour toute réponse. Je regardais l’horloge murale dans ma chambre. Les aiguilles indiquaient 19h50. J’avais encore largement du temps devant moi alors je restai à flâner sur le lit, à caresser Berlioz, mon chat qui ronronnait en paressant contre moi. Je prêtais attention aux bruits dans la maison, jusqu’à entendre la voiture de mon père quitter l’allée de la maison. Je pris mon carnet et pris le temps de rédiger une nouvelle lettre pour ma mamie Augustine et je la mis dans une enveloppe que je scellai avant de rédiger l’adresse dessus. Je laissai la lettre sur mon bureau. J’irai la poster demain, il était trop tard, la relève avait été faite.

J’abandonnai mes pensées vers mon Périgord Noir pour pleinement me concentrer sur mon plan de ce soir. J’avais bien vérifié l’adresse, avais repéré les lieux la veille et encore ce matin. La maison était déserte en ce jour férié et ce soir, les voisins se rendraient tous quelque part pour faire la fête, histoire de me laisser la voie totalement libre : une aubaine pour Midnight Rose. Quand l’horloge indiqua neuf heures du soir, je me décidai enfin à aller prendre ma douche. Une fois lavée et détendue mais concentrée, je me séchais et allai soulever la latte de mon plancher, légèrement sous mon lit pour y prendre mes collants noirs, mon bustier, mes gants. Il faisait encore chaud malgré l’heure et je décidai d’abandonner mon chaperon. Je revins dans ma salle de bain et entrepris de sécher mes cheveux tout en pensant au Raven. Qui de lui ou moi avions lancé la mode des fleurs ? À vrai dire, j’avais entendu parler de lui après avoir commencé mes petits jeux nocturnes. Cet homme m’intriguait et je commençais à l’admirer en secret. Il semblait défendre les mêmes valeurs que moi et ses coups semblaient être étudiés au millimètre près. Quant à moi, j’y allais un peu au flair, en me fiant à mes sens et ma forme physique. Je rassemblais mes cheveux en chignon, sur un côté, et dessinai bien mes lèvres de mon rouge à lèvres violet foncé – la marque de Midnight Rose ! -  et mis dans mon sac en cuir – que je portais toujours en bandoulière lors de mes casses – mon masque ainsi que quelques outils basiques : une corde, un glaive, un sac marron en tissu, une épingle à nourrice, ma broche en forme de rose avec laquelle j’attachais ma cape d’habitude.

Quand tout fut prêt, il était 21h40. Parfait. Je vérifiai que tout était fermé à la maison et je sortis par la fenêtre qui donnait sur le toit de la véranda. Je marchais prudemment sur les tuiles en ardoise et quand je rejoignis la gouttière, je m’y laissais glisser jusqu’à ce que mes pieds touchent le sol. Cette sortie était devenue une habitude et ce n’était plus qu’une formalité. Je mis bien mon masque une fois en bas et recouvrais mes cheveux d’un foulard. Il faisait trop chaud pour porter mon chaperon à capuches et faute de nouveaux tissus – que je devais garder pour la fabrication de jouets – j’avais opté pour ce foulard noir en satin. Très sensuel. Midnight Rose adorait ça, comme ses talons hauts d’ailleurs. Je savais que porter un masque ce soir n’allait pas éveiller les soupçons. Nombreux étaient ceux qui se rendaient à la réception où mon père allait. Ce soir, je me rendais à pieds sur le lieu de mon vol car j’habitais dans le quartier. Oh je n’étais pas fière de vivre dans l’Upper où la plupart des gens que je croisais était imbus d’eux-mêmes et ne pensaient qu’à montrer leurs richesses. Je pris d’abord le chemin du jardin des Anderson. Depuis que mon père voulait me donner en mariage à leur fils, je prenais fin plaisir à dérober leurs roses violettes, magnifiques, au parfum exceptionnel, que je déposais ensuite à l’endroit où je volais. Je repris la route jusqu’à ce qu’enfin, j’atteignis la villa qui, ce soir, devenait ma cible. Ma montre indiquait 22h30 et la rue était déserte. Je sortis mon épingle à nourrice de mon sac et commençai à trafiquer la serrure qui ne tarda pas à céder. Comme c’est surprenant tout ce qu’on peut faire avec ce machin.

Une fois à l’intérieur, je refermai la porte à clé et montais dans un silence roi à l’étage où je savais que je trouverai mon bonheur. Arrivée dans la chambre conjugale, je dérobais quelques bijoux que je mis rapidement dans mon sac. Je sortis une rose de mon sac et la posais en équilibre sur la boîte à bijoux. Satisfaite de la nouvelle décoration, je parcourus ensuite la pièce voisine et contemplais les tableaux accrochés au mur. Je n’étais pas très douée pour estimer la valeur des tableaux mais j’étais certaine qu’il ne s’agissait pas de reproductions. Je n’avais pas prévu assez de bagages pour les dérober et m’en voulus aussitôt. Je flânais ensuite dans la bibliothèque et fus attirer par la côte d’un livre qui semblait se décoller de l’ouvrage. Je tirai dessus et levais un sourcil, mon visage s’illuminant d’un sourire de victoire. Un coffre-fort se tenait là, comme s’il s’offrait à moi. Malheureusement, je ne savais pas jusque-là qu’ils avaient un coffre et… la combinaison. Et merde, ça allait me prendre des heures ! Je soupirais et posais mes affaires avant de commencer à tenter des codes au hasard, telle une débutante en la matière. Je me décidais à revenir dans la pièce voisine – celle aux tableaux – afin de dégoter quelques connaissances sur la famille afin d’en deviner éventuellement un code. Je fronçais les sourcils et fis volte-face en entendant l’escalier craquer. J’ouvris grands les yeux en distinguant une silhouette sur le parquet, créée par la pâle lumière de la lune. Ni une, ni deux, je grimpais jusqu’au lustre ridiculement grotesque de richesse où je m’y pendis. Une fois de plus, je pouvais dire merci à mon agilité et mes réflexes. Mon cœur se mit à battre la chamade quand je distinguai enfin la silhouette de mon visiteur dans l’encadrement de la porte. Oh non…. La lumière jaillit dans la pièce et je clignais des yeux. Mes oreilles bourdonnaient à présent, je devais agir, vite.

Lentement, discrètement, je hissais la corde hors de mon sac en retenant ma respiration. Je profitais que l’individu masqué soit concentré dans sa contemplation des tableaux, dos à moi, pour faire un lasso. Le nœud coulissant marchait bien, voilà… Je tentais de bouger le moins possible afin d’établir un équilibre qui ne ferait pas vaciller le lustre. Quelle pagaille. Je me haïssais de ne pas avoir monté mon coup, avec un plan de secours. Là, je faisais de la totale improvisation. Après le malade imaginaire que j’avais joué à mon père, j’étais bonne pour monter sur les planches ! Quelle poisse. Alors que je regardais l’individu qui ignorait encore ma présence, je fus de court. Le Raven. À l’attitude du cambrioleur qui semblait vouloir ce qu’il cherchait, je pensais aussitôt à lui. Bien entendu, mon imagination était débordante… Les bandits dans New-York, ce n’était pas ce qu’il manquait et puis, le soir de la fête nationale était LA soirée de l’année idéale pour frapper. Je soupirais discrètement, lasse, en comprenant que j’étais obligée de faire ce que j’avais dans la tête pour m’en sortir. Midnight Rose allait être ridicule, mais Midnight Rose devait rester digne. Je levais les yeux au ciel et je soupirai encore avant de lâcher un « Hey toi ! » et profitant de l’effet de surprise, je jetai le lasso qui trouva sa cible. Je tirai sur la corde et le nœud se referma autour des bras du Raven, au niveau du coude, bloquant ainsi ses bras à son corps. Je donnais un coup sur la corde pour bien le faire se mettre dos à moi et, en une fraction de seconde, je sautais sur son dos, le faisant lourdement tomber au sol.

« Raven ? Dis-moi au moins que je fais pas tout ça pour un pauvre minable qui veut jouer… Mais je pensais que The Raven prévoyait ce genre… d’imprévus…»
Je m’assis au creux de ses reins en m’emparant de ses mains, que je ligotais dans son dos avec la corde restante. Je posais mes genoux de chaque côté de lui afin qu’il ne puisse plus résister et que je puisse enfin me remettre de cette lutte.

« Alors ? Je t’écoute. Et tu n’es pas vraiment en position de négocier… »

La gamine en moi trépignait. Un peu de piquant dans mes virées nocturnes… Voilà ce qui me manquait ! Oui, la situation m’amusait un peu… contre toute attente.

_________________

      ❦ MIDNIGHT ROSE
    I went to the woods because I wanted to live deliberately. I wanted to live deep and suck out all the marrow of life. To put to rout all that was not life; and not, when I had come to die, discover that I had not lived. Gather ye rosebuds while ye May.
     
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MessageSujet: Re: Oiseaux de nuit (Mildred Montgomery)   Ven 29 Aoû - 10:57

Un cri qui l’appelait, il n’eut même pas le temps de se retourner qu’une force avait surgit sur lui. Il tomba à terre en se débattant. Il tenta de répliquer, il n’y arriva pas. Ses mains étaient déjà entravées. Affalé au sol, il se mit à réfléchir en 4ème vitesse : tu t’es fais avoir. Il n’y avait pourtant personne, pas un seul domestique, pas un seul membre de la famille. Tout le monde était parti. Tu as pourtant revérifié. Tu as visité la maison à 3 reprises le mois dernier quand il n’y avait personne. Le Raven avait trouvé une arme à feu dans le tiroir de la commode du bureau et une autre dans le tiroir de la table de nuit de la chambre. Il avait faussé les percuteurs des 2 armes lors de sa seconde visite. Il avait minutieusement examiné les lieux à la 3ème. Il avait prévus un itinéraire de fuite dans les rues alentours, et 2 autres de secours si jamais il était poursuivi par la police. La gouvernante, partie chez sa sœur à Brooklyn. Le gardien, en congé dans le Maryland. Le chauffeur, renvoyé pour ivresse il y a 2 mois. Les enfants, chez leur tante à Long Island. Les époux, dans une station balnéaire d’Atlantic City. Il n’avait rien négligé. Donc la personne qui était avec lui, n’avait rien à faire là, elle était entrée illégalement. James essaya de tourner la tête pour apercevoir la chieuse qui l’avait plaqué au sol et qui se tenait sur lui comme si elle l’avait conquis (sans mauvais jeux de mots). Il eut du mal à la distinguer, juste qu’elle portait un masque. Elle le nargua avec ses paroles. Fâché il voulut lui balancer une réplique genre : « Tu es douée petite très douée, mais tant que je serais dans le métier, tu ne seras que la seconde. » Mais vu sa situation difficile et le fait qu’il n’avait pas l’initiative, il préféra utiliser une réplique moins polémique :

« Euh… »

Tempête sous un crâne : et si je lui proposais de partager ? Non elle ne va pas vouloir, elle me tient à la gorge. Et si je la menace ? Inutile, tu as beau faire deux fois son poids, tu es entravé. Il songea qu’elle n’avait peut être pas déjà visité les lieux et préparé son coup à l’avance comme lui. Vas-y à l’instinct, fais comme si elle n’avait rien planifié, dis-lui la vérité :

« Tu perds ton temps, il n’y a rien dans le coffre. C’est ce que tu veux pas vrai ? J’ai déjà regardé dedans lors de ma dernière visite. Le code c’est 1879. Regarde, tu verras qu’il n’y a rien, c’est un leurre. Le vrai coffre est ailleurs dans la maison. Tu ne crois quand même pas qu’une famille qui pèse dans les 30 millions de dollars va planquer sa fortune dans un vulgaire coffre armbuster ? Ce modèle est tombé en désuétude depuis 1910. »

Inattention, diversion de paroles, c’est le moment. Il roula violement sur lui-même. Il y mit toute sa force, il pivota pour s’accaparer sur elle, il pesait largement plus qu’elle. Il était toujours entravé, mais désormais c’était elle qui était sous lui et c’était elle qui était coincé entre ses jambes ! (sans mauvais jeux de mots). Il planta son visage masqué face au sien. Juste à quelques centimètres l’un de l’autres. De quoi être assez convaincant. Il observa un bref instant le masque de la demoiselle qu’il pouvait maintenant scruter de prêt. Il devina que c’était une artiste dans son genre, pas une simple cupide.

« Intéressant… parfois je me dis que mon masque est mon vrai visage, le véritable reflet de ma personnalité, que mon visage humain est en fait le masque pour me cacher. Est-ce que c’est le cas aussi pour toi ? »

Il se releva en écartant son visage du sien. Toujours entravé, mais collé à elle dans une position plus que suggestive, il lâcha :

« Tu peux me laisser attaché et perdre ton temps avec le coffre vide, ou bien tu peux me détacher et t’occuper du vrai, tu es obligé d’avoir recours à moi. Je suis le seul à pouvoir l’ouvrir. Regarde dans mon sac, regarde mes outils, je doute que tu saches t’en servir. »

Il se releva, ses mains lui faisait mal, elle avait coupé sa circulation sanguine avec ses cordes. Il se recula et s’adossa au mur. Il la contempla de plus prêt. Voleuse séduisante. Peut être audace et furie, donnant probablement sur sans doutes. Style et classe, sans doute, donnant probablement sur oui.

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MessageSujet: Re: Oiseaux de nuit (Mildred Montgomery)   Ven 29 Aoû - 15:51

Improvisation était le mot d'ordre de la situation. Dans quelle misère m'étais-je mise en prenant des airs de justicier? Franchement, parfois, j'avais envie de donner des claques à Midnight Rose. Lorsque je portais mon masque, ma voix était plus dure, sûre, manipulatrice... moqueuse aussi. Mon "côté Mildred" était plus sage, plus réfléchi, et beaucoup plus poli... Je restais assise sur lui et tenais encore ses mains - pourtant attachée à l'aide de la corde - lorsque mon prisonnier devient un peu plus loquasse. À première vue, je l'avais surprise. Bien joué. Mais maintenant, je voyais venir le chantage de loin, aussi gros que la villa dans laquelle nous nous étions introduits par effraction.

« Tu perds ton temps, il n’y a rien dans le coffre. C’est ce que tu veux pas vrai ? J’ai déjà regardé dedans lors de ma dernière visite. Le code c’est 1879. Regarde, tu verras qu’il n’y a rien, c’est un leurre. Le vrai coffre est ailleurs dans la maison. Tu ne crois quand même pas qu’une famille qui pèse dans les 30 millions de dollars va planquer sa fortune dans un vulgaire coffre armbuster ? Ce modèle est tombé en désuétude depuis 1910. »

Ses paroles me laissèrent songeuse et je n'eus pas le temps de résister. En une fraction de seconde, je me retrouvai coincée sous lui. Je lâchais un grognement et lui lançais un regard noir avant de détourner la tête et éviter son regard. J'évitais au maximum de croiser le regard trop longtemps de quelqu'un sous mon masque de Midnight Rose de peur d'être reconnue sous les traits de Mildred. Bon sang, je n'avais pas à faire à un débutant. Son discours sur le coffre me laissait sans voix alors que je tentais de me débattre à coup de poing contre son torse. Mon autre main essayant de repousser son visage de ma main alors qu'il continuait sa petite tirade prétentieuse de "maître voleur":

« Intéressant… parfois je me dis que mon masque est mon vrai visage, le véritable reflet de ma personnalité, que mon visage humain est en fait le masque pour me cacher. Est-ce que c’est le cas aussi pour toi ? »

Je serrai les mâchoires et répondis, alors qu'il se relevait en m'entraînant avec lui.

« Tu penses vraiment que je vais me laisser intimider par The Raven? C'est bien celui que tu es, n'est-ce pas? Répond-moi... Et je trouve quand même bien triste que le personnage de Zorro du dimanche soit celui qui te procure le plus de plaisir dans la vie. Tu dois bien t'ennuyer... Ou alors, tu es vraiment hideux et ta cagoule camoufle le désastre de dame nature...»

J'arquai un sourcil pour observer sa réaction. Je devinais l'expression de ses yeux à travers son masque et lorsque le bleu de mes yeux se mêlèrent au gris unique des siens, j'entrouvris les lèvres, en feignant l'admiration. Je remontais lentement mon genou entre ses jambes, lentement avec discrétion alors qu'il continuait à étaler la richesse de ses connaissances:

« Tu peux me laisser attaché et perdre ton temps avec le coffre vide, ou bien tu peux me détacher et t’occuper du vrai, tu es obligé d’avoir recours à moi. Je suis le seul à pouvoir l’ouvrir. Regarde dans mon sac, regarde mes outils, je doute que tu saches t’en servir. »

Parle toujours. Je serrai les dents et appuyai mes mains à ses épaules en lui donnant un coup de genou entre les jambes. Un sourire en coin, je m'écartai de lui en répondant:

« J'ai déjà tapé en plein dans le mille au niveau des bijoux de famille, si tu vois ce que je veux dire, je m'en contenterai. »

Un quart de seconde, je me surpris à admirer ma propre répartie. Puis, je sortis le glaive de mon sac et m'approchais de lui.

« À ta place, j'éviterai de bouger si tu ne veux pas que je te tranche les veines au lieu de la corde. Tu restes sages, compromis? Tu n'as vu rien de ce dont je suis capable... »

Je lui libérai les mains en tranchant d'un geste sec la corde, histoire de donner un côté théâtral et impressionnant à mon geste. J'aurais très bien pu défaire le nœud mais il n'aurait pas vu avec quelle agilité le glaive effectuait les ordres que mes mains lui commandaient. Je restais devant lui, le glaive pointé vers son ventre, ne tenant pas à une nouvelle fois être prise par surprise, en disant:

« Le richesses ne m'intéressent pas, Raven. Je pensais qu'on partageait cette philosophie du vol. Tu me déçois... »

Je penchais la tête de côté, comme pour mieux l'observer et ajoutai.

« Je te laisse ce que j'ai pris, c'est pas un souci, je ne savais pas quoi en faire. La propriétaire a vraiment des coups de grand-mère. Totalement démodés, ces breloques. J'allais certainement les jeter dans un caniveau en sortant... Et malheureusement, je ne suis pas assez équipée pour dérober leurs œuvres d'art. Alors, il va falloir trouver autre chose pour te débarrasser de moi. En vérité, ce ne sont pas la valeur de ce que tu voles qui m'agace, c'est simplement que tu te trouves en travers de mon chemin... »

Mes lèvres d'un violet intense s'étirèrent en un sourire sournois alors que je courus rapidement et grimpais rapidement dans une légère agilité sur la rampe de l'escalier. Pointant toujours mon glaive sur lui, je déclarai:

« Bon... On va forcer ce coffre oui ou non? »  

Je feignis l'imprudence en faisant tourner nonchalamment le glaive entre mes doigts. Je me mis à siffler en finissant de monter les escaliers, en jetant des regards derrière moi. Quand je vis qu'il me regardait, ma démarche devint plus sensuelle, plus prédatrice encore. Ma conscience leva les yeux au ciel, en me réprimandant. À quoi joues-tu, Mildred? Pendant ce temps, ma déesse intérieure devenait hystérique: Merde, alors! Tu es en train de cambrioler une baraque avec le maître de l'Art: The Raven. Et son costume mystérieux lui donne un côté sexy. Hum. Arrivée en haut, j'ouvris une énorme porte en bois massive qui s'ouvrit sur un immense bureau, équipé d'un coin fauteuil/cheminée/bibliothèque. D'instinct, je m'approchais de la cheminée et trafiquais les bibelots posés dessus. Je souris en coin en découvrant une pièce métallique que je poussais vers le bas. Dans un grincement, l'insert pivota pour dévoiler un coffre-fort encastré dans le mur.

Je fis une révérence à mon coéquipier d'un soir, fière de ma trouvaille mais je pointai à nouveau mon glaive vers lui, dans son dos, pour l'inciter à passer avant moi en déclarant, d'un air fanfaron:  

« Voilà. Pas besoin d'étudier le problème trois plombes avant de les plumer, ces bourg', c'est toujours pareil... Après, toi...

Alors que dos à moi, il sortait ses outils pour forcer le coffre, ma conscience me fit remarquer que j'entrouvai les lèvres et ne le quittais des yeux. Quand je remarquai cela, je levai les yeux au ciel et répondis intérieurement à ma conscience: Bon, ok, il maîtrise. Je dois me rendre à l'évidence, c'est le maître. Hors de question que je lui fasse un tel compliment.

Quand le coffre s'ouvrit enfin, je lâchai un petit ravi et excité en m'exclamant, fort, oubliant la discrétion:

« Happy Independence Day, Raven ! »

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MessageSujet: Re: Oiseaux de nuit (Mildred Montgomery)   Ven 29 Aoû - 21:42

James se disait sous son masque que cette nuit allait être la pire de l’année Jugement sans appel. La garce avait tourné en dérision son costume en le comparant à Zorro ! Elle l’avait tapé là où ça fait mal en plus de se dire déçu, croyant qu’il recherchait juste l’argent en s’adonnant à tout ça. Elle accepta non sans provocations de s’associer à lui pour cette nuit. Il frictionna ses poignets endoloris en se demandant s’il avait gagné au change. Tempête sous un crâne : elle prend tout ça pour un jeu. Elle méprise clairement les convenances. Elle se fout de la richesse qu’elle peut retirer de tout ça. Raven s’agita sous son costume. Il la vit monter à l’étage et se diriger vers le bureau d’Hoover. Raven la suivait en se demandant ce qu’elle cherchait. Ce n’était pas là que se trouvait le fameux coffre caché. Elle farfouilla et trouva un autre coffre. A la grande surprise de James, celui-ci ne figurait pas sur les plans qu’il avait escamotés. Il passa devant elle en levant les yeux au ciel alors qu’elle le menaçait toujours plus ou moins avec son canif.

« Ce n’est toujours pas le coffre que je recherche, il est en bas. Celui-là doit concerner autre chose. »

Il se mit au travail, il déverrouilla rapidement sa serrure. C’était un modèle très répandus. Il s’était souvent exercé chez lui à les déverrouiller pour s’entrainer. C’était le genre de coffre qui équipait les casinos flottant sur des vieux ferrys à vapeur. En l’ouvrant, il dévoila à l’intérieur une foule de bouteilles d’alcools précieux.

« Ah je comprends. Les boissons de Monsieur, il les a mit ici pour les dissimuler de Madame. Maintenant assez joué, retournons en bas. Happy Independence Day ? D’accord, c’est le moment du feu d’artifice. »

De retour dans la grande bibliothèque où il s’était fait ligoté plus tôt. Il déposa ses outils. Il toucha le mur dans lequel on avait dissimulé le coffre. Il couvrit jusqu’au dernier centimètre carré d’espace mural d’isolant phonique en couche triple. Il le cloua serré, des pointes de 50 dans le chêne vernis. Les voisins n’entendraient rien de ce qui allait se produire. Il marqua d’un grand X sur le mur, l’endroit abritant le coffre. Il mit ses lunettes de protection et s’enfonça des tampons dans les oreilles. Il chargea son fusil et lâcha la sauce. 1 cartouche, 2 cartouches, des explosions énormes. 3 cartouches, 4 cartouches. Des morceaux de capitonnage et de bois dur se décomposèrent. Raven rechargea et fit feu, rechargea et fit feu, rechargea et fit feu. Des échardes de bois lui entaillèrent le visage. La fumée au sortir du canon lui donnait des haut-le-cœur. La visibilité était réduite à 0. Un paillage de débris venait s’écraser contre ses verres de lunettes. Il se retourna subitement en se rendant compte qu’il avait oublié la présence de la demoiselle dans la pièce avec lui. Il se hâta vers elle en tendant maladroitement ses mains à travers la fumée pour la trouver. Il la saisit dans ses bras.

« Désolé, j’avais prévus que je serais seul, je n’avais pas pensé à un… éventuel partenaire. Prend mes lunettes, et ce bâillon pour ne pas respirer la fumée. Tu veux des tampons pour les oreilles ? »

Il s’éloigna d’elle en réalisant surprit qu’il avait été plutôt gentlemen malgré la situation et le caractère odieux de cette garce. Raven rechargea et fit feu, rechargea et fit feu, rechargea et fit feu. Une quarantaine de cartouches eurent raison des poutres du mur et du plafond situé derrière. Elles s’effondrèrent. Un mélange de bois et de plâtre s’écrasa au sol. Le mobilier du premier étage dégringola et vola en morceaux. Le gros coffre tomba des gravats. Raven les dégagea à coup de pied. Il s’étouffa à cause de la poussière qu’il avait absorbée depuis qu’il avait commencé à ouvrir le feu. Il cracha fumée de fusil et mucosités noirâtres. Il creusa au milieu de l’amas de bois et poussa le coffre à travers toute la pièce. Les explosions avaient fait dégringoler toutes les œuvres d’arts. Le Cézanne était intact, le Matisse avait le cadre légèrement abîmé. Le Van Gogh était réduit en miettes, le néant total. Il brisa la vitre véranda et passa dehors en poussant le coffre. L’air pur lui donna le vertige. Il glissa sur les feuilles du jardin. Il trébucha littéralement plié en deux. Près de 100 kilos d’acier à pousser l’avait mit dans cet état. Il tomba, son corps se changea en caoutchouc. Le jardin de la propriété était immense, presque une clairière. Il l’illumina avec 3 grosses lanternes tempête. Les policiers trouveraient ainsi facilement le lieu de son exploit quand il aurait déguerpit.

« Ne me demandes pas pourquoi je fais toutes ces singeries, il n’y a qu’une seule façon d’ouvrir un coffre pareil et mieux vaut faire ça ici. »

Il tortilla les extrémités de 6 bâtons de dynamite, qu’il glissa contre le logement des cadrans du coffre. Il tira des cordons de mise à feu sur 100 mètres et présenta une allumette enflammée. Le coffre explosa. Sa porte décolla dans les aires jusqu’à la cime des arbres du jardin. Le vent éparpilla tous les billets roussis. L’explosion avait au moins détruit 100 000 dollars. Une pluie de billets enflammés se mit à tomber sur les deux voleurs. Et le Raven marcha à travers eux comme s’il se fichait royalement d’avoir cramé tout ce pognon. Restait intact 3 grands registres enveloppés dans un emballage protecteur. Raven s’en empara tout content.

« Le premier est un exemplaire d’époque du Prince de Machiavel, le second un exemplaire du Bhaghavad Gita Hindoue, le suivant un Coran du 17ème siècle avec ses enluminures. Là la première édition européenne de l’Art de la guerre de Sun Tzu, et ici, un kama-sutra d’époque. Chacun de ses livres doit peser dans les 6 millions de dollar dans une vente aux enchères. Mais moi, je veux juste les lire. Tu veux lesquels ? »

Il leva la tête vers la pluie de billets en flamme.

« On devrait décamper maintenant. Les voisins doivent se demander pourquoi il pleut du fric et vont alerter la police. »

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Statut : Fiancée malgré elle à un parfait inconnu dont elle ne connait que sa réputation de riche héritier et rentier de la famille Anderson. Mildred a vu le désastre causé par le mariage de son père avec l'argent de sa mère comme elle le dit, et ne veut jamais reproduire ça. Du haut de ses vingt-deux ans, elle croit dur comme fer au grand amour et n'y renoncerai pour rien au monde. Elle l'attend. Il est quelque part, elle en est certaine.
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MessageSujet: Re: Oiseaux de nuit (Mildred Montgomery)   Sam 30 Aoû - 17:45

Le maniaque de la prévision commençait à me désespérer sévère. Néanmoins, je ne pouvais ne pas reconnaître que son étude précise des lieux allait servir à prendre bien plus que quelques bijoux. Il m’annonça alors que le coffre caché derrière la bibliothèque n’était pas plein de richesses et je soupirai quand, une fois encore, il avait raison. La prohibition n’était pas du goût de Monsieur le propriétaire qui avait caché ses bouteilles ici. Alors que Raven repartait dans la bibliothèque où je l’avais ligoté plus tôt, je regardais les étiquettes des bouteilles et, ni vu ni connu, je pris un vieux whisky et une bouteille de rhum. Deux petites merveilles hors de prix que je me ferai un plaisir de ramener à Lothaire. Il n’en croira pas ses yeux et The Black Room pourra continuer à servir de cocktails divins. Une fois les deux bouteilles dissimulées dans mon sac, je rejoignis le Raven qui semblait avoir sorti l’attirail digne du plus gros casse du siècle. J’ouvris de grands yeux en découvrant les outils et ne bronchai pas. Je laissais faire le spécialiste et me faisais oublier.

Quand le résultat ne fut plus qu’un amas de fumée, je m’approchais timidement de lui en me demandant bien quelle idée avait pu pousser les propriétaires à cacher un coffre là, mais surtout, je me demandais comment Raven avait bien pu être au courant de cela. Perdue dans mes pensées, j’en oubliai ma réparti habituelle et ce fut sa voix qui me tira de ma rêverie, alors qu’il s’empara de ma main.

« Désolé, j’avais prévus que je serais seul, je n’avais pas pensé à un… éventuel partenaire. Prend mes lunettes, et ce bâillon pour ne pas respirer la fumée. Tu veux des tampons pour les oreilles ? »

Je distinguai à nouveau son visage – enfin plutôt sa cagoule – alors que nous avions traversé la fumée. Je secouais la tête, en me demandant comment, diable, des bouchons à oreilles allaient bien pouvoir m’aider à trouver un trésor. Parce que vu les moyens avec lesquels Raven détruisait la maison, j’espérais qu’on allait trouver une mine d’or. Cependant, je m’exécutais et mis les lunettes avant d’attacher le bâillon de façon à couvrir mon nez et ma bouche. Mais quand je le vis tirer contre les poutres, j’eus un mouvement de recul. Je pensais qu’il allait nous tuer.

« Mais t’es dingue ou quoi ?? Si les poutres s’écroulent, on y passe ! Et avec le bordel que tu fais, les flics vont détaler. Je me casse ! »

Mais à peine commençai-je à tourner les talons que je découvris qu’il sortait un énorme coffre de l’amas de poussière qu’avait causé son bruyant spectacle. La curiosité me piqua au vif et je le suivis à l’extérieur. Il tira le coffre jusqu’au jardin et je pouffais silencieusement de rire en le voyant tomber.

« La prévoyance n’est pas la seule qualité que doit avoir un voleur. L’agilité est importante. Hm, ma foi, ça m’a toujours plutôt bien réussi jusque-là ma façon d’agir. Alors que là… je donne pas cher de ta peau si les flics détalent et…. »

Je m’interrompis lorsqu’il m’invita gentiment à le faire, en me prévenant que la suite n’allait pas être plus discrète. Je le vis placer des sortes de feu d’artifice de part et d’autre du coffre et quand je compris, je le grondais, dans un murmure grossier :
« Quoi ??? De la dynamite ? Mais t’as quoi dans la tête ? Je n’approuve pas ta façon de faire. Je croyais que tes casses étaient propres, que tu ne causais aucun dégât ? Les journaux se trompent bien sur toi ! »

Tête de mule. Mon commentaire ne l’arrêta pas – comme si c’était possible une fois les dynamites allumées – et je grimaçais en me bouchant les oreilles au moment de l’explosion. Malgré ma conscience du danger qui, bizarrement, me procurait une adrénaline que je n’avais jamais connu aussi forte, je ne pus m’empêcher de rire. Il semblait qu’une averse de billets de banque tombait sur nous et je tendais les bras vers le ciel en fermant les yeux pour profiter de cette victoire. On faisait voler les billets. On jetait l’argent par les fenêtres. Il aurait mieux valu les récupérer et les déposer dans un foyer qui avait du mal à joindre les deux bouts. Alors que je ne me remettais pas encore du contenu du coffre, je me rendis compte que Raven n’avait strictement rien à faire de ce spectacle, comme si c’était une vieille habitude qui ne l’amusait plus. Je fronçai les sourcils en le voyant prendre ce qui restait dans le coffre et je m’approchais de lui alors qu’il commentait sa trouvaille :

« Le premier est un exemplaire d’époque du Prince de Machiavel, le second un exemplaire du Bhaghavad Gita Hindoue, le suivant un Coran du 17ème siècle avec ses enluminures. Là la première édition européenne de l’Art de la guerre de Sun Tzu, et ici, un kama-sutra d’époque. Chacun de ses livres doit peser dans les 6 millions de dollar dans une vente aux enchères. Mais moi, je veux juste les lire. Tu veux lesquels ? »

Des livres ! Et pas n’importe quoi. Des éditions uniques. Ce genre d’œuvres que l’on ne peut se procurer dans aucune librairie, que les bibliothèques préfèrent sceller dans les archives et dont les friperies n’osent pas rêver de posséder. Sa dernière phrase me toucha et je ne pus m’empêcher de demander :

« Tu aimes les livres ? Toi aussi pour leurs mots, et non pour leur valeur ? »

Mildred, qu’est-ce qu’il te prend ? me gronda ma conscience en tapant du pied et en posant ses mains sur ses hanches. Mais je l’ignorai et pris le Prince de Machiavel. Je ne connaissais pas du tout cette œuvre et en mordue de littérature, j’étais tentée de découvrir…

« Le Kama-Sutra ? Je doute que ça entre dans un genre très littéraire… Et pas la peine pour toi de t’encombrer de sa lecture, je t’ai vu, tu n’es pas assez souple et agile ! »

Je souris largement, contente de mon insolence et je revins à l’entrée en contemplant le bazar que le Raven avait fait avec son passage. J’entendis les sirènes de police au loin et, ni une, ni deux, je repris mes affaires, passais mon sac en bandoulière et sautai agilement par-dessus le portail.

« Je te préviens, je ne suis pour rien dans tout ce qu’il vient de passer. »

Alors que j’abandonnais les objets volés dans le plus proche caniveau – à l’exception du livre que je rangeai bien, le bruit des sirènes se rapprochaient. Je fis un signe d’au revoir au Raven en lui offrant mon plus grand sourire avant de dire :

« Tu vas rester là ? Ils ne sont plus très loin. Ils passent par l’entrée de derrière, celle qui donne sur la rue parallèle. Ils ont une entrée là-bas. On a le temps de prendre de l’avance… »

Mais Mildred ! Prend tes jambes à ton cou, comme d’habitude, ne te préoccupe pas de son sort ! Tu crois qu’il t’attendrait sagement, lui, à ta place ? me hurla ma conscience qui commençait à avoir peur pour mes fesses. D’une féminité rare et légère, j’atterris au sol derrière le grand portail et me redressai. Dans ma chute, mon chignon se défit et mes longs cheveux tombèrent en cascade sur mes épaules et mon dos. Je souris en jetant un œil au Raven. Je ne pris pas la peine d’attacher mes cheveux et passais l’élastique autour de mon pignée. Ma sensualité et mon envie de séduire se réveillaient. Heureusement que mes pommettes étaient cachés par mon masque car elles avaient rougi…

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MessageSujet: Re: Oiseaux de nuit (Mildred Montgomery)   Dim 31 Aoû - 21:58

Cette garce lui tapait sur les nerfs, jugement sans appel. Championne toute catégorie des emmerdeuses de service. Non seulement elle le tourna en dérision après qu’il se soit vautré dans le jardin en poussant le coffre, mais en plus elle lui avait lancé une pique acerbe à propos du kama-sutra, qu’il n’était pas prêt d’oublier. Mais si l’indolence et l’improvisation caractéristique de cette gêneuse de première l’exaspérait au plus haut point, il était désemparé face aux talents de la demoiselle : une souplesse, une vivacité et une sorte de furie qui n’avait pas cessés de le prendre au dépourvu depuis qu’il avait posé le pied dans cette résidence. Il la contempla interdit alors qu’elle réussit la prouesse de passer au dessus du portail en un seul mouvement. Il la suivit à son tour en escaladant le mur d’enceinte, plutôt que de se risquer comme elle sur le portail dans un numéro de gym provocant. Les sirènes de police se firent entendre non loin. Sans réfléchir, il rattrapa sa comparse cambrioleuse au pas de course et lui attrapa le bras. Il lui dit en soufflant (c’est qu’elle l’avait fait cavaler la sournoise !) :

« On détale de là, je suppose que tu n’as pas de voiture mademoiselle-j’improvise-tout ? J’en ai une, par ici. »

Il lui désigna son coupé Mercury du doigt qui était garé à proximité. Il fonça et s’installa derrière le volant. Pas le temps de lui ouvrir la porte, au diable la galanterie. Un flic en uniforme qui avait surgit dans la rue, avait aperçut les deux costumés à la faveur de la lueur des réverbères. Il siffla dans son bidule pour avertir ses collègues. James sortit sa voiture en marche arrière et effectua un demi-tour brutal. Une voiture de flic entama la poursuite. James mit plein gaz et bondit en avant. Coup d’œil dans le rétro, la patrouilleuse banalisé des forces de police de New York, leur collait au train. Raven déglutit et jeta un bref coup d’œil à la demoiselle assise à côté de lui. Il ne savait pas pourquoi, mais autant sa propre capture le ferait marrer, autant celle de la jeune femme allait lui faire perdre le sommeil, avec le sentiment coupable qu’il aurait foiré quelque chose dans les grandes largeurs. Il rétrograda, braqua sec à droite et toucha le bas-côté du trottoir. Il dérapa en raclant le bas de sa voiture contre le rebord. Il coupa à fond dans un virage, style Ben-Hûr. Il avait vu ce film muet en 1921, il s’en souvenait encore. Il rétrograda en première, seconde, troisième, pied au plancher. Les flics perdirent du terrain sur lui. Il tourna à droite toute pour s’engager dans la montée d’une rue latérale à peine éclairée. Il enfonça embrayage et accélérateur, sauta une bordure dans un grand fracas et remonta l’une des avenue de Manhattan dans un véritable concert de klaxon qui surgissait de partout. De chaque côté les voitures freinaient pour ne pas s’emboutir dans la sienne. Les flics avaient du mal à suivre la folle échappée des deux cambrioleurs. La patrouilleuse percuta une Pontiac. La voiture du Raven prit la tangente. Il se planqua dans une arrière cour d’immeuble. Il tendit l’oreille pour écouter les sirènes qui s’éloignaient. Il soupira et se tourna vers la voleuse :

« Je nous ais sortit de là. Alors j’y ai droit à mon bisou bien mérité ? »

Sourire malicieux. Quand le Raven se la joue puéril. Humour 2/10, charme 4/10, bagout 1/10. L’ensemble des notes ne lui donnaient pas son passage. Il observa, il reconnut la porte d’entrée d’un bar clandestin de sa connaissance.

« Eh ! Voilà la cabane de Laura. Tu connais ? Elle a toujours de bonnes infos pour les vols en tout genre, si on allait y prendre un verre ? Je suis sûr que ça t’intéressera. »

Prétexte pour prolonger la nuit avec la sémillante et sensuelle voleuse masquée. 10/10 ! Possibilité d’en savoir plus sur l’aguicheuse qui vous enflamme l’imagination de délices libertins ? Disons 5/10. Raven sortit de la voiture. Il vint toquer à la porte en fer dans la ruelle. Un gros videur noir bien musclé en costume de soirée vint leur ouvrir et les observa méfiant.

« Encore toi ? Et t’amène une autre masquée dans ton genre ? Bon d’accord allez-y, Mademoiselle Laura n’est plus à ça près après tout. »

Il s’écarta pour les laisser entrer. La moitié des clients en train de danser ou de s’enivrer portaient des masques, à tel point que les deux cambrioleurs passaient inaperçu. Sur scène le batteur et le saxo se déchainaient sur leurs instruments.


James se dirigea vers le fond en jetant des regards au bar, il observa de fastueuses femmes dont les décolletés plongeants et les robes de soirées moulantes avaient de quoi décimer une salle entière d’hommes en manque. Il localisa Mademoiselle Laura, la proprio de ce bar clandestin. Raven se glissa dans son box en cuir en attirant Midnight Rose avec lui. Il accapara quelques cacahuètes de façon audacieuse.

« Encore toi ? Et qui tu amènes ? D’habitude t’es toujours tout seul. »

« Je te présente… »

« Ferme là. Ma petite, tu as tort de trainer avec cet empaffé, il adore s’introduire dans des riches demeures pour ne prendre que des choses qui ne servent à rien en guise de souvenir. Il ne m’a jamais apporté un seul dollar pour les infos que je lui ais donné. »

James griffa dans son verre à cocktail un morceau d’ananas et l’envoya soulager son gosier desséché. Laura alluma une cigarette et lui lança sur son visage masqué un nuage de fumée. Raven toussa et recracha un bout d’ananas.

« Ce pitre est une maladie pour laquelle on n’a pas encore trouvé de nom. Faut être folle pour s’encanailler avec lui. »

Laura liquida le fond de son verre et mâchonna la cerise. Elle en suça la queue en le fixant dans les yeux de façon provocante style : mate ce que tu n’auras jamais.

« Laura, donne moi une info bien brûlante, et en échange promis, j’arrête de venir ici. J’irais boire dans un autre bar clandestin que le tien. »

« D’accord, Sobel prépare un faux braquage de son entrepôt de fourrures pour arnaquer son assureur. Mais t’as intérêt à faire vite car c’est pour cette nuit. »

Le Raven cogita, spécula, médita et rumina. Il fixa intensément Midnight Rose :

« T’es libre cette nuit ? Euh… pas pour ça… je voulais dire… pour un autre braquage. Ça a l’air d’être une occasion en or. »

Laura fixa intensément Midnight Rose :

« Petite, dis lui non, envoie le se faire voir ailleurs. Et suis mon conseil si tu ne veux pas foutre ta vie en l’air : n’ouvre jamais de bar clandestin, ne soit jamais proprio d’un tel truc, parce que ça n’attire que les raté comme l’autre sous-doués assis à côté de toi. Si tu ne veux pas finir vieille fille, ne gère jamais un endroit pareil. »

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Statut : Fiancée malgré elle à un parfait inconnu dont elle ne connait que sa réputation de riche héritier et rentier de la famille Anderson. Mildred a vu le désastre causé par le mariage de son père avec l'argent de sa mère comme elle le dit, et ne veut jamais reproduire ça. Du haut de ses vingt-deux ans, elle croit dur comme fer au grand amour et n'y renoncerai pour rien au monde. Elle l'attend. Il est quelque part, elle en est certaine.
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MessageSujet: Re: Oiseaux de nuit (Mildred Montgomery)   Ven 5 Sep - 14:25

Alors que nous prenions la fuite, mon taux d’adrénaline montait comme jamais auparavant. Bien entendu, Monsieur-je-prévois-tout-au-millimètre-près avait une voiture, et pas n’importe laquelle. J’arquai un sourcil et montai en silence mais mes lèvres me brûlaient. Midnight Rose n’était pas du genre à se taire mais face au Raven, je devais le reconnaître, j’étais un peu intimidée. Concentrée, je scrutais la voiture de police qui nous suivait. La conduite du Raven était impeccable et je me fis la réflexion, pour la première fois de ma vie, que je n’avais jamais conduit de voiture. Je me dis alors que ça devait être bien d’avoir en main un tel bolide, que l’on avait le contrôle dessus – surtout sur la pédale d’accélérateur… Je me surpris même à m’imaginer en train d’apprendre à conduire aux côtés du Raven, dans des vêtements du quotidien… Son visage restait inconnu…Pour la première fois, je caressais l’envie de découvrir son visage. Je le scrutai alors dans la pénombre alors qu’il conduisait, en me demandant quel genre d’homme pouvait bien se prendre pour un Zorro, comme celui que j’avais découvert dans un roman à mon arrivée à New-York.

« Je nous ais sortit de là. Alors j’y ai droit à mon bisou bien mérité ? »

Mon conducteur venait d’arrêter sa voiture et j’entrouvris la bouche à ses paroles, sa question me laissant pantoise. Je finis par grimacer en tordant ma bouche dans un dégoût exagéré avant de répondre :

« Ta requête est bien déplacée Raven, quand je pense que tu as failli nous conduire tout droit en prison avec ton manque d’agilité au moment de la fuite… Bon, je suis sérieusement en train de me demander pourquoi... » je jetai un rapide coup d’œil à ma montre… « à minuit passés, je suis encore avec toi alors que la soirée a plutôt été fructueuse… On est où, au juste ? Car je suppose que Monsieur-je-contrôle-tout-au-millimètre-près n’a pas conduit au hasard… Je me trompe ?

Je levai un sourcil d’un air arrogant, alors qu’au fond de moi, une petite voix que je ne me connaissais pas s’adonner à quelques fantasmes quant à savoir où la nuit pourrait la mener en compagnie du Raven…

« Eh ! Voilà la cabane de Laura. Tu connais ? Elle a toujours de bonnes infos pour les vols en tout genre, si on allait y prendre un verre ? Je suis sûr que ça t’intéressera. »  

Je fronçai les sourcils, en étant d’un côté alléchée à l’idée d’entendre les informations sur les lieux à cambrioler, d’un autre, blessée dans mon amour propre de devoir acceptée le fait d’entrer dans un bar clandestin rival du Black Room. Puis, je soupirai longuement, avant de hausser les épaules d’un air bougon – telle une adolescente obligée de suivre ses parents dans un lieu déplaisant pour elle – avant de descendre de la voiture et claquai vivement la porte. J’aimais bien, à ce moment-là, manquer de discrétion, dans le seul but de taper sur les nerfs du Raven. Nan mais ! La cabane de Laura, c’est quoi ce nom miteux… Comme la porte, boarf, j’aime pas du tout… pensai-je, mon esprit de patronne du Black Room, vexée par la concurrence.

Visiblement, The Raven était connu comme le loup blanc ici. Le videur les fit entrer non sans rechigner et je fus étonnée de découvrir que la grande majorité des clients portaient des masques. Cela eut le don de m’apaiser. Midnight Rose n’avait pas pour habitude de se donner en spectacle et se fondre dans la masse me rassurait.

« T’aimes bien te donner en spectacle, Raven ? En venant en costume, ici, après tes casses ? C’est dangereux ! Pourquoi ne pas venir à visage découvert, tel un client lambda, et faire traîner tes oreilles, hein ? Les flics pourraient se poster ici un soir, et t’y attendre ! »

Pour la première fois, je fus surprise par ma méfiance et mon inquiétude de me faire prendre. Manifestement, rien de tout cela ne semblait préoccuper le moins du monde Raven qui s’installa au fond du bar, dans le box d’une femme qui, visiblement, n’appréciait pas tellement que le célèbre voleur fréquente son bar. J’eus un regard de dégoût en posant mon regard sur un homme qui embrassait – ou lécher le visage, à ce stade-là, la différence était moindre – d’une femme dont sa robe semblait avoir été mangé par les mites tant le tissu était maigre. Mon attention se tourna à nouveau vers celle qui, je compris, était Mademoiselle Laura. Raven n’eut pas le temps de nous présenter car elle commença à argumenter tout un tas de faits sur Raven qui faisait de lui une mauvaise fréquentation. Je ne pus m’empêcher de rire en pointant un doigt moqueur sur The Raven quand elle évoqua « une maladie pour laquelle on n’a pas encore trouvé de nom ».  Histoire de rire un  peu j’ajoutai :

« En vérité, je l’ai surpris sur son lieu de casse de ce soir… Je lui ai tombé dessus, au sens propre, aha. Hein, Raven, le contrôle ne suffit pas toujours pour tout maîtriser… Mais je ne compte pas faire équipe… je préfère bosser seule.

Je haussai les épaules, d’un air entendu, et portai mon attention sur les musiciens. J’étais sensible à la musique et enviai Mademoiselle Laura d’avoir réussi à les faire jouer dans son bar miteux. La gestion du Black Room me plaisait beaucoup, je préférais me taire et ne pas répondre à ses protestations sur la gestion d’un bar clandestin. Mildred ne devait pas se montrer, ni même l’ombre d’une information sur Mildred, ne devait trahir l’identité secrète de Midnight Rose.

Raven évoqua le fait d’aller se divertir dans un autre bar clandestin et je dus me concentrer pour ne pas trémousser d’excitation sur mon siège. Je me mis alors à prier intérieurement pour que Raven choisisse le Black Room. Encore fallait-il qu’il en connaisse son existence… Mildred, pourquoi tu penses à ça ? Hein ? Stop, tout de suite… me cria ma conscience et là, tout de suite, je me mis à la détester parce que ma déesse intérieure souhaitait qu’une chose : pouvoir s’amuser du Raven, en étant parfois Mildred, parfois Midnight Rose, alors qu’il ignorerait qu’elles étaient en fait une seule et même femme.

Je clignai des yeux quand son regard se posa sur moi intensément et je sentis mes pommettes rougir sous le masque à sa proposition – qui, un instant, me parut indécente :

« T’es libre cette nuit ? Euh… pas pour ça… je voulais dire… pour un autre braquage. Ça a l’air d’être une occasion en or. »

Je soupirai avant de lever un sourcil en écoutant Laura tenter de m’en dissuader. Je l’écoutais sans la couper une seule fois mais quand elle eut fini, je me levai d’un air hautain en remettant mes cheveux derrière mon épaule, tout en répondant d’un air arrogant :

« Mademoiselle Laura, ce n’est pas ma faute si vous êtes blasée de votre travail. Comme leur nom l’indique, un bar clandestin implique des fraudes. Or, vous semblez avoir la frousse des flics et des lois pro-prohibition. Alors même si je ne compte pas « m’encanailler » avec … lui… »   je le désignai en agitant les doigts d’un air dédaigneux  « je pense que lui et moi avons mieux à faire qu’à traîner ici. En vous souhaitant une longue et rude soirée d’un ennui mortel dans votre bouiboui parfumé au whisky bas de gamme. »

Je tournai les talons et marchai d’une démarche sûre et arrogante, sensuelle dans ma colère, et tournai la tête en souriant au Raven. Quand nos regards se croisèrent, je lui fis signe de me suivre et quand je suis sûre qu’il était sur mes talons, je pressai le pas vers le sortie. Une fois vers la sortie, je me postai droit devant lui, pointai mon index sur lui, mon autre main sur ma hanche et tendis le cou pour me sentir plus à sa hauteur. Malgré l’écart de taille qu’il restait entre nous, je ne me sentis pas intimidée le moins du monde et me mis à pester :

« Ne m’amène plus JAMAIS dans un lieu public. D’ailleurs, tu ne m’amèneras plus jamais n’importe où. Qu’est-ce qu’il te prend à venir boire un verre dans un bar après un casse ? Tu veux que quelqu’un t’arrache ta cagoule  et que ta vie soit cachée ? Qu’on s’en prenne à ta famille, aux êtres qui te sont chers pour tous les délits que tu as commis ? Les infos, on peut les avoir par d’autres moyens. »

Je secouai la tête et finit par lui tourner le dos. Je fronçai les sourcils en entendant des pas inconnus courir avant de distinguer une ombre. Rapide comme l’éclair, je saisis la main du Raven et sautai sans bruit au fond de la ruelle, cachée par les allées et venues des clients du bar. Je regardai alors les deux policiers que j’avais entendu faire irruption dans le bar clandestin. Mon sang se glaça et je serrai les doigts du Raven sans m’en rendre compte. Ma plus grande peur était de me faire piéger. De me faire dénoncer et voir la police arriver au Black Room alors que la fête y battrait son plein. Le souffle court j’attendis en silence et quand, dans le bar, le silence se fit, je remarquai à quel point j’étais serrée entre le mur et The Raven. Je levai mon regard vers le sien et, le souffle toujours court, je murmurai :

« Il habite où ce fils à papa à aller voler ? »

Ma colère et mon discours précédent s’étaient envolés. Un regard avait suffi, et la furie légendaire de Midnight Rose fanait, ses épines devenant inoffensives.

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      ❦ MIDNIGHT ROSE
    I went to the woods because I wanted to live deliberately. I wanted to live deep and suck out all the marrow of life. To put to rout all that was not life; and not, when I had come to die, discover that I had not lived. Gather ye rosebuds while ye May.
     
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MessageSujet: Re: Oiseaux de nuit (Mildred Montgomery)   Ven 5 Sep - 22:23

Anderson fut ravit en écoutant le commentaire de la mystérieuse garce. Pour une fois il était tombé sur une femme qui n’allait pas dans le sens de la douairière à caniche qui régentait ce bar clandestin. Rares étaient ceux qui osaient contredire Mademoiselle Laura dans son antre. Il suivit Midnight Rose avec joie. Mais la jeune femme une fois à l’écart le prit à partis dans une avalanche de reproches. Il l’écouta interdit. Elle se plaignit des risques qu’il leur avait fait prendre. Il se rendit compte qu’elle craignait qu’il arrive malheur à ses proches par sa faute si on venait à découvrir qui elle était vraiment. Il en fut surpris, lui-même ne s’était jamais fait cette réflexion. Son manque d’affection envers ses parents et son manque d’intérêt envers « l’héritage Anderson » en général était flagrant. Il se fichait complètement de ce qu’il pouvait advenir de ses parents ou de sa réputation si on venait à savoir qui il était. La crainte de la voleuse fut confirmée par ce qui suivit. Une descente de flics dans la cabane de Laura. Avec dextérité, la jeune femme le tira dehors. Ils observèrent à couvert l’arrivée des flics et elle lui demanda où aurait lieu leur prochain forfait. Laura lui avait dit que Sobel était lessivé et préparait un faux braquage de son entrepôt de fourrures pour arnaquer son assureur.

« On prend le train en marche, on profite de l’info que nous a donné la garce qu’on a vu. On va aller se faire l’entrepôt des fourrures Sobel avant que les faux braqueurs ne viennent le dévaliser ce soir. On va se faire passer pour eux ! Louis Sobel a organisé le vol de son bien pour arnaquer l’assurance, c’est nous qui allons l’arnaquer. »

…………………………

Les fourrures Sobel. Sol Hurwitz Sobel, le roi de la fourrure de New York. Les gens lui en achetaient pour deux raisons : avoir l’air chic et pour étaler leur richesse aux yeux de tous. En été ses clients avaient la possibilité de stocker leur fourrure dans son entrepôt frigorifique, un des rares à New York en 1924. Ainsi leur chinchilla et autres étaient assurés de durer plus longtemps qu’en restant confiné au placard tout l’été. En arrivant à l’entrepôt, Midnight Rose et Raven purent apercevoir les 2 faux braqueurs qui planquaient en attendant l’heure prévue. Ils étaient costumés pour dissimuler leur identité, le premier était habillé en shaman shinto avec sa robe de moine asiatique et son masque, l’autre se faisait passer pour un pachuco de Californie avec sa tenue mexicaine. Ils suivaient la tendance.  Quelques gens s’étaient costumés cette nuit pour participer au défilé des éléphants du 4 juillet. Les 2 masqués faisaient le tour de l’entrepôt dans une Lincoln. Ils tournaient, attendant leur larcin, ça en crevait les yeux. Le Raven les scruta avec sagacité, il donna un coup de coude à Midnight Rose.

« Regarde les moi, ça se voit que c’est un faux braquage. Regarde celui qui tient le volant, il s’enfile une bouteille de shnaps. Tu connais un seul d’entre nous qui ferait ça avant un braquage ? »

Ils s’engouffrèrent par la porte arrière. Raven aperçu le fourgon Sobel.

« On va s’en servir ! Y’a de la place ! On récupérera ma voiture plus tard. »

Ils déboulèrent dans un corridor décoré de visons pas vilains. Ils freinèrent devant la chambre froide. Sol Sobel surprit Rose et le Raven et se marra un moment. Il scruta leur accoutrement, il hurla de rire, il haleta hors d’haleine. Il piqua une suée et se tapa sur la cuisse.

« Mais bordel les enfants ! Je vous avais dit dans mon courrier de venir déguisés, pas de sortir le grand jeu ! Non mais regardez-vous ! On dirait un duo de choc ! On croirait avoir affaire à des vrais cambrioleurs de haut vol comme celle qui laisse des roses là ! »

Il fixa un instant la voleuse et commenta :

« Tiens ? Dans la lettre vous aviez dit que vous étiez deux hommes. Pourquoi y’a une femme ? Bof, je suis plus à ça près, c’est par ici les enfants, faites ce pour quoi je vous paye. »

Il pointa son doigt sur le sol de la chambre froide et leur montra une pile de fourrures sur le plancher :

« Dépêchez-vous les jeunes avant que je ne recommence à rire et me prenne un infarctus. »

Raven plaça les peaux dans un large sac à linge qui trainait. Il parcourut la salle du regard. Des zibelines sensationnelles, des chinchillas de choix, des visons d’exceptions. La pile de fourrure au milieu semblait minable en comparaison. Sobel leur dit :

« Frappez-moi, une seule fois ! Mais pas trop fort, et puis ligotez moi et fichez le camp d’ici. On se retrouve au point de rendez-vous pour que je récupère les fourrures. »

Raven le frappa de façon très brusque par un crochet du droit méchant à la mâchoire. Sobel tomba au sol en crachant son dentier. James le traina par les pieds dans la chambre froide et l’enfouit sous un fatras de fabuleuses fourrures.

« On rafle tout ! »

Ils ne pillèrent pas seulement le tas de fourrures, ils firent toute la chambre froide au grand complet. Une vrai razzia de vison, des tas de fourrures chatoyantes qu’il transbahuta avec entrain jusqu’au fourgon. Il bourra le véhicule du tableau de bord au pot d’échappement. Lorsqu’ils raflèrent le tout dernier chinchilla, les vrais braqueurs déboulèrent par la porte. Les vrais voleurs échangèrent un regard entre eux style : c’est quoi ce délire ? Y’avais que nous dans le coup ! Ils observèrent la salle vidée par le saccage (mis à part le tas où Raven avait planqué Sobel). Le shaman shinto dégaina un luger de la première guerre mondiale. Raven lui jeta une étole et l’étouffa avec avant de lui foncer dessus. Il l’envoya valser contre un présentoir de raton laveur. Une fois qu’ils en eurent finis pour de bon, ils enveloppèrent leurs dernières victimes dans du petit-gris.

Leur fourgon mit le cap vers la soupe populaire de Manhattan. Raven jeta un paquetage de fourrures à l’entrée, les affamés foncèrent dessus. Ils roulèrent jusqu’à Hancock Street. Des clochards s’attroupaient autours d’un baril en tôle de 200 litres dans lequel ils avaient allumés un feu. Ils organisèrent la distribution, les clochards se mirent en file pour recevoir leur fourrure. Et ainsi de suite en remontant 3 avenues. A la fin ils avaient tout largué. Au moins 70 millions de dollars en fourrures venaient d’être donné gratuitement à des centaines de personnes. Le dernier coin du grand don était entre Western et Adams. Des prostituées racolaient. Certaines abordèrent Raven. Il les observa attentivement. Le fourgon Sobel était vide désormais, ils l’abandonnèrent. Maintenant le plus dur pour James : aller récupérer sa voiture. Raven observa des hommes solitaires accoster des prostituées, des sirènes de police retentirent. Un panier à salade surgit, débandade générale. Les deux bouts de la rue bloquée par des rodeuses de la police de New York. Raven se planqua avec Rose, il lui dit :

« Je crois qu’on a pas trop le choix, on peut plus passer par la rue, et si on montait ? »

Sur le toit. Le Raven s’assit en tailleur et observa en bas. Des flics interrogeaient leur prise :

« T’es marié ? T’es en liberté ou en conditionnelle ? Tu les aimes blanches ou noir ? Signe ces aveux volontaires, tu seras peut être relâché une fois au poste. »

Un abruti tenta de se tirer. Les flics lui plombèrent ses pneus arrière. Grande épidémie générale de chialeries parmi la foule: NE LE DITES PAS A MA FEMME ! Cliquetis des entraves aux chevilles, le Raven ne cessait pas de fixer les femmes. Les flics trainèrent 14 types prit en flagrant délit de sollicitations à des fins de prostitutions. Parmi eux un paquet de shriners. 5 hommes avec le fez sur la tête. Une pute qui en avait choppé un le tenait en sautillant et en criant :

« Relâchez-le ! Il m’a promit 500 dollars pour une heure de mon temps ! »

Un flic hurla : On en a 19, ça suffit, on ferme !

Le camion à salade disparut. Restait plus que des femmes dans la rue. Raven resta assis à les regarder depuis le toit.

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Oiseaux de nuit (Mildred Montgomery)

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