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 I remember years ago... [sue]

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MessageSujet: I remember years ago... [sue]   Lun 21 Oct - 14:11

sue & robert
i remember years ago...


Bienvenue dans le merveilleux sujet de Robert L. Svensmann qui va avoir l'honneur d'avoir comme partenaire Sue V. Hitchcock. Pour leur sujet, ils autorisent l'intervention d'un PNJ inoffensif qui pimenterait le rp et ils interdisent l'intervention de membres extérieurs qui passeraient par là. Ne sont-ce pas là des choix merveilleux ? L’histoire se déroule le 24 août à dans l'après-midi alors que la météo est ambivalent. À présent, il est temps de laisser la parole au créateur du sujet : Robert, après une soirée à se bourrer la gueule, se réveille et se demande ce qui a bien pu se passer autour de lui. Ses souvenirs, sa culpabilité l'assaillent et une envie de se reprendre en main le submerge. Décidé, il sort au dehors pour une promenade..



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Dernière édition par Robert L. Svensmann le Lun 21 Oct - 14:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I remember years ago... [sue]   Lun 21 Oct - 14:11

Il avait beau se lever, il s'écroulait aussitôt. Le sol semblait le narguer en se dérobant soudainement sous ses pieds. Comme pour lui dire qu'il doit rester à terre. Mais on lui a appris que, quoi qu'il arrive, un homme doit toujours se relever. Peu importait la chute, peu importait l'endroit ou les circonstances. Un homme n'est pas fait pour ployer et choir sous le poids d'une entité plus forte que soit. Et le tas informe de tissu et de graisse qu'il formait s'accrocha au montant du lit. Il s'accrochait désespérément à ce meuble, peut-être à cette vie qu'il appréhendait et qui l'effrayait. Il se raccrochait à cette vie qui semblait le déserter. De toute façon, se dit-il, il n'est bon qu'à ça. Qu'à se retenir à quelque chose, à quelqu'un jusqu'à ce que la terre s'ouvre de nouveau sous lui et qu'il sombre, encore et encore.
Et encore.
La chute était toujours dure pour lui. La veille au soir, il se souvenait être sorti du bar, déjà bien aviné. Il était tombé sur un homme, dans un état d'ébriété aussi avancé que celui de Robert, et qui cherchait un compagnon pour le "dernier" whisky de la soirée. Mais une fois le verre vide, leurs gosiers en réclamaient davantage et emportés par l'ivresse du moment, ils avaient enchaîné les levers de coude. Bientôt, leur table s'était retrouvée criblée de cadavres de bouteilles et de verres vides. Et les deux hommes tantôt riaient tantôt s'appitoyaient sur leur misérable sort. A ce moment-là, le reste s'était éclipsé. Et ils se lamentaient, encore et encore, jusqu'à ce qu'on les mette dehors. Après avoir parcouru une cinquantaine de mètres d'un pas incertain, les deux hommes, bras dessus bras dessous, s'étaient effondrés sur le sol. Raides. Non ils n'étaient pas morts, mais l'alcool avait eu raison d'eux. Une fois de plus dans le macabre palmarès de Robert.
Sans savoir comment il était rentrée chez lui, Robert s'était réveillé chez lui, au bord de son lit, un affreux mal de tête lui vrillant le crâne. Il avait tenté de s'asseoir mais son corps engourdi de sommeil et des restes de la cuite de la veille avait refusé cet effort. Au lieu de ça, Robert était tombé du lit, au sens propre du terme. Ses genoux en étaient venus à embrasser le parquet mal équarri de la chambre de bonne qu'il louait. Quelques échardes lui étaient rentrées dans les paumes et ses yeux rouges se baissaient tristement sur ce misérable spectacle. Lorsqu'enfin il réussit à se mettre debout pour s'asseoir sur son lit, il laissa ses yeux se promener nonchalament sur la pièce. Il constata avec désolation qu'une nouvelle bouteille vide trônait sur la table et que des débris de verre jonchaient le sol.
« Que diable a-t-il bien pu se passer ici ? » grogna-t-il dans sa barbe ?
Il avisa sa veste, jetée à la hâte sur le dossier d'une chaise, ses chaussures, soigneusement rangées au pied du lit. Il haussa avec difficulté un sourcil avant de se décider de se lever, faire un brin de toilette et de sortir au dehors, pour affronter les fumées toxiques que dégueulaient les pots d'échappement des quelques voitures à moteur qu'il y avait déjà en ce temps. Lorsqu'il se regarda dans le miroir au dessus du petit lavabo émaillé, il dut faire face à des yeux cerclés de rouge et injectés de sang. Sur ses joues qui n'avaient pas été rasées depuis des jours s'étalaient des plaques rouges. Ses cheveux étaient emmêlés et en bataille. Et son haleine avait encore des relents de whisky. Un whisky vieilli trop vite et qui avait un goût de trop vieux. Il se perdait. Déjà, dans sa tête, tout se précipitait. Etait-ce l'âge ? Son alcoolisme qu'il ne veut pas se reconnaître ? Ou une envie de se détruire à petit feu ? Son manque d'amour maternel, son enfance solitaire, la guerre à laquelle il avait dû aller malgré lui, la maladie de ses parents, la lâcheté dont Anneliese, sa soeur, l'acâblait. Un jour, l'étincelle enflammera la mèche et l'homme fragile qu'est Robert finira par se casser en deux, se consumer jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un petit tas de cendres, vestiges d'une vie. Il avait vainement tenté de se sortir de ce merdier. Sa volonté finissait toujours par se noyer dans les verres d'alcool.
Pauvre Robert.
Il ouvrit le robinet, s'aspergea le visage d'eau et, après avoir fermé le robinet, il resta plusieurs minutes perdu dans ses pensées. Cette fois-ci, c'était la dernière fois qu'il buvait. Le début d'une nouvelle vie, d'une nouvelle ère. Robert 2.0. L'optimisme serait une option nouvelle sur cette version récente de l'écrivain. Il saisit une serviette sèche - pas forcément propre - et s'essuya avec conviction le visage. Sa bouche était pâteuse, mais peu importait, il irait au bar et demanderait un verre d'eau. Ou un thé. Ou un jus de tomates. Il s'en fichait. Pris d'une impulsion soudaine, il se releva, se dirigea vers sa veste qu'il enfila en deux temps trois mouvements, mit rapidement ses chaussures et sortit au dehors.

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MessageSujet: Re: I remember years ago... [sue]   Lun 21 Oct - 14:14


Robert & Sue. ▲
Tout était flou et un bruit répétitif commençait à me donner mal à la tête. J'avais l'impression qu'elle allait exploser et pile au moment où je m'écroulais sur le sol, j'ouvris les yeux. Ce n'était que mon réveil. Ce son continuait et ne cesserait pas tant que je n'appuyais pas sur le bouton fait exprès pour le stopper. J'étais épuisée, cette semaine je n'avais qu'une envie c'était être dans mon lit et y rester. Travailler, encore et encore. J'étais dépassée et mon patron ne me laissait pas une minute, mais cela n'était pas personnel, tout le monde était débordé en ce moment à mon travail et encore je n'étais que le secrétaire. Si jamais j'étais le grand patron, je ferais certainement un arrêt cardiaque. Étant enfant, je n'imaginais pas le poids que cela représentait. Les congés que je prenais n'était pas payés et je devais encore de l'argent à la famille de Thelma. Je décidais d'ouvrir un oeil, puis l'autre et je daignais enfin sortir du lit. Je rabattais la couverture et mettais pieds à terre. Ordinairement, je n'étais pas superstitieuse, mais je préférais mettre toutes les chances de mon côté en posant le pied droit sur le sol en premier. C'était idiot je le savais, mais j'étais à cran, stressée et fatiguée. Je descendais les escaliers doucement afin de ne pas tomber, car cela m'étais déjà arrivée et je ne voulais pas louper un jour de travail. A m'entendre, on pourrait croire que je suis un bourreau de travail qui ne pense qu'à l'argent qu'elle va gagner pour pouvoir se payer sa maison. Non, c'est juste que je détestais avoir des dettes et même si les parents de mon amie n'étaient pas pressés de récupérer l'argent que je leur devais, c'était avant tout pour moi et être enfin débarrassée. Avoir des dettes n'a rien de bon, croyez-moi. Je secouais la tête pour revenir à la réalité et pour me préparer un petit déjeuné. J'étais morte de faim, je n'étais pas une de ses fille qui ne mange qu'une miette de pain pour garder la ligne. Manger le matin était important et selon-moi, plus on mangeait mieux on se portait. C'est parfait, car nous illuminons toutes les calories dans la journée. Suite à cela, je remontais pour m'habiller et c'est la que se posait la grande question du jour. Qu'allais-je porter ? Il ne faisait pas encore très froid dehors, je choisis donc de mettre un t-shirt rose, une jupe beige foncée avec un manteau en cuir blanc Tenue chic et classe, mais aussi simple. Au niveau de la coiffure, je ne voulais pas faire quelques choses de complexe, je laissais mes cheveux lâchés. Après m'être parfumée, je mis mes bottes noires et passais la porte.

J'avais l'intention de me rendre au Soho, un quartier où l'on trouve des bâtiments industriels venant tout juste d'être désaffectés et beaucoup de galeries d'arts, c'est un peu comme une sorte de QG pour tous les artistes. Penser à ce quartier me faisait penser à Robert, un ami qui m'était cher. J'adorais me balader au Soho, je trouvais qu'il avait un charme hors du commun et s'était agréable de ses promener dans les galeries d'arts. Une fois là-bas, je marchais en pensant à ses derniers jours. Une mine sombre s'affichait sur mon visage, je n'aimais pourtant pas que les gens devinent mes pensées en regardant uniquement l'expression de mon visage. De loin, j’aperçus une silhouette qui ne m'était pas inconnue : Robert. Je ne voyais pas vraiment ce qu'il était en train de faire, mais je décidais de m'approcher, je voyais sur son visage qu'il n'avait pas bonne mine. J'adorais ce qu'il écrivait, ses ouvrages étaient fantastiques, de plus j'adorais lire alors lire un livre écrit par l'un de mes amis était génial. En rencontrant Robert, j'ai bien vu qu'il avait besoin d'aide pour apprendre à se comporter correctement avec les femmes et principalement pour le sortir de l'alcool. Selon-moi, s'il rencontrait quelqu'un de correct, une jeune femme belle & intelligente, ça pourrait certainement le remettre dans le droit chemin, mais pour le moment je n'avais aucune idée de qui il pourrait s'agir. J'avais beaucoup d'amies, mais la plupart étaient déjà prises et les autres ne correspondaient pas à Robert. J'hésitais et je cherchais une femme pour lui durant mon temps libre. On ne dirait pas mais s'était compliquée. Je courrais, avec des talons se n'étaient pas simple, mais je fis avec. « Robert ! » Je l'interpelais avant pour qu'il me reconnaisse et qu'il me voit. « Alors, comment vas-tu ? Tu as l'air d'avoir passé une sale nuit ? Qu'as-tu encore fait ? » Toutes ses questions, je lui balançais ça d'un coup comme si j'étais sur le point de m'énerver, mais pas du tout il me connaissait et il savait que je m’inquiétais pour lui, je voulais à tout prix le sortir de ce pétrin, mais je n'avais aucune idée de la façon dont j'allais m'y prendre. Enfin, pour le moment tout ce qui importait été de prendre des nouvelles de mon ami. Pourquoi ne pas aller s'assoir dans un café pour discuter plus tranquillement ? Ou alors sur un banc tout simplement, se sera toujours mieux qu'au milieu du trottoir. J'avais l'intention de lui proposer, mais j'attendais qu'il réponde à mes questions avant. Je voulais savoir ce qu'il avait bien pu faire la nuit dernière, bien que je devinais la réponse.


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MessageSujet: Re: I remember years ago... [sue]   Jeu 24 Oct - 18:35

Il secouait la tête, au gré des courants d'air qu'il pouvait sentir sur sa peau. Il observait le décor. Les bâtiments qui s'élançaient gracieusement vers le ciel, les façades percées de mille et unes fenêtres. La beauté singulière d'un lieu peu fréquenté. Il aimait venir dans ces quartiers, observer la vie qui s'étalait, qui prenait le temps de le faire. Les effluves des différentes peintures, la musique qui parvenait parfois à ses oreilles. Tant de couleurs et de notes qu'il aurait aimé apporté à ses œuvres. Un optimisme qui défierait les propres lois qu'il s'était imposé et dont il ne se souvenait plus. Il avait oublié depuis longtemps pourquoi il écrivait. Il savait qu'il vivait pour l'écriture, qu'il vivait grâce à elle. Mais quel était son but réel ? S'il avait oublié ces lois, savait-il pour quoi il vivait réellement ? Son alcoolisme l'empêchait de se souvenir. Pourtant, il réfutait l'idée d'être un alcoolique. Pour lui, les alcooliques étaient des hommes violents qui buvaient pour oublier un pan entier de leur histoire. Robert, lui vidait les bouteilles pour oublier toute son histoire. Comme souvent, ses initiatives de mettre fin à sa vie se résolvaient par des échecs qui le mettaient plus bas que terre. Échappatoire. Grisant. Une vie où ses idées les plus brillantes se heurtaient à des murs éclatants. Éclatants d'une vérité bien trop cruelle, éclatants d'une douleur bien trop vive. L'écriture était peut-être un remède, sa catharsis. Peut-être. A moins que ça ne soit un moyen de se disculper de la mort de ses parents, des accusations que l'on faisait peser sur lui. Pourquoi es-tu parti ? Pourquoi nous as-tu laissé seul ? Lâche. On ne devrait pas dire que la curiosité est un vilain défaut ; la lâcheté l'est bien plus encore.
Il enfonça les mains dans les poches profondes de sa veste et, les yeux rivés sur l'asphalte du trottoir. Il se laissa submerger par les diverses odeurs qui s'entrechoquaient dans un étrange parfum. Étrangement, il aimait ses odeurs qui l'obligeaient à penser à autre chose. C'était, comme il aimait se le dire, son alcool respiratoire. Un parfum. Aussi léger qu'une brise d'air, que l'on capte au passage d'une femme ou en respirant des fleurs. Cela lui rappelait soudainement les effluves de son enfance, un air chargé de parfums sucrés des fleurs, de la menthe et du citron, mêlés aux fumées des cigares paternels. Soudainement, il se rendit compte du creux au plus profond de son être. Un vide, le néant, un trou béant. Qui hurlait depuis bien trop longtemps son désespoir. L'homme était resté sourd aux réels besoins qu'il éprouvait. Son père, ses puissantes mains qui s'abattaient sur lui quand il faisait une bêtise. Les rares sourires de sa mère qu'il pouvait voir lorsqu'elle pensait que Robert ne le regardait pas. Les moqueries de ses frères et sœurs, balancées au hasard, histoire de blesser le pauvre petit Robert. Les regards accusateurs de ses parents lorsque quelqu'un se faisait mal. Le petit mouton noir de la famille. Un bouc émissaire qui n'avait pas demandé à naître. Tous ces parfums, tous ces souvenirs le firent se sentir seul.
Il y avait bien une personne pour lequel il éprouvait quelque chose. Il n'arrivait pas à mettre de mots dessus. Était-ce une connaissance ? Une amitié ? Robert pensait à bien plus, mais sa gaucherie naturelle à l'égard du genre féminin le rattrapait toujours et il se camouflait derrière son armure. Comme toujours d'ailleurs. Les relations avec autrui n'étaient pas son fort ; pourtant, il essayait de s'améliorer de ce côté-là. Mais que dire d'Hellen ? Elle semblait prendre un malin plaisir à s'amuser avec lui, à l'aguicher, à lui faire prendre conscience qu'il était un homme et pas que. En retour de quoi, il répondait à ses provocations verbales. Mais lorsqu'il voyait un bout de cuisse se dénuder ou la naissance de sa gorge se dévoiler, il détournait le regard. La gêne s'emparait de lui. Il se sentait honteux de réagir comme un enfant, mais il n'avait jamais eu la complaisance de fréquenter les femmes. Il avait tout fait pour les éviter. Il ne se sentait pas menacé par elle, au contraire, mais selon lui, une femme, c'est dangereux. Un sourire, un bras frôlé et le monde peut s'écrouler. Remuer ciel et terre. Braver des mers et des océans, s'envoler vers les étoiles et devenir l'une d'elles. Rêver à ce qui ne sera probablement jamais. Etre capable d'ouvrir la bouche pour dire autre chose que le temps est magnifique ou « quelle idée de personnage as-tu en tête ? Tu peux m'en parler ? » S'esquiver quand on semblait s'intéresser à lui était l'une des activités favorites de Robert – en dehors de l'écriture. Il était passé maître dans cet art et avait eu tout le temps et le loisir de le perfectionner. Cependant, il n'arrivait pas, il ne pouvait plus berner Hellen. Un jour, son monde s'écroulera et il n'y sera pas préparé.
On le bouscula. Dur retour à la réalité qui n'était pas la sienne. Robert se rendit compte qu'il avait arrêté de marcher et qu'il se tenait immobile en plein milieu du trottoir, gênant quelque peu la circulation pédestre. Il jeta des coups d’œil dépités et désolés aux personnes qui le bousculaient malencontreusement. Je m'excuse. Pour tout. A tous mes loupés, mes ratés, mes vrais soleils, tous les chemins qui me sont passés à côté. A tous mes bateaux manqués, mes mauvais sommeils, à tous ceux que je n'ai pas été. Il se sentait démuni. Oublié. Mis de côté. Les yeux noisette de l'homme se levèrent vers le ciel. Il resta de longs instants à observer les nuages défiler dans le ciel bleu, pensant à tout autre chose qu'à ses futurs écrits ou qu'à se sortir de sa déprime quotidienne et éternelle. Il voulait repartir en Allemagne, retrouver ses autres parties de lui, se rallier à son passé et faire la paix avec. Mais la volonté d'un homme est faible quand les autres partis vous tournent le dos.
Son nom.
Qui brisait le tumulte de SoHo. Il baissa le regard et laissa ses yeux se promener sur les quelques passants. Était-ce elle, sa mère ? Qui revenait de l'au-delà et qui venait vers lui ? Et s'il courait vers elle et se jetait dans ses bras, en implorant son pardon ? Et si ? Et si ? Peut-être serait-elle en mesure d'effacer l'ardoise sur laquelle s'accumulait les erreurs du jeune Robert, des erreurs dont il n'avait parfois pas conscience. Sa tête le vrillait. Ça vrombissait dans ses oreilles. Il avait chaud, peut-être trop. Peut-être pas assez. Il voulait s'allonger, se laisser aller, s'endormir. Il ferma les yeux quelques instants. L'image d'un verre rempli d'un liquide ambré s'imposa à lui. Un whisky. Il avait besoin de boire, de s'enivrer, pour oublier. Son cœur s'emplit de tristesse. Et de déception. Il avait l'impression de s'être volontairement masqué sa véritable nature. Alcoolique.
Mais ce n'était pas sa mère. Une silhouette féminine se détacha de la foule compact qu'il se représentait. Il sentait un frisson le parcourir. Encore une de ces personnes qui semblaient prendre ses œuvres pour les livres du siècle. Foutaises. Ce n'était pas une de ces fanatiques. C'était Sue. Sa chère Sue, qui s'efforçait de l'aider, et lui qui ne faisait rien pour l'aider. Il avait appris les bonnes matières pourtant, mais sur ce territoire, elles ne lui étaient d'aucune aide. Il ne s'en donnait plus la peine. Lorsqu'il entendit la question de la jeune femme, Robert baissa la tête, honteux. Il ne répondit pas aussitôt ; il préférait laisser un silence pesant s'installer avant d'entreprendre de répondre.
« Je n'y suis pour rien. Ce n'est pas de ma faute. »
Nerveusement, il passa une main dans ses cheveux avant de l'enfoncer de nouveau dans ses poches.
« C'était la dernière. Je crois que c'était la dernière. »

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