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 FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.

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AND ALL THAT JAZZ
Pseudo + Prénom : inès
Missives : 13 Points : 13
Avatar : vincent piazza. Crédit : self.
Âge : vingt-trois ans.
Statut : célibataire.
Occupation : travaille provisoirement comme docker sur les quais de Chelsea.
Gramophone : amuri amuri
MessageSujet: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Sam 21 Déc - 17:18

Francesco Scaletta
“God helps those who help themselves.”

NOM : Scaletta, nom typiquement sicilien qui rappelle le village d'origine de la famille, Scaletta Zanclea, dans la région de Messine. Francesco - “le libéré” - bien que beaucoup de ses interlocuteurs anglophones lui préfèrent Francis.
DATE ET LIEU DE NAISSANCE : Né le 15 août 1901 à San Mauro Castelverde, village sicilien de la province de Palerme.
ÂGE : Vingt-trois ans.
EMPLOI OU OCCUPATIONS :  Il travaille provisoirement comme docker sur les quais de Chelsea.
SITUATION FAMILIALE : Devenu fils unique après le suicide de son frère ainé, il a laissé ses parents en Italie pour venir tenter le rêve américain.
SITUATION AMOUREUSE : Célibataire.
GROUPE : Blues.
I. introduzione



JUILLET 1923. ELLIS ISLAND, NEW YORK CITY.

La salle grouille de monde. Des bambins excités par le voyage s’agitent autour de leur parents, trop préoccupés par leurs affaires  pour les rappeler à l’ordre. Des files à perte de vue se sont formées devant les comptoirs des officiers, qui se trouvent forcés d'aboyer pour se faire comprendre de cette foule étrangère. Avant de se ranger, on prépare ses documents, vérifie ses bagages une dernière fois. De rares immigrants ont sorti des feuilles de papier, révisent les quelques mots d'anglais qui y sont inscrits. La rumeur dit qu'on leur fera passer un test de connaissances, éliminatoire bien entendu. Ou même que ceux qui font mauvaise impression sont condamnés à faire demi-tour. Repartir maintenant n’est pas envisageable pour la plupart d’entre eux. Ils ont tout donné pour ce voyage. Leur dernière chance, la traversée de leur vie pour le commencement d’une nouvelle. La foule bourdonne, en français, en polonais, en russe ou en italien : en l'espace de quelques heures, la salle s'est transformée en petite Babel. Pourtant, malgré leurs origines différentes, les visages de ces hommes et de ces femmes sont les mêmes, creusés par la fatigue et l’angoisse, leur regard est éteint. Au premier rang, un jeune homme attend, valise à la main. Son regard perçant ferait presque oublier son allure negligée. Un officier lui fait signe.

Officier - Suivant ! Nom, prénom, date et lieu de naissance ?
Homme - (il avance et ses papiers d'identité) Scaletta Francesco. Sono nato il 15 augusto 1901 à San Mauro Castelverde, en Sicile, Italie.
Officier - (fronçant les sourcils) Vingt-deux ans, donc. J'imagine qu'on te l'a déjà dit mais tu fais plus vieux, gamin.

Le fonctionnaire se penche légèrement par dessus le comptoir, juste assez pour vérifier les informations notées sur le passeport qui lui est tendu. Il griffonne rapidement sur son formulaire, avant de s'adresser au migrant.

Officier - Francis, comme Francis Key Scott. Tu le connais celui-là ? (Il se retourne et désigne de son pouce le large drapeau américain qui est étendu derrière lui) C’est celui qui a écrit notre hymne national. Dernière adresse ?
Homme - Francesco, messere. Je m'appelle Francesco. Via Serra, San Mauro de Castelverde, Italie.

L’officier rature son document en haussant les épaules. Il note une nouvelle fois le prénom du jeune homme et y ajoute son adresse.

Officier -Taille, ethnie, situation familiale et profession ?
Homme - (hésitant. Il lui faut un peu de temps pour traduire la question)Un mètre... soixante-et-onze ? Italien, Sicile. Seul et ouvrier agricole.
Officier -Qui a payé pour votre traversée ? Avez-vous emporté une somme d'argent avec vous et si oui, à combien de dollars s'élève-t-elle ?
Homme -Moi, messere. J'ai... douze dollars ? Dans ma valise.
Officier - Premier voyage aux États-Unis ? Comptez-vous y rester de manière permanente ? Demeurerez-vous chez un proche ou dans une auberge ? Dans les deux cas, veuillez m'indiquer votre adresse américaine.
Homme - Oui et oui. Je dors chez... un ami (il tire un papier froissé de la poche de son veston) suo indirizzo. Little Italy.

L'officier,imperturbable, recopie minutieusement l'adresse laissée sur le papier. Il tamponne alors bruyamment et à plusieurs reprises son formulaire, avant de relever une dernière fois la tête, le visage impassible.

Officier -Bienvenue en Amérique. Que Dieu soit avec toi, gamin.

II. FRANCESCO

Il est arrivé à Ellis Island en ne parlant que trois mots d'anglais, appris sur le tas pendant la traversée ☇ Aujourd'hui il se débrouille relativement bien malgré le fait qu'il ai gardé un fort accent italien ☇ Il maîtrise la plupart des classiques culinaires de son pays d'origine ☇ Avant de travailler sur les docks, il envisageait d'ailleurs un poste en cuisine ☇ De nature réservée, il préfère rester en retraite la plupart du temps ☇ Mais la moindre remarque déplacée le fera sortir de ses gonds ☇ En effet, malgré son calme apparent, c'est un grand nerveux ☇ Et il n'hésitera pas à user de ses poings s'il le faut ☇ Il n'a été que très peu à l'école, la majorité de son instruction lui ayant été dispensée par son frère ainé ☇ C'est d'ailleurs Giuseppe qui lui a appris à lire et à écrire, à l'âge de neuf ans ☇ Il a secrètement développé un complexe vis à vis de ces lacunes ☇ C'est ce qui justifie en partie sa susceptibilité ☇ Si le scolaire n'est pas son fort, il n'en reste pas moins bon dans certains domaines, notamment dans les disciplines artistiques ☇ Il joue de la mandoline depuis son enfance et chante à ses heures perdues - à condition qu'il n'y ait personne dans les parages ☇ Il possède également un certain talent pour le dessin ☇ Mais il a toujours été hors de question qu'il en fasse sa profession, les arts étant généralement considérés comme futiles dans son milieu d'origine ☇ Plus jeune il voulait devenir officier dans l'armée ☇ Finalement voir son frère revenir du front impotent a mis fin à ses aspirations ☇ Ayant travaillé la terre toute sa vie il n'était certain que de deux choses, qu'il préférait mourir libre que de vivre soumis comme son père ☇ Et que son avenir n'était pas en Italie ☇Les États-Unis représentent donc sa dernière chance pour une vie meilleure.
Ladies ans gentlemen, nous avons aujourd'hui le plaisir d'accueillir Francesco Scaletta ! Bonjour et bienvenue sur la radio AT&T's. Nous avons préparé quelques questions pour vous. Premièrement, tout le monde aimerait savoir ce que vous pensez des bars clandestins et du jazz, ne vous inquiétez pas, ça ne sortira pas d'ici !
« Des deux, pas grand chose de special. Moi j'aime la musique italienne traditionnelle, celle qui te fait revenir au pays lorsque tu l'écoutes, tu vois ? La musica vera. Celle qui prend les tripes, qui ferait chialer le plus solide des hommes. J'aime bien les opéras aussi, j'en ai déjà entendu à Palerme. Verdi, Scarlatti, Vivaldi. Mais le Jazz...le Jazz c'est de la bouillasse, c'est brouillon, c'est grossier, c'est de la musique de Noir, pas pour moi.  Les bars clandestins, tu dis ? Je pense que ce serait mieux s'ils n'étaient pas clandestins, justement, c'est tout le problème, mon ami. »
Oh, je vois... Ainsi, votre avis concernant la Prohibition...
« Je ne comprends pas les Américains et leur sens des priorités, tu sais ? Bannir l'alcool alors que votre société est rongée par tellement d'autres vices, c'est ridicule. Et entre nous, la prohibition ça ne tiendra pas, les gens ont trop besoin de noyer leur peine dans leurs verres. Elle finira par sauter d'elle-même ou il y aura des émeutes.
Oh ! Dans ce cas, buvez-vous de l'alcool ?
« Évidemment. Enfin c'est sûrement pas prudent de l'avouer ici, non ?  »
Personne ne vous juge, ne vous inquiétez pas. Et, dites-nous, New York, en un mot, c'est quoi pour vous ?
« Bruyant. Je ne suis pas vraiment habitué aux grandes villes et à leur bruit. Palerme est cent fois moins peuplée que New York et je ne te parle même pas de San Mauro. Chez nous, les gens sont moins pressés. Ils prennent le temps de vivre. Les Américains sont tout le temps agités. Enfin, il n'y a pas que du négatif. Tu sais, les États-Unis sont un pays très permissif. Lorsque je suis arrivé, il m'a fallut un certain temps pour m'adapter à vos moeurs. Les femmes ici, par exemple, elles sont différentes, plus émancipées. Elles sortent le soir, elles fument. Au début je n'étais pas habitué, elles me paraissaient vulgaires. L'Italie c'est conservateur comme pays et la Sicile c'est encore pire ! Mais je m'y suis fait et maintenant ça me semble plus acceptable, plus normal peut-être. New York m'a déjà changé.»
Comme je vous comprends ! Pourriez-vous donc nous donner votre point de vue sur l'époque que nous vivons ?
« Ça n'a pas d'importance. A force de se poser de telles questions, on n'a plus le temps de vivre, mon ami, surtout dans une époque avec autant d'opportunités que la notre. Revenez dans vingt-ans. »
Et bien, je vous remercie pour cette interview plus que constructive, et vous souhaite un excellent moment à New York !
derrière l'écran

PSEUDO ET/OU PRÉNOM : Inès.
ÂGE : 17 ans.
DÉCOUVERTE DU FORUM ET AVIS SUR CELUI-CI : Si je me souviens bien et je m'y était inscrite pendant l'été 2012 sous le nom de “T. Easton Lewis”. Je suis restée active sur le forum jusque début septembre, avant que ma présence ne se fasse plus rare à cause de la rentrée. Lorsque je suis revenue (aux alentours de mi-septembre), le forum était en maintenance et inaccessible. Je pensais qu'il avait fermé, jusqu'à ce que j'apprenne sa réouverture sur Bazzart, il y quelques semaines. J'y ai jeté un coup d'oeil et après quelques jours de reflexion (et de stalking) j'ai fini par craquer !
PRÉSENCE : Quotidienne, si tout va bien. Par contre je ne garanti pas des réponses aux RP immédiates, j'ai pas mal de boulot cette année.
CONNAISSANCE ET AVIS SUR LES 1920's : Je suis pas mal informée, surtout sur le contexte politique et économique en fait. Le reste me vient des différents films sur l'époque que j'ai pu voir, Il Était une Fois en Amérique, Gatsby etc, et des bouquins que j'ai pu lire.
TA CHANSON FAVORITE : Oh...aucune idée ! J'en ai pas mal que j'adore mais je pourrais pas vous les mettre en ordre. La première qui me vient c'est Gimme Shelter des Rolling Stones c:
AVATAR : Vincent Piazza.
CODE DU RÈGLEMENT : validé par Bébert heart
PERSONNAGE INVENTÉ, SCÉNARIO : Inventé.
JE SOUHAITE PARTICIPER AU SYSTÈME DE RP D’INTÉGRATION : Pas pour le moment mais c'est gentil, merci !
UN DERNIER MOT : Merci d'avoir remit ATJ sur les flots !




Dernière édition par Francesco Scaletta le Dim 31 Aoû - 22:02, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Sam 21 Déc - 17:19

histoire
“All I wanted was to be what I became to be.” - John Gotti.


STORIA

« J’ai grandi à San Mauro Castelverde, un petit village sicilien situé à une centaine de kilomètres de Palerme. Nous vivions, mes parents, mon frère et moi, dans une bicoque perchée sur une colline qui – lorsque le temps le permettait – nous offrait une vue imprenable sur la Mer Méditerranée.
Mon père s’appelait Antonio. Fils et petit fils de paysan, il avait hérité d’une mince parcelle de terre sur laquelle il cultivait une poignée de grenadiers. Nous survivions majoritairement grâce aux quelques lires que la vente de leurs fruits nous rapportait chaque année. C’était un homme brave, estimé au village pour son labeur. Chaque matin dès l’aube, il parcourait à pied les quelques kilomètres qui séparaient la maison de nos terres et ne rentrait qu’une fois la nuit tombée. C’était la seule vie qu’il n’avait jamais connue, une vie d’effort et de douleur, et pourtant jamais nous ne l’entendions se plaindre. Profondément pieux, il s'en remettait à Dieu lorsque nous traversions des temps difficiles. Il mettait un point d'honneur à ne jamais s'abandonner à ses faiblesses. Sa dignité, c'était tout ce qu'il possédait, lui, pauvre paysan ruiné et ignorant. C’est sans doute pour cela qu’il était généralement respecté à San Mauro, y compris par les caïds locaux. On ne s'amuse pas d'un homme d'honneur.
Antonio avait épousé ma mère, Giuseppina Rossi, en 1893. Par soucis de temps je ne m’attarderais pas sur son histoire familiale. Néanmoins, notons qu'elle, sa cadette de neuf ans, était issue d’une famille de vignerons bourgeois originaires de Palerme. Rien ne les destinait au mariage en somme et pourtant ils s’étaient aimés dès leur rencontre, lors de la messe de Pâques de l’année 1891. L’union de mes parents, qui était donc loin d’avoir été arrangée, fut rapidement désapprouvée par les Rossi. Ça eu quelques conséquences regrettables puisque lorsqu’elle d’épousa finalement mon père, ils décidèrent de la bannir du cerce familial en la déshéritant, les enflures.
Le nouveau foyer s’installa donc dans le fief des Scaletta, où ma mère fut accueillie comme une fille du village. Elle qui avait tout perdu en se mariant retrouva rapidement une nouvelle famille. C’est à peu près à cette époque que mon grand-père Vittorio décéda et que mon père récupéra les quelques hectares qui firent sa fortune. En octobre 1894, après deux fausses couches, ma mère donna naissance à mon frère, Giuseppe, qui fut nommé en son honneur. Je vins au monde près de sept ans plus tard. »


AGO. 1908. SAN MAURO CASTELVERDE, ITALIA.

« Salud ! Au petit Lorenzo ! » Le tintement des verres est couvert par les cloches de l’église. C’est une belle fin d’après-midi, douce et ensoleillée, comme il y en a souvent à la fin de l’été.  Le vin coule à flot, maladroitement versé dans les verres. On s’embrasse, on s’échange quelques paroles familières en gloussant, sans doute un peu encouragé par l’alcool. Assis sur la pelouse, tripotant distraitement un pissenlit, il observe les adultes célébrer à leur façon. Son costume de marin blanc et azur contraste avec sa peau mate et ses cheveux noirs de jais. Il doit avoir neuf ans, tout au plus. « Ciccio ! Ne t’assieds pas par terre, tu vas finir par salir ton habit ! » La voix de sa mère s’élève du groupe de parents. Francesco se relève en soupirant, avant d’attraper le bilboquet qui gît à ses pieds. Comme d’habitude, c’est l’un des rares enfants invités à la réception. Il s’agit pourtant du baptême de l’un de ses cousins, ce qui en ferait en théorie une occasion de revoir quelques camarades. Sa mère lui interdit de se rendre seul sur la place du village, là où jouent les autres. Elle dit qu’ils vivent trop loin du centre ville et qu’il n’a aucune raison de se plaindre puisque lui a la chance d’habiter en face de pâturages, qu’il peut donc s'amuser autant qu’il le souhaite avec le bétail. « Fichu bétail. » grommelle-t-il. Les vaches, il les a toujours trouvées ennuyeuses.
« C’est à toi ? » demande une voix. Il sursaute, pris au dépourvu. Il n’a pas vu arriver derrière lui la petite fille qui lui désigne le bilboquet de bois qu’il tient dans sa main. « Oui, c’est à moi. » répond-t-il d’un air méfiant. Il la parcourt du regard. Celle là, il ne l’a jamais vue avant. Avec ses grands yeux bleus, sa chevelure blonde et sa robe de dentelle vénitienne, elle n’a pas l’air d’une fille du village. En fait, elle ne ressemble même pas à une sicilienne. « Je m’appelle Eleonora, mais tout le monde m’appelle Elia. » Elle lui tend la main, il ne bouge pas d’un pouce. Visiblement froissée par son impolitesse, elle continue l’air de rien : « Je viens d’emménager ici. Ma famille vient de San Mauro mais je suis née à Venise. Nous avons emménagé dans la grande maison blanche perchée sur la falaise. » Cette grande maison blanche il l’a connaît bien, elle appartenait aux Gianni avant qu’ils ne déménagent. Située un peu à l’écart du reste du village, c’est la maison la plus proche des terres de son père. Il lui serre enfin la main et marmonne : « Francesco. » Un sourire illumine le visage de la vénitienne. Elle lui désigne un couple d'invités parmi les adultes qui discutent sur la terrasse. « Je le sais bien ! D’après ma mère, nous serions voisins. Quel âge as-tu ? » Il jète un oeil au couple. Eux aussi ont l'air d'étrangers, il sont habillés à la mode du nord. Un groupe de musiciens s'est installé à côté d'eux et commence à jouer une mélodie légère. « J’ai eu huit ans il y a dix jours. » Visiblement ravie par sa réponse, elle se met à battre des mains. De manière un peu ridicule, il faut bien l’avouer. « Comme moi ! Je suis tellement heureuse, j’avais peur que ce l’on dit sur les siciliens ne soit vrai. A Venise, on ne cessait de me répéter que vous étiez rustres et sauvages, ce qui est faux, n’est-ce pas ? Nous voilà amis à présent ! » Avant même qu’il n’ai le temps d’intégrer ses paroles, là voilà qui l’attrape par la main et le tire vers la terrasse, où ils se mettent à danser sous le regard bienveillant des adultes.


« Ce fut ma première rencontre avec Elia. Elle s’est installée pour de bon à San Mauro quelques jours après le baptême de Lorenzo, et nous nous croisions souvent les matins, elle allant à l’école communale et moi pour travailler aux champs. Gamine étrange qu’elle était. Un vrai moulin à parole, quelques fois un tantinet hautaine mais pas mauvaise dans le fond. Il me semble qu’elle n’a jamais vraiment eu d’amis à San Mauro, du moins pendant ses premières années ici. C’était une fille à papa, gâtée toute sa vie par les adultes ; les enfants n’aiment pas ce genre là. Alors entre moi, le cancre turbulent, et elle, la première de la classe solitaire, nous formions une sacrée paire. Je nous bâtissais des cabanes dans la forêt où elle venait me faire la lecture. J'adorais ça, ses histoires. Pour quelques heures, j'imaginais que je devenais l'un de ces héros en quête d'aventure. Je n'étais alors plus un pouilleux de Sicile, mais un pirate redouté, un espagnol acclamé ou un prince respecté. En somme, je me laissais aller à une autre vie.
En apprenant à connaître Eleonora, je me suis rendu compte qu’elle n’était pas la gamine arrogante qu’elle paraissait être. En réalité la pauvre était loin d’avoir vécu une vie facile. Son paternel trompait sans arrêt sa mère et avait quelques problèmes avec la gnôle. Il lui arrivait d'avoir la gifle facile, la main lourde. Lorsqu’il n’allait pas passer la nuit chez sa maitresse, Elia venait se réfugier chez moi en attendant qu’il reparte s’endorme. Ça a fini par nous rapprocher.
Je ne sais pas quand est-ce que je suis tombé amoureux d’elle. Assez tôt en tout cas. Évidemment, il était inconcevable qu’elle ne l’apprenne, alors je me suis efforcé de le lui cacher le plus longtemps possible, aussi sot que cela puisse me paraitre aujourd’hui. Nous étions meilleurs amis, pourquoi gâcher cela ? Qui plus est, une fille comme elle était sûrement destinée à un riche commerçant ou à un fils de notable, je n'avais aucune chance.

Vint l’année 1915 et le déclenchement de la guerre. L’isolement de notre village nous protégeât de la violence des combats pendant quelques années, la majorité des affrontements se concentrant au nord . Pourtant, ce n’est pas pour autant que la guerre nous épargna de ses lots tragiques. En 1916, mon frère Giuseppe fut appelé au front. Le pauvre eut à peine le temps de célébrer sa majorité qu’il du partir pour Montefalcone, une zone particulièrement sensible de la province de Venise. La nouvelle fut surtout difficile à encaisser pour ma mère. Je me souviens encore de ses sanglots lorsque mon frère embarqua à Palerme. Elle pleurait encore le soir un an après son départ.
Les années passèrent et il nous informait régulièrement de son état via le courrier. Nous apprîmes à vivre malgré la rudesse des temps de guerre, recueillir ses lettres faisait presque partie de notre routine. C’est en 1918, alors que se dessinait enfin l’armistice, que nous apprîmes la nouvelle. Giuseppe avait été touché lors d’une offensive autrichienne. En plus d’avoir inhalée une quantité monstrueuse de gaz neurotoxique, il avait perdu ses deux jambes lors de l’explosion d’un obus. Ce fut l'hécatombe. Avec du recul, je crois qu’aucun d’entre nous ne s’en remit, surtout après ce qui suivit. Giuseppe étudiant brillant et charmant, sur qui reposaient tous les espoirs de mes parents, n’était plus qu’un invalide de guerre, à moitié délirant et complètement dépendant de son entourage. Je n’oublierais jamais ce jour où nous sommes allés le récupérer à Palerme. C’est à peine si nous osions nous regarder dans les yeux. Malgré nous, nous ne pouvions ressentir autre chose que de la pitié à son égard, et lui avait perdu toute dignité. Je me rappelle encore des larmes brouillant son regard lors de notre première étreinte. C'était bien la première fois que je voyais un homme pleurer, la seule fois à ce jour.»


APR. 1919. SAN MAURO CASTELVERDE

Les années ont passées, ils ne doivent pas avoir plus de dix-huit ans. Perchés du haut de la falaise, il font face à la mer impassible, les jambes pendant dans le vide. Une bourrasque trop violente pourrait les faire tomber, ils le savent, pourtant ils ne bougent pas. A eux deux, rien ne pourrait leur arriver. Ils sont invincibles. « Comment va Giuseppe? » C’est elle qui rompt le silence en premier. Elle sent ses muscles se contracter alors qu’elle le questionne. Depuis le retour de son frère, il a toujours eu du mal à aborder le sujet. « Mal. Ses crises se font de plus en plus fréquentes. Le dernier médecin qu’a consulté mon père lui a confié qu’il était fort possible qu’il finisse… dément. » Le mot est lâché. Démence. Il ne s’agit plus de crise passagères mais bien d’un état permanent. Irréversible. Elle pose sa main sur la sienne et lui adresse un regard compatissant, pendant qu’il continue. « Putain d'guerre, tu sais, j’en arrive à penser que tout aurait été plus simple si nous l’avions enterré à son retour... Au moins il nous aurait épargné toute cette souffrance ! Et nous, hein ? Et nous ? Ne sommes nous pas aussi des victimes ?! Ses victimes ?! Dis moi !! » Sa voix gronde alors qu’il s’adresse au ciel. Dieu les auraient-ils maudits ? Ses membres tremblent, animés par une rage incontrôlable. Il se lève, attrape une pierre à ses pieds et la lance de toutes ses forces vers l’étendue d’eau qui leur fait face, sous le regard effrayé de son amie. « Franci… » Ramené à la réalité par sa voix, il se rassoit et enfouit sa tête dans ses mains. Imbécile. Il regrette de s’être emporté devant elle, de lui imposer une telle scène. Une minute passe, avant qu'il ne reprenne :« Je suis tellement désolé… Pardonne moi. Écoute moi te parler, quel ami je fais…quel frère je fais. Je ne mérite aucun d'entre vous..» Elia l’entoure de ses bras et le serre contre elle. Il se tait, la laissant lui caresser la nuque, la tête enfouie dans le creux de son cou. Elle est la seule qui le comprend, la seule à qui il fait assez confiance pour se confier. « Ne dis pas de telle choses. » Elle se dégage de son étreinte et plonge son regard dans le sien.  « Ne dis pas ça. Personne n’exige de toi que tu t’imposes une telle vie. Le travail avec ton père, la vie avec ta mère, veiller sur ton frère – » « Si je ne le fais pas, qui le fer – » Elle le fait taire d’un doigt sur sa bouche et continue. « Personne et pourtant, tu le fais. Tu vois ? Tu es un homme de cœur, Francesco, un homme bon. Je ne supporte pas de t’entendre te blâmer pour le bien que tu essayes de faire autour de toi, tu m’entends ? » Elle parcoure des doigts le visage de son ami, avant de s’en éloigner. Son regard est empli de tristesse, il le remarque. Elle hésite, comme si elle ne savait pas s’il était sage de continuer. « Q-quelques fois…quelques fois... je me dis juste que celle que tu épouseras aura bien de la chance. » Elina déglutit, le regard fuyant, regrettant déjà ses paroles. C'est une femme désormais, et si son père ne lui a pas encore désigné d'époux, cela ne serait tarder. Elle connait ses prétendants, des hommes fortunés et maniérés en apparence, mais odieux et immoraux dans leur intimité. Des hommes qui n'ont rien à voir avec Francesco. « Elia... »  Il la dévisage avec un air désolé. Il voudrait l'embrasser à cet instant, il aimerait lui dire qu'il n'en épouserait aucune autre qu'elle. Mais ça ne ferait qu'empirer les choses, n'est-ce pas ? Alors il se résigne en silence, le regard perdu vers l'horizon.


« Ce que mes parents redoutaient le plus arriva quelques mois plus tard, à la fin de l’année 1919. Grâce à Dieu, ce ne fut pas ma mère qui le trouva ce soir là. Ni moi. Je n’aurais pas eu la force, je crois. Mon père le découvrit alors que je travaillais encore à la récolte. Pendu, raide mort depuis quelques minutes déjà.  Ma mère n’a pas vu le corps avant qu’on l’ai décroché, elle n’aurait pas tenue, la pauvre. C'est mon père et moi qui l'avons descendu, encore sous le choc. Sa peau était glacée. Étrangement, ce qui m’a le plus marqué dans cette histoire n’était pas le fait que Giuseppe se soit tué. Je ne sais pas s'il aurait supporté de vivre encore trente ans dans ces conditions. Le peu de lucidité qui lui restait avait décidé qu’il valait mieux abréger ses souffrances et celles de mes parents, tant qu’il le pouvait encore. C’était son choix, je le comprenais à ce moment là. Ce qui m’a frappé, ce fut son apparente détermination. Il avait tout bien organisé, il l’avait fait proprement, vous savez ? Le nœud bien serré à la poutre, le tabouret placé pile au dessus. Il avait dû y mettre ses dernières forces, pour se hisser tout en haut à la force de ses bras, à défaut de jambes. Il avait dû avoir bien du mal à le virer, son tabouret. Un putain de soldat jusqu’à son dernier souffle. Mis à part pendant notre enfance, Giuseppe et moi n’avions jamais été très proches, sûrement à cause de l’importante différence d’âge qui nous séparait. Mais il m’a fallut quelques mois pour l’avaler. Pour réaliser qu’il était parti pour de bon et qu’il ne reviendrait pas. Je suis resté dans le déni pendant plusieurs semaines, avant que ça ne me tombe dessus. La tristesse, puis le regret et enfin la culpabilité. Il m’était arrivé de souhaiter sa mort, mais maintenant que c’était fait, je ne pouvais pas m’en remettre. Je ne pouvais pas tourner la page, reprendre la vie comme si rien ne s'était passé m'était insupportable, J'avais perdu toute énergie, tout me semblait si fade. Mon environnement me paraissait plus toxique de jour en jour. Je me sentais oppressé, comme un lion en cage. Changer d'air, bouleverser mon quotidien, c'était ce dont j'avais le plus besoin. J'imagine que c'est à ce moment là que l’idée de partir s’est implantée dans mon esprit. »

JAN. 1920. SAN MAURO CASTELVERDE, ITALIA.

De son vivant, Giuseppe était apprécié de beaucoup c’était un fait, mais l’étendue de la foule s’étant déplacée pour lui délivrer un dernier adieu dépassait de loin ce que Francesco et ses parents avaient pu imaginer. Parmi les invités présents, il reconnaissait d’anciens camarades de classe de son frères, certains de ses employeurs, quelques jeunes aillant combattu au front à ses cotés. Évidemment, leur famille était également au complet, il apercevait de temps en temps de grands oncles qu’il n’avait pas salué depuis des années, ou des cousins éloignés dont il ne connaissait même pas le nom. Son regard s’attarde quelques secondes sur l’unique photographie de Giuseppe qui repose sur son cercueil. Elle est abimée, mais on y distingue bien son frère en uniforme militaire. Prise juste avant son départ vers le nord. Il lève le regard en soupirant. Même Giovanni s’est amené pour tes funérailles, Giù, tu n’en croirais pas tes yeux. A quelques mètres de là, leur oncle paternel lui tourne le dos. Giovanni, l’unique frère de leur père, vivait à Palerme. Si dans la famille on préférait taire ce qui se disait à son égard, presque tout le monde était au courant de ses petites affaires. Gérant d’une petite gargote palermitaine, il était de notoriété publique que son établissement était fréquenté par les grosses pointures du crime organisé sicilien. Sous ses airs sympathiques il en restait un affranchi, pas vraiment le genre de type à contrarier. « Zio Giovanni ! » L’homme se retourne, cherchant son interlocuteur dans la foule. Il accueille son neveu en s’exclamant. « Ciccio ! Comment vas tu, mon garçon ? » Les deux s’étreignent longuement. « Cela me fait plaisir de te voir. » « Et moi donc, bien que j’aurais espéré que ce soit dans d’autres conditions. C’est tragique, ce qui est arrivé, tragique. Que Dieu ait pitié de l’âme de ton frère. » Francesco acquiesce, le remerciant du bout des lèvres. Cela doit bien faire dix ans qu’il n’a pas revu Giovanni, son père ayant préféré prendre ses distances du train de vie douteux qu’il menait. Il est sincèrement touché de le voir ici. « Te voilà devenu un homme, ta mère me dit même que tu fêtera bientôt tes dix-neuf ans. Que comptes-tu faire à présent ? » Il a passé son bras par dessus les épaules de son neveu. Bien qu’ils se soient peu vus, Francesco s’est toujours senti proche de son oncle. À vrai dire, il ne peut s’empêcher d’être admiratif devant lui, gamin parti de rien ayant quitté le foyer à quatorze ans pour tenter sa chance à Palerme, qui a fini par se bâtir un petit empire. Un jour il aimerait pouvoir ressentir cette satisfaction. Le sentiment de l'avoir emporté sur le destin. « Maintenant que Giuseppe n'est plus là, je devrais rester m’occuper de la ferme avec mes parents…mais pour tout te dire, c’est vrai que ce n’est pas à San Mauro que j’aurais cru finir. J’aurais sans doute préféré partir.. » Giovanni fronce les sourcils. Il ne comprend que trop bien son neveu, après tout, lui aussi ne s’est jamais senti à sa place sur les champs. À son age, il rêvait de grandeur, de contrées lointaines. Il connait depuis très tôt ce sentiment d'être né au mauvais endroit, d'être pris en otage par son environnement.« Partir où ? » « Je ne sais pas, j’imagine que la Sicile n’est plus ce qu’elle était, n’est-ce pas ? Dans le nord sans doute ? Ou même à l’étranger ? Le demi-frère de l’un de nos voisins est parti en France pour y faire fortune..mais bon, ça n'a plus beaucoup d'importance..»[/i] Son oncle semble réfléchir. Il reste silencieux un moment, avant de sortir un papier de sa poche avant. Il y note scrupuleusement une adresse. « Ton père me tuerait s’il apprenait que je te donne ça, mais tiens. J’ignore si tu y a déjà pensé, ça te semblera peut-être fou, mais c’est sidérant le nombre de siciliens qui émigrent chaque année vers les États-Unis. Les Américains sont prêts à tout pour faire venir de la main d’œuvre étrangère et, pour peu que tu sois débrouillard, il est facile de se tailler une part du gâteau. J’ai quelques camarades qui vivent à New York City et qui me doivent deux ou trois services. Si jamais tu étais intéressé, ils pourraient t’y accueillir le temps que tu te fasses ton trou. Penses y, veux tu, et passe me voir à Palerme pour qu’on en discute. » Avant même qu’il ne puisse répondre, son oncle l’étreint une dernière fois et le salue. Francesco ne bouge pas, un peu sonné par la proposition de Giovanni. Jusqu’à présent, l’idée de partir pour l’Amérique ne lui avait jamais effleuré l’esprit. Pourtant elle lui plait. Alors que les fossoyeurs recouvrent les derniers pans du cercueil de son frère restés à l’air libre, il range le mot de Giovanni dans sa veste et adresse un dernier salut à son frère.


« Il me fallut bien un an de réflexion avant de prendre ma décision. L’Amérique avait l’avantage d’être encore un pays en pleine construction, contrairement aux pays européens. Les perspectives d'emplois (et donc de fortune) y étaient plus nombreuses. De plus, la communauté sicilienne y était plus importante que dans n'importe quel autre endroit, m'y faire mon trou n'y serait pas si difficile et avec un peu de volonté, l'anglais ne serait pas un problème.
Je fis tout d’abord part de mon choix à ma mère. Elle eut du mal à admettre mon départ, elle qui venait de perdre l’un de ses fils. Pourtant elle ne me demanda pas de rester. Je crois que, contrairement à mon paternel, elle ne s’était jamais fait d’illusion sur notre futur. Depuis la réunification, la Sicile rurale avait basculée dans la pauvreté, et le phénomène s’était d’autant plus accéléré après le tremblement de terre de 1908. Me forcer à rester à San Mauro, c’était me condamner à une vie pire que la sienne. Pour la mère qu’elle était, mieux valait que je sois heureux loin d’elle, plutôt que je ne reste pour vivre misérable. Mon père, en revanche, fut furieux. Non seulement je négligeais tous mes devoirs en abandonnant les terres de mes ancêtres (et nos propriétés) pour partir à l’aveugle, mais en plus je profitais des services de criminels en acceptant la faveur de mon oncle. Je reniais tous ses principes moraux. Évidemment, je me doutais bien que les « camarades » de Giovanni ne devaient pas être des enfants de cœur, mais j’étais prêt à fermer les yeux pour les quelques mois où je demeurerai en leur compagnie. Ils représentaient ma seule chance,  autant ne pas faire le difficile. Si – à mon grand regret – mon père ne me donna jamais sa bénédiction, il finit quand même par accepter mon départ, fortement encouragé par ma mère.
La dernière personne qui fut mise au courant fut Elina. Je n’avais jamais eu le courage de lui annoncer que je quittais le continent. Elle s’irritait très rapidement lorsque nous abordions mes envies de départ et j’avais peur de m’en aller en la laissant fâchée. Mais je ne pouvais pas partir sans lui dire au revoir, sans lui expliquer. Quelques mois avant mon départ, je profitais de l'une de nos promenades pour lui annoncer. Évidemment, elle fut furieuse. Elle ne m'adressa plus la parole pendant quelques semaines, avant de se raviser. Je crois qu'on fond, elle finit par comprendre que contrairement à elle, je n'avais plus rien à perdre et que je me devais de tenter ma chance ailleurs.
Je mis bien six mois à amasser l'argent nécessaire à la traversée. Lorsque je fut enfin prêt, Giovanni me confia l'adresse de Corrado Liotta, un sicilien installé à New York depuis quelques années. Les deux s'étaient connus dans leur jeunesse et, d'après mon oncle, Corrado serait heureux de m'accueillir provisoirement et serait en mesure de m'aider à me dégoter de quoi gagner quelques dollars, pour commencer. Avec du recul, je regrette ne pas avoir manifesté plus de gratitude envers mon oncle. Il ne m'avait pas vu grandir, savait qu'il ne tirerait pas de profit de mon départ, rien ne l'obligeait en somme à m'aider. Une seule chose le motivait : la compassion. Sans doute reconnaissait-il en moi un jeune Giovanni. Si je mène cette vie aujourd'hui, c'est grace à lui. Et je lui en serais toujours reconnaissant. »


JUIN. 1923. PALERMO, ITALIA.

Dans un vrombissement sonore semblable à un rugissement félin, la Delahaye file dans la nuit, éclairant la piste rocailleuse de ses deux phares aveuglants. Le ciel s'est obscurcit depuis quelques heures déjà et le moteur bruyant de l'engin semble déchirer le silence qui règne dans le maquis. A son bord, deux hommes. L'un d'entre eux affiche une mine inquiète, il serre dans les mains une sacoche de cuir usée. « Tourne ici, Zio.. C'est la première maison à ta droite. » Le conducteur s'execute instantanément et plisse les yeux, essayant de distinguer les habitations dans la pénombre. « Mon garçon, il fait noir comme dans un four, c'est à peine si je vois à trois mètres. Ah voila. Laisse moi donc me garer. » La voiture s'arrête dans un crissement de pneu aigu, qui fait grimacer Francesco. Sans adresser de regard à son oncle, il se précipite en dehors du véhicule, son sac toujours à la main. Depuis qu'il est à l'air libre, c'est comme si on lui avait collé un poids sur les épaules. C'est probablement la dernière fois qu'il s'arrête devant la maison d'Elia. Il n'a pas eu le courage de demander à la voir en pleine lumière, sans doute ne le supporterait-il pas, dans son habituelle lâcheté. Chaque pas vers l'entrée est un peu plus difficile et le silence de la campagne lui parait tout à coup oppressant. Et si elle ne trouvait pas ses adieux ? Si elle en venait à penser qu'il l'avait abandonnée sans scrupule ? Après tout, c'était bien ce qu'il était en train de faire, non ? Alors qu'il arrive enfin devant la porte, il tire une enveloppe de kraft de sa sacoche, et la depose soigneusement entre les fleurs qui ornent la balustrade de l'une des fenêtres. C'est à ce même endroit qu'il avait l'habitude de déposer des affaires à Elina, elle saura où regarder. « Adieu, bella. »Une fois sa tâche accomplie, il se dirige à nouveau vers le véhicule qui l'attend au bord de la route. Giovanni n'a pas coupé le moteur, peut-être entend-t-elle le ronronnement de la voiture. Avec un peu de chance, elle est encore endormie, ne se doutant pas le moins du monde de ce qu'il prépare. Il claque la portière, tandis que son oncle enclenche la boite de vitesse. « Prêt ? Et bien en route vers le port, le bateau ne nous attendra pas ! » Et à mesure qu'ils s'éloignent dans la pénombre, Francisco a tout juste le temps d'entrevoir une dernière fois le visage de son amie passant la fenêtre. Au loin, un coq chante.



Dernière édition par Francesco Scaletta le Dim 31 Aoû - 20:50, édité 22 fois
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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Sam 21 Déc - 17:30

LUCIANO. excited Et Gimme Shelter, ainsi qu'un personnage qui m'a l'air original et construit... J'approuve. bril BIENVENUE sur atj, et bon courage pour ton histoire !

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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Sam 21 Déc - 19:03

EASTON. Hello petit navet, comment va ? bril Je dois dire que tu n'arrives pas sur un ATJ au meilleur de sa forme... mdl C'est quand même un plaisir de te retrouver et ce personnage à l'air extra. heart

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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Sam 21 Déc - 20:47

Merci à vous deux ! Ça fait plaisir d'être de retour Quoi d'neuf Maya l'abeille ? Je viens de voir l'annonce de Robert et franchement, ça serait tellement dommage qu'ATJ ferme à nouveau. Vous avez fait un boulot formidable : le design est magnifique, votre contexte est l'un des plus original que j'ai pu voir (et l'un des plus intéressant aussi), tout ça a tellement de potentiel !! J'espère vraiment que le forum survivra à son coup de fatigue, même si je comprends combien il est difficile de concilier boulot/vie sociale et RP pour le staff. En tout cas, je compte finir ma fiche dès que possible pour pouvoir attaquer le RP ! LONGUE VIE À ATJ !
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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Dim 22 Déc - 0:06

Argh, un immigrant !  mdl 
Bienvenue (enfin, re-bienvenue du coup) Francesco !

Et je dois dire que j'adore ton entrée en matière théâtrale, je suis une grande fana de théâtre...  bril

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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Dim 22 Déc - 3:30

Bienvenue sur ATJ :)

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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Dim 22 Déc - 17:22

Bienvenue !  youhou yeah 

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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Dim 22 Déc - 21:31

Bienvenuuuue ! LA SICILE C'EST TROP BEAU !!  in love 
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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Dim 22 Déc - 22:11

Meeerci !  graow Je vais essayer de tout finir pour demain, faut que je raccourcisse mon histoire ou la personne qui me lira va me détester héhé !
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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Ven 24 Jan - 14:07

Bonjour. heart BIENVENUE SUR ATJ. heart heart
Je passe rappeler que la décision qui consiste à reprendre à ATJ est encore indécise, car d'autres membres de l'équipe s'en vont. J'ai donc le regret d'annoncer qu'il va falloir attendre, mais nous essayons d'être le plus rapide possible. Merci de ton inscription et de l'intérêt que vous portez envers le forum. (a)
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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Dim 27 Juil - 0:34

Je remets ta fiche ici Inès. bril
(J'adore la musique dans ta fiche, je m'éclate à l'écouter. mdl)

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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Dim 27 Juil - 0:56

Merci ! Encore désolée pour le retard  rmgreen  Il va falloir que je lui fasse subir un petit rafraichissement à cette fiche dis donc !
Ah la musique ! Ça vient d'un album de chants traditionnels de la mafia italienne...mais c'est vrai que c'est sympa.
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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Dim 27 Juil - 1:06

"Album de chants traditionnels de la mafia italienne." mdl C'est quoi ce délire, un album pour des chants mafieux. mdr! Tu viens de résumer ATJ en huit mots je crois. hm

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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Dim 27 Juil - 1:19

Le pire c'est que c'est vrai. Le plus inquiétant c'est que, perso, je trouve ça super relaxant comme musique de fond  mdl Même si les paroles parlent d'omerta, de vendettas et tout le tralala, faut admettre que c'est assez apaisant.. Ça doit être un catharsis inconscient  face
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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Dim 27 Juil - 14:13

Mais pareil, ça m'a inspirée à écrire, c'est dingue ce truc, t'as l'impression de te retrouver en Sicile dans le calme complet. mdl Et après je suis partie écouter les chants des chœurs de l'Armée Rouge, j'ai un soucis je crois. hm

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MessageSujet: Re: FRANCESCO ❧ Male prevede chi non provvede.   Dim 31 Aoû - 23:15

Officiellement : bon retour parmi nous ! :)

J'ai adoré ta fiche, vraiment ! C'est vraiment bien écrit et ça donne envie de lire. C'est donc avec plaisir que je te valide.

félicitations !
validation

Tu viens d'être validé(e), félicitations ! Mais il te reste des choses à faire ! En effet, n'oublie pas de remplir tous les champs de ton profil (ou du moins le maximum), ainsi que le gif. Il est impératif que tu recenses ton avatar dans le bottin prévu à cet effet dans ce sujet. De même, il te faudra ouvrir une fiche de liens et rps, pour ce faire, rendez-vous ici. Construire des liens entre ton personnage et ceux d'autres membres constitue une étape primordiale pour t'intégrer au forum. Si les codes ne sont pas ton fort, tu trouveras dans ce même sujet une fiche prête à être utilisée. Tu peux également obtenir un rang, trouver un logement, ou si ce n'est pas déjà fait une profession originale à ton personnage. Il est conseillé de surveiller régulièrement les annonces, de ce côté afin de suivre les intrigues et évènements en cours et de participer pleinement à la vie du forum. Tu fais d'ailleurs partie d'un groupe, pour en savoir plus c'est . N'hésite pas à faire un tour dans le flood ou à venir papoter avec nous sur la chatbox, on est là pour se faire plaisir avant tout ! Et n'oublie pas de rp, bien entendu. Allez, file donc danser le Charleston !



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