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 Remember when we were young ? Théophile&Charles

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AND ALL THAT JAZZ
Missives : 1180 Points : 369
Avatar : James Mc Avoy Crédit : © Blondie
Âge : Une petite trentaine il pense.. Mais rien est vraiment sûr.
Statut : Il est persuadé qu'il a été marié, mais personne n'est venu le réclamer, il se considère donc comme célibataire, d'autant plus qu'il se souvient pas de sa femme.
Occupation : Gère une maison close glauque - ouvreur au théâtre
Gramophone : Je bois et puis je danse - Aline
Doubles-comptes : blonde hyperactive et violente pour vous servir.
MessageSujet: Remember when we were young ? Théophile&Charles   Mer 9 Oct - 15:55

Théophile & Charles
Remember when we were young ?


Bienvenue dans le merveilleux sujet de Charles E. Duval qui va avoir l'honneur d'avoir comme partenaire Théophile P. Pardaillant. Pour leur sujet, ils interdisent l'intervention d'un PNJ inoffensif qui pimenterait le rp et ils interdisent l'intervention de membres extérieurs qui passeraient par là. Ne sont-ce pas là des choix merveilleux ? L’histoire se déroule début octobre à 18 heures alors que la météo est peu joyeuse. À présent, il est temps de laisser la parole au créateur du sujet : Charles hanté par des souvenirs de la guerre, et perturbé par les baisés d'Eve et d'Arik s'enfonce dans ses vieux démons. Alors qu'il cherche Carol qui pourrait au moins l'aider avec son genou, il s'arrête dans une église et tombe sur un pasteur qu'il devrait reconnaître. Enfin sur un pasteur qui le reconnaîtra certainement. A voir ce que le pasteur fera avec les démons de Charles. .



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MessageSujet: Re: Remember when we were young ? Théophile&Charles   Mer 9 Oct - 15:58

Théophile & Charles
Remember when we were young ? When we were in love ?



Un jour l’alcool ne suffit plus. Les soirs d’oubli, les litres engloutis, la tête qui s’embrume. Rien ne suffit. Tout s’enfuit. Tout te nuit. Vulnérable tu t’essouffle. Alcool salvateur, alcool destructeur. Tu pourrais tout nier en bloc. Les vapeurs alcoolisés, les désirs inavoués. Tu n’étais pas toi même. Ca ne serait pas bien compliqué. Un coup d’eau sur le visage, un regard manquant de lucidité et tout serait oublier. Pas de question posé, juste la bonne vieille ignorance. Tu fermerai le yeux. Tu n’as pas besoin de ça, plus besoin de ses pensées. Elles te tuent.

Tu penses à elle. C’est plus simple. Plus normal. Elle. Louise. Déesse aux corps blancs que tu n’as pu que rêver de toucher. Lèvres vermeilles qui murmurent leurs textes dans la beauté infini du théâtre. Joues rosées qui élèvent la pureté de la belle. Sourire délicat et insolent qui te transperce. Il serait si simple que tu ne penses qu’à elle. Qu’à elle. Enlacés dans des échos de poésie, tout prendrait du sens. Tu l’espères, tu l’imagines, tu le fantasmes. C’est ce qui t’endors, ce qui te rassure, ce qui te parait évident. Il ne peut être autrement. Elle est belle, elle t’appelle. Ses lettres n’étaient pas exactement des lettres froides et sans vie. Elle serait heureuse de te voir. Tu aurais juste à fermer les yeux, et à faire entrer l’air dans tes poumons. Tu aurais juste à sourire, et à te montrer aussi charmant qu’à l’écrit. Tu le peux, tu l’aimes, tu lui as dit. Elle l’a entendu, et elle aimé tes mots. Elle aimera tes traits, elle aimera le reste s’il le faut. Penses simplement à elle. Le reste n’est rien. Que des chutes sur le chemin. Tu ne les as même pas voulu. Et maintenant la culpabilité t’écrase. Tu meurs. Sans elle.

Tu te réveilles, suffoquant. Tombé du lit, tombé sur ciel, la respiration coupé, les poumons écrasés à l’intérieur de ta poitrine, la jambe mentalement ensanglanté et prête à exploser de douleur. Le gaz emplis ta tête, tu t’asphyxie, tu rampes sur la moquette, tu respires la boue. Perdu, tu luttes. A moitié endormi, à moitié réveillé, tu supplie. Tu supplie l’enfer qui te prend, de t’achever, ou de te laisser. Tu meurs. Encore. Encore une fois. Encore et toujours. Ton corps se soulève dans toute sa difficulté, tu essayes d’ouvrir la bouche, de respirer, mais l’air pur faussement empoisonné te brûle, te tue. Tu tousses, suffoques. Sur le ventre, tu t’évanouis dans une énième quinte de tout. Le gaz aura eu raison de toi. Tu ne dépasseras pas cette tranchée. Tu ne dépasseras pas ton bureau. Tu mourras là, dans la boue Russe. A New York. Dans l’oublie. «Monsieur Ned. Monsieur Ned.» Murmure une voix qui te retourne. T’installe assis malgré ses bras trop faible qui peine à porter ton corps inanimé, trop lourd. Poids mort qui étouffe la vie. Elle place sa main chaude sur ton torse immobile. Elle attend de le sentir s’élever, d’entendre tes poumons se remplir. «Tout va bien. Vous allez bien. Ce n’était qu’un rêve.» Un rêve ? Trop réel. Tu le sens. Dans tout ton corps. Tu n’as pas pu imaginer ça. Néanmoins tu l’as sens légèrement paniquer. Elle ne réfléchit pas. Elle donne un coup. Sur ton torse. Ca fait mal. Tu sursautes dans ta mort. Tu ouvres la bouche. Respire. Pas de gaz. Pas de raison de mourir. Pas de jambe ensanglanté. Juste une bonne vieille balle qui fait souffrir. Rien de grave. Tu ouvres les yeux, affolé, tu l’as regarde. Elle est bien gentille. Elle a l’air d’avoir eu peur. Tu fermes les yeux. Tu as l’air con. Tu serais mort pour rien. Pour l’imagination. Pour ta vie qui te fait mal. C’est stupide. Et ridicule. Rassuré, tu la rassure un peu. Tu peux rester seul. Tu vas vivre. C’était un rêve. Tu ne vas pas te rendormir de si tôt. Elle ferme la porte. Tu regardes le vide. Le vide qui te prend, qui ne te lâche plus. Tu baisses le regard. Tu te lève péniblement. Tu rejoins ton bureau. Tu t’accroches. C’est ta bouée de sauvetage. Un homme à la mer. Un homme à la mer. L’homme et la mer.

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.


Tu ravales ta bile. Tu es pitoyable. D’un geste lourd et peu habile tu saisis une clé, tu ouvres un tiroir, après t’y être pris à plusieurs reprise. Une bouteille. Vodka. Aussi limpide que ton regard, aussi vide que ton âme. Tu te sers. Cul sec.

Tu te plais à plonger au sein de ton image;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.


Tu sais ce remède inutile, mais tu observes les vagues provoquée par des gestes tremblant. Resservis, tu bois. Cul sec. Comme un alcoolique qui n’a plus que ça pour son propre salut. Salut qu’il n’espère peut être plus. Tu enchaînes.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !


Des secrets tu n’en as plus, et de là découle tout ton mystère. N’ayant rien à dire, tu te tais, et tu bois. Tu regardes les vagues dont ne découle aucune écume. Et tu bois. Tu n’as plus rien à faire.

Et ce pendant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !


Tu reposes le verre loin de toi. Tu le jette. Il tombe, se brise. Tes épaules s’effondrent, ta tête chute , se cogne contre le bureau. Tu soupires. Des images surgissent. Encore et encore.

Des verres qui s’enchaînent. Il, elle, ou peut importe a une descente infernal. Mais il, elle, ou peut importe est drôle, et intéressante. Il, elle, ou peut importe est russe, aristocrate, et peut être que. Tu discutes. Les choses en entraîne une autre. Les verres s’enchaînent. Cul sec. Et ses lèvres. A il, ou elle. Elle définitivement elle. Mais elle ressemblait à un il. Tu ne te posais pas la question, mais tu voyais un il. Tu lui disais il. Et tu l’as laissé s’approcher. T’embrasser. Il t’a embrassé et tu n’as rien dit. Répondu juste le temps de te rendre compte que tu étais un idiot. Que c’était un elle. Mais que tu l’avais laissé, lui, s’approcher.

Tu te relève brutalement, tu te masses les tempes. Tu es stupide. C’était un elle. Pas de quoi en faire un drame. Tu penses à elle. Louise. Tu n’avais pas le droit de lui faire ça. Boire, embrasser une autre. Un autre peut importe. Tu te l’étais promis à toi même. Si c’était elle que tu voulais. Tu veux vomir. Tu te lèves, te cogne contre la porte. Ton genou n’est pas coopératif.

Un corps qui te compresse, une main qui t’agrippe, et des lèvres charnues qui te cherche. Ses lèvres qui te trouve, désespéré et avide. Et pendant un instant, c’est tout ce qui compte, qu’elles t’aient trouvées. Et tu comprends. Enfin ne comprends pas plutôt. Arik.

Tu vomis. Ton corps se bats contre ce que tu n’admettras pas. Remué par les bruits, on frappe à la porte. «Monsieur Ned ? Tout va bien ?» Tu te décales de la porte, rampant, évitant ton propre bordel. Tu l’as laisse entrer. Elle te regarde. Tu le sais, aujourd’hui tu es pitoyable. Mais tu as mal dormi. Tu es malade. Tu n’oses trop la regarder. Ton regard humide aussi bleu que l’océan. Tu finis par le faire. Parce que sa présence t’y oblige. «Tu peux prévenir le Palace Theater ? Je suis malade. Problème d’après guerre, je vais essayer de trouver Carol, donne moi une canne s’il te plait.» Cette canne tu la détestes. C’est ton fardeau, tu te préfère sans. Evidement. Tu quittes ton trou. Tu sais qu’elle va nettoyer. Tu sais qu’elle est parfaite.

Chercher Carol serait une bonne idée. Elle guérirait le genoux. Jamais l’esprit malheureusement. Tu resteras cassé et inutile. La rue t’avale au fur et à mesure que tu avances. Les minutes deviennent des heures, et tu ne sais plus bien ou tu te trouves. Tes jambes te font mal. Ton genoux encore pire. Mais ta tête respire. Peut être est-ce pour ça que tu as continuer. Pour respirer. Tu lèves les yeux. Une église. Ou quelque chose comme ça. Tu ne sais pas pourquoi, mais tu rentres. Pour t’assoir dis-tu. Si tu veux. Pour t’assoir. Il fait froid. La grisaille ne pénètre guère à travers les vitraux. Il fait sombre. Il fait triste. Et il n’y a personne. Tu t’assois. C’est pour ça que tu es là. Alors tu le fais. Tu n’aimes pas l’ambiance. Tu ne devrais pas tarder à sortir. Et puis tu n’entends personne. C’est stupide d’avoir penser que le seigneur pourrait parler ici, peut importe qui il est. Tu te lèves, t’appuie sur ta canne idiote et commence à repartir. Tu jure sur la tête de Dieu. Peut importe qui il est. Un bruit de porte retentit, et des bruits de pas. Tu sursautes. Si c’est lui qui vient se venger de tes gros mots, tu rigoles... «Vous êtes un père ? Enfin un je ne sais quoi qui gère l’endroit ?» Culture zéro... Tu ne sais pas de quel confession était ta famille, mais une chose est sûr c’est que ça ne ta pas marqué. «Je ne sais pas pourquoi je suis venu... Je suis désolé d’avoir insulter l’homme la haut... Je vais juste... Rentrer.» Oui c’est une bonne idée. Pourquoi es-tu sortis de toute façon ?

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MessageSujet: Re: Remember when we were young ? Théophile&Charles   Lun 14 Oct - 2:03


    Il n’était pas véritablement étonné par la température à l’extérieur. Cette grisaille n’était pas exceptionnelle, il s’y attentait. Elle reflétait son moral. Comme toujours, Dieu était un bon compagnon et respectait les volontés de Théophile. Parce que Théophile était son fils, son second, son prochain remplacement. Malgré tout, Dieu l’avait trahi. Sa femme avait beau lui répété que le Seigneur nous envoie que les épreuves que l’on peut supporter. Il n’en pouvait plus d’être aussi passif. Dieu n’aurait pas envoyé à son préféré une épreuve que pour lui faire du mal. Non, Dieu l’aimait. Dieu voulait certainement l’aidé. Assis au premier rang de son église, Théophile tenta de comprendre ce qu’Il espérait de lui. Évidemment, sa sotte de femme ignorait de quelles épreuves son époux parlait. Elle était belle, Sophie. Ses grands yeux limpides le regardaient avec un espoir renouvelé, faisant sourire Théophile. Elle aussi devait être convaincue qu’il était la main droite de Dieu. Il l’aimait à sa manière. Elle avait de belles qualités. Sophie aurait fait le bonheur de tout autre homme que lui. Dieu lui avait probablement offert la meilleure femme qui fut. Il lui en était reconnaissant, mais il aurait voulu le meilleur homme.

    Il questionnait toujours les limites que les premiers chrétiens avaient faites de l’homosexualité. Pourtant, dans l’antiquité romaine, c’était la norme, c’était la préférence… Et en quelques centaines d’années, c’était devenu un crime. Théophile cherchait toujours à comprendre pourquoi. La femme devait obéir à l’homme, elle était là pour le seconder, elle lui était inférieure. Pourquoi l’homme devrait-il s’abaisser à son niveau? Il était la plus belle création de Dieu, il se devait d’être avec un égal. Ses sœurs, ses précieuses sœurs, étaient les seules exceptions à la règle, parce qu’elles partageaient son sang. Un sang divin et béni.

    Théophile savait qu’il y avait quelqu’un sur Terre. Une personne que le Seigneur avait créée que pour lui, pour qu’il puisse profiter de sa beauté, de son esprit, de son âme. Il l’avait cru, mort, il l’avait cru perdu. Et pourtant, il était à New York. Il était apparu devant lui comme un Ange. Dieu l’avait destiné pour lui et lui avait rendu. Il ne savait comment un tel Ange s’était retrouvé aux côtés d’un homme qui avait progressivement pris les traits d’un démon à ses yeux. Par contre, Théophile savait que c’était son devoir de le secourir, de le ramener à lui. Il était pour cela après tout, non? Sauver les âmes perdues. Charles était manifestement égaré. Quand il l’avait vu, Théophile avait senti son univers entier arrêter de tourner, comme si tout changeait soudainement, comme si rien ne serait plus pareil. Le sang avait complètement déserté son visage et ses cheveux s’étaient dressés sur sa nuque. Car il n’avait aucun doute que c’était son Charles. Il n’y avait aucun moyen de se méprendre. Il l’avait embrassé tant de fois qu’il ne pouvait oublier ses lèvres. Il avait vu tant de fois ses yeux brumés par l’orgasme ou brillants par le bonheur d’être à ses côtés que c’était impossible de s’y méprendre. Il avait vu son Charles. Et celui-ci ne l’avait pas reconnu. Sinon, il se serait jeté à son cou, non? Malgré l’amertume de leur séparation, Théophile ne parvenait pas à imaginer un temps où Charles ne l’aimait pas. Ce serait impossible. Charles était fait pour l’aimer.

    Le vent grondait à l’extérieur. Théophile resserra son veston autour de ses épaules. Il faisait froid dans la grande bâtisse de pierre. S’il avait été chrétien, il aurait pu apporter des modifications et des décorations à ces murs vides. Il avait toujours trouvé la religion protestante trop austère. Cela le décevait d’une certaine manière. Il aurait aimé pouvoir se couvrir de chapes brodées de pierres précieuses et de boire dans des coupes d’or comme la décadente Église catholique. Mais c’était ce que Dieu avait décidé pour lui et Théophile voulait y obéir, car c’était ainsi qu’il monterait aux côtés du Créateur. Les pensées vers Charles revinrent. Comme à chaque soir où il faisait froid et où Théophile aurait voulu se serrer contre son corps chaud au lieu de sentir les pieds glacés de sa femme se glisser entre ses mollets.

    -Penses-tu que je suis atroce? Penses-tu que je suis un blasphème ambulant? Hum? Dieu voudra bien me pardonner, tu ne penses pas? Il ne s’attend pas à ce que je te résiste quand même, n’est-ce pas? Il faudrait être fou pour résister à la plus belle créature qu'Il a mis sur Terre.

    Théophile releva le visage de Charles vers le sien, un doigt sur son menton. Il aimait la manière dont le cou de son amant s’étirait pour le regarder. La lumière des chandelles faisait vaciller ses prunelles, ses yeux agrandis dans sa fièvre post-orgasmique. Ses lèvres étaient épaisses, rougies et meurtries par ses baisers. Sa bouche si pliante sous la sienne… Sa bouche qui accordait mille plaisir à son corps. Théophile se souvenait des premières tentatives de Charles, de ses essais maladroits qu’il lui pardonnait car sa grande volonté ne pouvait passer inaperçue. Il voulait apprendre, il voulait lui plaire et ses grands yeux bleus lui plaisaient tant. Au fil du temps, Charles était devenu un amant délicieux, désireux de lui plaire, rempli de gémissements, ses mains devenant expertes.

    Charles n’avait répondu que par un petit rire, alors que Théophile lui tendait une bouteille de vin. Quelques gouttes suivirent le dessin de sa mâchoire, liqueur que le jeune doctorant récupéra de sa langue, le trouvant meilleur avec la saveur de la peau humide de son amant. Il ne put résister à mordre l’os, en tirant le jeune garçon sur lui.

    -Pretty, pretty boy… Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi? Tu es mon monde, mon univers, tu sais ça?

    Ce n’était qu’à peine faux. Il y avait beaucoup plus à la vie de Théophile que Charles. Pourtant, ses autres amants avaient progressivement disparu à son profit. Parce qu’aucun ne le regardait de la manière ébahie de Charles. Et cette admiration, Théophile l’adorait. Alors, sans déclarer un amour éternel, il prenait plaisir à conserver le garçon avec lui. Un mensonge ou deux pour des orgasmes pareil, cela pouvait être pardonnable. Ses mains glissèrent contre sa chute de reins creusés où quelques perles de sueur restaient après leurs ébats. Il colla ainsi leurs bassins, joignant un sourire taquin à ses lèvres, sachant bien l’effet qu’il faisait à son amant.

    -Je te laisse quelques secondes pour t’en remettre et on recommencera? Je veux encore te faire l’amour. Ça t’apprendra à ne pas venir me voir pendant une semaine, lumière de ma vie.


    Idiotie! Pourquoi il pensait à ça? Se levant avec un soupir, Théophile ferma les yeux en se secouant la tête. Il passa derrière l’autel pour boire un verre d’eau. La fraîcheur dans sa gorge lui remit les idées en place. Un peu. Évidemment, la reconquête de Charles y était toujours, mais au moins, ce n’était plus leurs nuits d’amour parisiennes. Il retourna dans l’église pour y allumer quelques lumières de plus. Et c’est là qu’il le vit! Il était devant lui, assis dans son église, sur son banc! Le cœur de Théophile se mit à débattre. Il l’avait reconnu alors? Et il l’avait retrouvé. Un immense sourire se dessina sur son visage, alors qu’il s’avança vers lui, vers Charles. Mais sa voix l’arrêta net dans son mouvement. Encore une fois, il ne put empêcher son visage de se décomposer sous le coup que Charles venait de lui assener… Il ne se rappelait plus de lui ou jouait-il à un jeu?

    Sa voix fut rocailleuse quand il lui répondit.

    -Un p-pasteur.

    Charles fit un mouvement pour partir, et Théophile ne pouvait laisser passer cela. Encore une fois, Dieu avait été son héritier. Il lui avait ramené Charles. Cependant, Dieu était aussi joueur que lui, car l’homme ne semblait pas se souvenir de lui. Théophile, malgré les années, savait qu’il pouvait reconnaître son ancien amant dans le noir et il était convaincu qu’il était celui qui l’avait laissé il y avait des années. Mais personne ne laissait Théophile! Son esprit se mit en place, découvrant des mécanismes depuis trop longtemps oubliés. Premièrement, il devait découvrir si Charles se moquait de lui en feignant ne plus le reconnaître. Ensuite, il n’aurait qu’à le reconquérir et à le laisser tomber à son tour comme une poupée usée. Mais pour cela, il devait d’abord gagner sa confiance.

    -Non, monsieur, vos pas vous ont menés ici pour une raison. Assoyez-vous, je vous en prie. Vous me semblez troublé.

    Puis, il remarqua que Charles avait une canne. Était-il blessé? Et si c’était à la guerre qu’il avait gagné cette blessure? Le cœur de Théophile se serra à l’idée qu’un jeune homme aussi innocent que Charles ait été sur le champ de bataille. Oh! Sa mémoire… Était-ce…? Cela était-il possible? Oh! Qu’est-ce que Théophile ne donnerait-il pas pour pouvoir écrire à Marcel? Ce dernier aurait su le conseiller. Mais ce n’était plus le temps de penser, c’était le temps d’agir. Théophile s’assit sur le banc, laissant un espace assez grand entre eux. Il était bien prêt à sauter sa dose d’opium pour ce soir si c’était pour les yeux de Charles.

    -Vous avez des problèmes? Parfois, il est bien de les confier. On me demande le silence, expliqua-t-il d’une voix lente et séduisante. Je peux vous écouter. C’est votre jambe qui vous tracasse?

    Il avait peut-être trop loin, mais il ne pouvait s’empêcher d’être curieux, de vouloir savoir ce qui était arrivé à son ancien amant.

    -J’ai une voiture. Je peux aller vous reconduire chez vous si vous préférez. Il fait froid et la pluie menace; je n’aime pas savoir mes paroissiens dehors par un temps pareil. Surtout quelqu’un d’aussi charmant que vous.

    D’accord, il y allait peut-être un peu fort. Cependant, son cœur débattait dans sa poitrine à l’idée d’avoir Charles devant lui. Il ne savait pas comment bien jouer ses cartes. Il ne voulait certainement pas perdre sa mise. Il avait connu Charles à la perfection, mais la personne qui était devant lui était inconnue. Cet homme ne bougeait pas de la même manière, ses traits étaient durcis, il semblait nerveux et perturbé, traumatisé peut-être. Ce n’était plus le petit adolescent qui l’idolâtrait. Pourtant, cela n’empêchait pas Théophile de vouloir sentir son corps une nouvelle fois contre le sien. Allez, Théophile, abats tes cartes!

    -J’aimerais savoir ce qui s’est passé depuis la dernière fois que nous nous sommes vus. À Paris. Avant la guerre.

    Avec un profond soupir, il continua, n’oubliant pas de parer ses lèvres d’un sourire séduisant :

    -Il y a très longtemps qu’on ne s’est pas vus, Charles.
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MessageSujet: Re: Remember when we were young ? Théophile&Charles   Dim 20 Oct - 17:37

Théophile & Charles
Remember when we were young ? When we were in love ?



-Un p-pasteur.

La voix de l’homme était resté coincé dans sa gorge. Un pasteur. A moins qu’il soit bègue ce n’était pas un mot particulièrement difficile à prononcer normalement. Un pasteur bègue... Pourquoi pas cela dit... Dieu accueillait tout le monde dans son église d’après ce que Charles pensait savoir... Enfin c’était des rumeurs bien sûr. Il n’était pas sûr de pouvoir se faire accepter dans une église. Même là, il ressentait une drôle de force qui le poussait à l’extérieur. Ses murs froids lui faisaient mal à ses rhumatismes, et le regard de l’homme le transperçait. Qu’est ce qu’avait les regards des hommes à lui faire autant d’effet, à lui faire autant de mal. Il n’était pas un espèce de fantôme que l’on pouvait passer au rayon X. Certes il devait avoir l’air un peu perdu, et il avait osé demander qui gérait l’endroit. Il se montrait visiblement non-croyant et sans aucune culture religieuse apparemment. Il était possible que ça soit déroutant... Mais tout de même... Ca ne cause pas un bégaiement intensif. Enfin intensif... Il avait buté sur un mot... C’était peut être un mot qu’il avait du mal à dire... Peut être qu’il était un jeune pasteur et qu’il avait du mal à assumer sa fonction, qu’il regrettait, et que dire ce qui était sa prison était douloureux.

Bon dieu Charles... Tu ne vas pas recommencer, analyser les gens suivant leur manière de parler, leur inventer des vies pour faire face à la tienne complètement vide... Tu n’es pas malin, pas sain.

Charles se retourne. Un pasteur. Il n’a rien à faire à parler avec un pasteur. Ou un prêtre pour ce que ça vaut, peut importe la différence. Dieu et lui son en mauvais terme. Enfin, en pas de terme du tout, et ça lui correspond très bien. Il tourne les talons, claquant sa canne sur le sol, faisant grincer sa rotule autours de la balle solidement enfoncée. Il s’avance vers la sortie, pour braver le froid d’octobre, la dépression latente, le spleen étouffant.

-Non, monsieur, vos pas vous ont menés ici pour une raison. Assoyez-vous, je vous en prie. Vous me semblez troublé.

La politesse était détestable. C’était surement ça d’avoir à faire à un homme d’Eglise. Charles se retourne et fait face à l’homme. Il le considère. Durement. Stupidement. Il n’avait pas envie de s’assoir. Ou peut être que si. C’était pour ça qu’il était rentré... Pour s’assoir. Pas pour le reste. Il regarde l’homme suspicieusement. Il a une gueule d’ange. C’est surement pour ça qu’il est pasteur. Il s’assoit. A une distance raisonnable de l’homme, on ne sait jamais, son dernier tête à tête avec un homme dans un endroit vide c’est déroulé de manière plutôt déroutante... Certes l’homme en face de lui est un pasteur et il y a peu de chance que ça finisse de la même façon, mais Charles préfère mettre toutes les chances de son coté. Ne pas pleurnicher, ne pas essayer de se tirer une balle dans le crâne et ne pas pousser l’autre à bout. C’était des règles plutôt salvatrice pour éviter de se prendre ses lèvres délicieuses sur la gueule.

Bon dieu Charles... Qu’est ce que tu racontes ? Tu penses vraiment que ça marche ? Que tu pouvais faire quelque chose pour l’empêcher ? Ce mec était une tafiole et tu étais son homme, face it !

Charles fait une grimace. Mensonge. Il ferme les yeux. Vos pas vous ont menés ici pour une raison... Laissons le destin là ou il est... Nul part. Charles est venu ici parce qu’il en avait marre de marcher et qu’il est plus simple de rentrer dans une église que chez un particulier qui ne vous connait pas. Question de pratique, pas de destin. Il ne faut pas croire.

-Vous avez des problèmes? Parfois, il est bien de les confier. On me demande le silence. Je peux vous écouter. C’est votre jambe qui vous tracasse?

L’homme était étrangement langoureux. Peut être était-ce pour endormir les esprits, détourner les foules, les gagner à sa cause... Les hommes d’Eglise étaient particulier. Charles jaugea l’homme un instant... Parler... Que pourrait-il dire ? S’il disait ce qui le tracassait réellement on le brûlerait... Il ne connaissait pas grand chose à la religion, mais il savait que religion et idée homosexuel ne faisait pas bon ménage. Et puis il était normal. Il était amoureux de Louise. C’était tout à fait normal. Sa jambe ? Charles baissa les yeux vers son genou, le tendit pour soulager la pression, releva les yeux vers l’homme «Ca ? Non ce n’est rien. Blessure de guerre. Rien d’ingérable. J’ai l’habitude.» Oui l’habitude il l’avait. Depuis sept ans. Sept ans que c’était là, que ça ne partait pas, que ça ne partirait jamais. Il avait la balle d’un foutu boch dans la rotule. Il les retenait. En même temps si ce n’était pas ça, et qu’il ne voulait pas dire la vrai raison, la conversation n’allait pas réellement avancé. «Vous êtes surement un homme d’Eglise très bien, mais je n’ai pas besoin de ça... Je voulais m’assoir... C’est fait. Je vais y aller.» dit-il en se levant à nouveau. Oui, il devait vraiment y aller. Il n’aimait pas l’ambiance, il supportait mal le regard que l’homme posait sur lui. C’était difficile à dire. Un vieux sentiment coincé dans le ventre et qui le mettait mal à l’aise. Pourtant il ne connaissait pas l’homme. Enfin son visage ne lui disait rien.

-J’ai une voiture. Je peux aller vous reconduire chez vous si vous préférez. Il fait froid et la pluie menace; je n’aime pas savoir mes paroissiens dehors par un temps pareil. Surtout quelqu’un d’aussi charmant que vous.

Charles fronça les sourcils et eut un mouvement de recul. Charmant ? Ils s’étaient à peine parlé. Il baissa le regard sur ses mains qui se faisaient moites. Nerveux ses pieds se rétractait sur le sol au fur et à mesure qu’il reculait de manière presque imperceptible. Il ne saurait dire quel était ce sentiment. Cette torsion qui s’opérait dans son estomac. Cette nervosité qui agitait sa paupière. Ce froid qui descendait le long de sa colonne vertébrale. Il serra sa main sur sa canne, grimaçant. «Ecoutez... Merci de proposer, mais...» Les mots ne venaient plus. Pas en anglais du moins. Il ne semblait jamais avoir réussit à assimiler parfaitement la langue, et dans son état d’agitation de l’esprit les mots ne venait simplement pas. Pour se dédouaner il considéra de finir en Français, tant pis si l’homme ne comprenait pas. Au moins il aurait finit. «Je ne suis pas un paroissien... Je ne crois en rien... Vous n’êtes pas obligé de faire ça. Je vais me débrouiller.» Il aurait bien rajouter qu’il ne pouvait pas dire qu’il était charmant, qu’il n’était pas charmant du tout, et que s’il connaissait le peu de sa vie dont lui même se souvenait il ne penserait probablement plus la même chose. Il recula toujours aussi doucement, pas après pas, s’approchant de manière beaucoup trop lente de la sortie.

-J’aimerais savoir ce qui s’est passé depuis la dernière fois que nous nous sommes vus. À Paris. Avant la guerre.

Bombe. Les yeux de Charles s’écarquillèrent, ses muscles se figèrent l’emprisonnant sur lui même. La dernière fois que nous nous sommes vus. Ils se connaissaient ? Charles détailla l’homme subitement, de la tête au pied, ses yeux se mouillant de larme de peur, d’agacement, de fatigue. Pourquoi ne reconnaissait-il rien ?

-Il y a très longtemps qu’on ne s’est pas vus, Charles.

Charles... Ca ne faisait pas de doute. Ils se connaissaient. Enfin l’homme connaissait Charles. Son visage se rembrunit. Il en avait marre d’avoir affaire à des gens qui le connaissait mieux que lui même ne se connaissait. C’était agaçant, et mal venu. Il ne savait plus sur quel pied danser, à chaque seconde quelqu’un pouvait lâcher une bombe à son sujet. Qui avait-il été ? Comment était-il ? Etait-il un homme bien ? Des questions qui le torturaient, dont il n’osait apprendre la réponse tout en les désirant ardemment. Il aurait voulu fuir, pouvoir s’enfuir, pouvoir s’en foutre. Se boucher les oreilles, et ne rien entendre, ne rien écouter, ne jamais savoir, tant pis. Il n’était plus rien de toute façon. Mais son corps refusa de bouger. Son cerveau avait beau réclamer la fuite, ses jambes avançaient dans l’autre sens, se rapprochant de l’homme, et s’asseyant sur un banc de l’église. Les mains sur le dossier du banc de devant il regarda l’homme. «Paris, alors ? Je suis parisien ? Protestant aussi ? Je crois en Dieu ?» Question stupide. Demander un homme d’Eglise s’il croyait en Dieu. C’était à lui de le savoir, à lui de croire. Peut être qu’il y avait cru. Qu’est ce que ça changerait ? Le savoir le ferait-il croire à nouveau ? Probablement pas. Il n’avait peut être aucune idée de qui il pouvait être, mais il y avait surement plus aucun doute sur une chose... Il n’était plus Charles. En sept ans de manque de conscience de lui même, il avait du agir comme il le pensait, comme il le sentait. Et il s’était forcément éloigné de la personne qu’il était supposé être. «Qui êtes-vous ?» C’était peut être par ça qu’il aurait du commencer. Savoir son nom. Mettre un nom sur un visage. Peut être pas une relation, peut être qu’il n’était pas près. Il ficha sa tête dans ses mains, s’abîmant le visage avec force, frottant ses yeux qui s’agitaient sous son état de fatigue avancé. «Je suis désolé... Je me paye pas de votre tête... Pardonnez moi... Mais je crains que vous ne connaissiez mieux Charles que moi... Et pardonnez moi... Aujourd’hui je ne suis pas sûr de vouloir le connaître.» Il en avait trop vu la dernière fois, rien qu’il n’avait pu comprendre, voulu comprendre. Il se leva à nouveau. Ne bougeant plus. Il voulait se retourner, arrêter de regarder le pasteur qui lui faisait face. «Je ne vous remet vraiment pas.» Remarqua-t-il froid, moins troublé et agacé qu’il n’avait pu l’être avec Aristarkh. C’était un fait. Il ne le remettait pas. Tout lui paraissait vide et froid. Sans aucun sens.

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MessageSujet: Re: Remember when we were young ? Théophile&Charles   Ven 8 Nov - 1:14


    C’était un coup que Théophile n’était pas certain de pouvoir assumer. Parce que visiblement, Charles ne jouait pas. Il était trop vieux pour jouer maintenant. Il n’avait plus rien de ce garçon de seize ans qu’il avait serré contre lui pendant des nuits entières. Le corps qu’il avait connu était maintenant abîmé et Théophile aurait tant voulu repousser tout ce qui définissait maintenant Charles. Il aurait voulu lui redonner son corps d’adolescent. Celui qu’il connaissait. Peut-être qu’il ne lui aurait pas paru si loin. Peut-être qu’il aurait pu se réapproprier Charles plus facilement. Sa peau s’était probablement durcie, cicatrisée, avait fait couler un sang précieux, mais elle reconnaîtrait sans aucun doute les mains expertes de celui qui lui avait fait découvrir l’amour. Parce que Théophile n’avait aucun doute. Charles était toujours à lui; il n’avait jamais cessé de l’être. Il ne lui avait jamais dit que c’était fini entre eux. Et maintenant, après tant d’années, il était devant lui. Comme par magie, comme une offrande. Son Charles, naguère si innocent, si idéaliste, blessé à la guerre. Théophile eut de la difficulté à déglutir, alors qu’il assimilait la nouvelle. Il n’aimait pas savoir que lui, il avait fui comme un lâche un continent en guerre, ne cherchant même pas à savoir ce qu’était devenu Charles. Il aurait pu le convaincre de le suivre en Amérique. Manifestement, c’était ce qu’il avait fini par faire, comme ils se retrouvaient maintenant dans l’église de Chelsea.


    Même s’il avait changé, Théophile reconnaissait celui qu’il avait aimé, bien qu’à sa manière, à Paris. Et cela lui faisait une étrange sensation de vide dans l’estomac, parce qu’il était le même, malgré qu’il était à peine reconnaissable. Théophile reconnaissait les battements lents de ses cils, les éclats d’indécision et de crainte dans ses yeux, la ligne dure de ses lèvres. Il le reconnaissait comme sien et le savoir si loin lui brisait le cœur. Enfin, savoir qu’il avait perdu toute son influence sur Charles lui brisait le cœur. Mais c’était plus. Il faisait semblait de ne plus le reconnaître (faisait semblant, parce que Théophile se refusait à ce que Dieu l’ait trahi d’une telle façon. Puis, il se figea. Et pendant un instant, Théophile put imaginer reconnaître celui à qui il avait avoué sa passion coupable.


    Une des qualités de Théophile était la patience. Il savait qu’il devait en faire preuve pour monter au paradis, avant de prendre sa place à côté de Dieu. Aussi bien s’habituer maintenant à cette longue attente. Il ne tenta donc pas de mouvements vers Charles. Il se doutait bien que cela pourrait le faire paniquer, l’éloigner. Et ce n’était certainement pas ce qu’il souhaitait faire. Oh non! Ce serait une tragédie. Charles qui était revenu à lui… C’était un miracle et il ne faut pas jouer avec les miracles. Et la patience de Théophile payait, car déjà Charles se rapprochait de lui, les questions se bousculant à ses lèvres. Théophile aurait voulu tendre les bras, le serrer contre son torse, lui promettre que tout pourrait revenir comme avant. Mais pour cela, il devait comprendre ce qu’il avait perdu. Les pièces de puzzle semblaient se réunir. Il avait véritablement perdu la mémoire.


    C’était comme si un coup de feu avait tiré, que toutes les fenêtres avaient explosées et que le verre avait transpercé le corps de l’homme de bord en bord. Que l’univers venait de lui tomber sur la tête. Cela ne pouvait être vrai, ne pouvait être réel. Son Charles l’avait complètement oublié. Avec un soupir, Théophile réalisa qu’il s’était également oublié. Il l’avait toujours cru; il était l’univers entier de celui qui se tenait devant lui. En le perdant, il s’était perdu lui-même. Bon, c’était peut-être un raccourci facile, mais le fait restait. Tout restait à recommencer. Ils pouvaient tout oublier et retrouver les cœurs palpitants qui les faisaient voler quand ils se rencontraient. Théophile devait être délicat, il ne devait rien brusquer. Il devait jouer finement, avec beaucoup de doigté. Heureusement, son esprit était habitué à de telles tâches. Il s’approcha lentement de Charles et l’incita à s’asseoir sur un banc de la première rangée, sa main sur son épaule. Ce seul contact suffit à mettre le feu à ses souvenirs.


    -Si Charles Delancastre est Parisien? lança-t-il en riant. La seule personne plus Parisienne que toi, c’est probablement moi. Je ne crois pas que tu aimes la ville autant que moi, mais tu es Parisien…


    Théophile arrêta, se mordit la lèvre, réfléchissant afin de ne pas commettre d’impair avant de continuer.


    -Tu étaisParisien par ton âme, ta façon d’agir, ta grâce dans chacun de tes mouvements. Ton côté littéraire aussi. Ça m’impressionnait beaucoup.


    Il prit une pause avant de continuer. Il se questionnait sur ce qu’il devait répondre. Il pourrait facilement amener Charles dans le royaume de Dieu en disant que Charles était un grand croyant, mais il sentait que ce serait une insulte de le faire. Il décida d’être honnête, ce qui était plutôt rare chez lui.


    -Protestant, oui, mais tu ne croyais pas vraiment en Dieu. Tu croyais en moi. J’aime encore penser que tu venais à la messe pour me voir. On se connaissait quand tu avais 16 ans, adolescent, la peau fraîche et pâle, les yeux clairs, les lèvres pleines. On ne discutait pas beaucoup de religion. Tu avais une idée précise de ce qu’il fallait faire pour bien paraître, pour ta famille, et tout le reste. Je crois que tu ne voulais que les contenter. Tu n’étais pas le genre à jeûner ou à faire des pénitences, si c’est ce que tu veux savoir.


    Le ton de voix de Théophile était peut-être trop joyeux, trop blagueur pour la situation et il regretta bien vite d’avoir parlé ainsi. Un grand sentiment de culpabilité l’envahit lorsqu’il entendit la prochaine question de Charles. Cette fois, ce fut pire. Un couteau directement dans le cœur, l’impression que ses entrailles étaient déchirées. Il ne se souvenait pas de lui. Même pas un éclat de souvenir, un moment de mémoire. Il n’arrivait même pas à définir le tragique sentiment de perte qui l’envahit. Peut-être aurait-il pu le comparer à une vague qui emporte tout sur son passage, à la colère de Dieu, à l’apocalypse. Mais il n’avait plus assez d’espoir pour tenter de mettre un nom sur ses sentiments, sur les émotions qui le secouaient jusqu’à la perte. Déglutissant difficilement, Théophile tenta de se maîtriser, incapable de répondre à la question. Pourquoi soudainement, cela semblait si difficile? Il avait toujours été maître de lui. Pourquoi maintenant? Pourquoi perdait-il ses moyens devant Charles? Pourtant, l’idée qu’il l’avait oublié ressemblait beaucoup à une trahison et Théophile doutait de pouvoir lui pardonner. Malgré tout, il vit que pareilles violence et perturbation traversaient également Charles. Et Théophile ne pouvait supporter de le voir se faire du mal. Uniquement parce que ce n’était pas chrétien.


    Rapidement, il se jeta à ses pieds, ses mains saisissant ses poignets, les éloignant de son visage. Il le regarda avec autant de douceur qu’il pouvait rassembler dans ses yeux verts. Il y avait longtemps qu’il n’avait pas exprimé une pareille tendresse, lui, le menteur, lui, l’égoïste. Mais devant Charles, devant son petit Charles, si perdu, si éprouvé par la vie, il n’avait pu s’en empêcher. Le contact entre leurs peaux fit frissonner Théophile qui, soudainement, ne savait plus comment commencer.


    -Arrête, arrête, ça ne sert à rien. Doucement, dit-il d’une voix basse, conservant ses poignets entre ses doigts.


    Les cercles qu’il traça de ses doigts sur les fins entrelacs de veines bleues sous la peau translucide de Charles le calma. Visiblement, Charles voulait partir, il en avait assez, le contact se brisa. Mais Théophile n’avait pas la moindre envie de le laisser fuir. Il ne savait pas s’il aurait la chance de le revoir et il ignorait s’il pouvait vivre avec cette culpabilité. La culpabilité de le laisser partir une nouvelle fois loin de lui. C’était son Charles après tout.


    -C’est à la guerre que tu as perdu ta mémoire? demanda-t-il, sans être capable de le vouvoyer, avant de passer sa main sur une de ses tempes humides dans l’espoir que Charles se loverait comme sa main comme avant. Je…



    Mais Charles ne semblait pas disposer à discuter de ça. Son ton était devenu froid, presque acide. Théophile n’était pourtant pas du genre à se laisser atteindre, à se laisser distancer. Pourtant, une telle révélation ne se faisait pas dans une église vide un soir pluvieux, à l’esprit fermé d’un homme troublé. Aussi bien utiliser un euphémisme.


    -Je m’appelle Théophile Pardaillant. Je suis probablement celui qui te connaît le mieux. Du moins avant la guerre, avant les États-Unis, avant tout ce qui s’est passé avant que l’on éloigne. Je connais le vrai toi, celui encore intouché par les difficultés, celui laissé vierge par la vie, celui que tu voudrais retrouver, parce que ce Charles était vraiment extraordinaire.



    Théophile dut s’éloigner de quelques pas, pour résister à l’envie de serrer Charles dans ses bras. Cependant, il savait que si Charles faisait un pas de plus pour partir, il le retiendrait de force s’il fallait.


    -Tu n’es pas obligé de te souvenir de moi maintenant. Ça reviendra, si tu le veux. Et sinon, j’apprendrai à connaître celui que tu es devenu. Je peux faire cela. Pour qu’on redevienne ce qu’on était. Each other’s whole universe.


    Théophile prit les mains de Charles dans les siennes.


    -Je ne te demande pas de te souvenir de tout. I’m just asking you to… feel it. The bond we had. It was beautiful and important. It worthed fighting for. I’m ready to fight for it, if you let me.
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MessageSujet: Re: Remember when we were young ? Théophile&Charles   Lun 11 Nov - 10:35

Théophile & Charles
Remember when we were young ? When we were in love ?



Charles n’était pas de mauvaise fois. Il était simplement fatigué. Fatigué de devoir luter contre un cerveau vide. Se laisser modeler par les gens qui disait le connaître n’était pas aussi sensationnel que l’on pouvait le croire. Tu étais juste un aveugle dans une nuit particulièrement noir, un handicapé qui essaye de marcher sans jambe. Tu sais que tu devrais réagir, mais tu ne sais pas comment. Tu n’es plus toi. Et ses mots t’écrases le crâne. Tu n’es plus toi. Et si tu n’es plus toi, tu n’es plus rien non ? C’est un mythe, pouvoir être quelqu’un d’autre. Ou alors tu abandonnes. Laisse tomber les recherches, et accepte un élément important. Tu es mort. Charles est mort. Vive Edgar. Peut être que tu peux, éteindre, rallumé. Une sorte de résurrection. Mérité ou pas, tu t’en fiches un peu. C’est l’occasion d’arrêter de réfléchir. Mais ce n’est pas aussi facile que ça en à l’air. Ce n’est jamais aussi facile. Tu peux tuer Charles, mais tu ne tueras jamais ce qui le connaissait, ceux qui regarderont lui en toi. Tu peux vivre comme Edgar, mais tu n’empêcheras pas le vide, le trou béant laissé par Charles. On ne meurt pas impunément. On ne ressuscite pas un claquement de doigt. Alors Charles était devenu lasse. Suicidaire disait certain. Il préférait dire, blasé, aventurier. Bien sûr suicidaire sur les bords. C’est ce qu’il arrive lorsqu’on a pas peur de la mort, lorsqu’on a plus rien qui mérite qu’on se batte.

Et puis tomber sur Arik ça avait été beaucoup. Trop surement. Trop de sentiment, trop d’incompréhension. Trop de... Il préférait ne pas y penser. Il était perdu. Il se noyait. Et parfois dans son sommeil, il ne voulait que retrouver ses bras, voir son visage. Comme si ce dernier pouvait le sortir de la flotte, l’empêcher de boire la tasse. Mais peu importe, ça avait été trop. Il n’était pas près de recommencer. A bien y réfléchir il préférait sa vie vide, au foutoir que Charles mettait. Parce qu’il ne se souvenait pas mieux, mais que maintenant il savait. Ou devait savoir. Avait quelque clé pour savoir. Pas se souvenir. Savoir. Et le faite de se retrouver dans une Eglise avec un pasteur qu’il connaissait ne l’aidait pas. Il connaissait un ancien soldat, un pasteur... Ce n’était certes pas incompatible. Mais c’était étrange. Peut importe. Il ne voulait pas savoir. Mais il avait posé a question. Théophile n’était visiblement pas Arik. Bien qu’il aurait pu s’en rendre compte tout seul. Mais le pasteur, contrairement au soldat, semblait plus enclin à lui parler de lui, à lui dévoiler qui était Charles. La question avait à peine dépassé ses lèvres que Théophile s’était rapproché de lui et que d’une main sur l’épaule il l’avait accompagné dans son geste pour s’assoir. Sentant une douce chaleur se répandre au creux de lui, il tourna le visage, fixant cette main qui s’imprimait sur lui. Il serra la mâchoire, levant doucement les yeux vers Théophile au dessus de lui. S’efforçant de se dire que c’était normal. Que c’était ainsi que les pasteurs agissaient avec le monde.

-Si Charles Delancastre est Parisien? La seule personne plus Parisienne que toi, c’est probablement moi. Je ne crois pas que tu aimes la ville autant que moi, mais tu es Parisien…

Charles se renfrogna sous le rire du pasteur. Il trouvait sa drôle ? Pas lui. D’accord, Charles avait vécu à Paris. Charles était bel et bien Français, et Charles n’avait aucune idée de pourquoi et comment il avait atterrit en Russie. Ca ne faisait aucun sens. Il aimait la ville. Surement. Ca lui allait bien Paris.

-Tu étais Parisien par ton âme, ta façon d’agir, ta grâce dans chacun de tes mouvements. Ton côté littéraire aussi. Ça m’impressionnait beaucoup.

Sans mentir, Charles aimait la manière de Théophile de présenter les choses, et si quelques secondes plus tôt, la seule chose qu’il voulait s’était partir, il était désormais légèrement plus enclin à rester et à écouter. Loin d’avoir aussi peur de découvrir qui était Charles, il avait le sentiment qu’il pourrait actuellement aimer ce qu’il était. Peut être était-ce le côté littéraire qui lui parlait tant. Il se pinça les lèvres en souriant. «Baudelaire. C’est toujours moi. Parles moi de lui tu veux ? Enfin de moi.» C’était étrange à dire. Ca sonnait égocentrique. Mais l’était-ce vraiment ? Pouvait on être égocentrique sans savoir ce qu’était son égo ?

Théophile finit par lui parler de son coté religieux. Une famille protestante surement. Lui moins. Ce n’était pas étonnant. Il ne sentait dans son corps aucune fibre capable de se tourner vers Dieu. Il ne savait pas ou il était, qui il était, et honnêtement, finalement il n’en avait rien à foutre. Pourtant au fur à mesure que Théophile parlait, Charles sentait un sentiment désagréable s’insinué le long de sa colonne vertébrale et le faire frissonner. Théophile dévoilant une certaine admiration que Charles avait du avoir pour lui. Bien sûr, ça ne l’étonnait guère. En quelques secondes il était passé d’un état d’agitation qui n’avait qu’une envie : s’enfuir, à celui disposé à écouter, et qui se sentait capable de rester pendue aux lèvres du pasteur. Théophile avait quelque chose d’hypnotique. Mais sa manière de parler de lui, de détailler sa peau, ses lèvres. Ce n’était pas normal. Du tout. Il fronça les sourcils. Plus perdu que jamais. Ses pieds s’agitèrent contre le sol, ne sachant pas réellement comment réagir. Il ne voulait pas perdre son sang froid comme il l’avait fait avec Arik. Non seulement ce n’était pas un endroit pour se tirer une balle -normalement à blanc- dans le crâne. Et puis on ne faisait pas ce genre de chose devant un pasteur. De plus il avait maintenant l’intime conviction, que ses habitudes de roulette russe lui venait du front, sinon d’Arik lui même. Et sans la roulette russe, Charles ne savait pas comment on faisait pour agir normalement. Pour dissimuler son trouble qu’il espérait du à rien, il se focalisa sur une question plus bête. A l’époque il avait eu 16 ans. Et maintenant ? «Quel âge j’ai maintenant ?» demanda-t-il penaud et confus. Quel genre d’homme ne savait pas son âge ? Dans les fait il ne se donnait pas plus de trente ans, et il n’était pas sur qu’il y est une différence flagrante entre un trente, ou un trente deux... Ou un vingt huit... Mais il se sentait vieux, sans trop l’être. Il se sentait jeune, mais fatigué. Et pour une fois avoir une réponse clair pourrait être agréable.

Il ne pu s’empêcher de poser la question fatale. La question qui était un coup de révolver. BAM, fiché dans le coeur. La question qui les déstabilisait tous. Que pouvait-il y faire, il ne savait plus. Plus rien. Frappé par la réalité avec laquelle il avait pourtant l’habitude de vivre, il s’effondra sur le banc, cherchant quelque part à se faire mal pour une raison aussi inconnue que stupide. Et s’il ne vit pas Théophile s’effondrer devant lui, il sentit deux mains se glisser contre ses poignets et lui retirer les mains de son visage. Si le geste n’avait pas été aussi doux, il se serait énervé. Il sentit le regard du pasteur sur lu, et déglutit devant tant de douceur. Qui était-il bon sang ? En un instant son regard fut avalé par celui trop vert du pasteur. Il baissa seulement le regard sentant les mains de l’homme dessiner sur ses poignets. Charles fut traversé d’un frisson, une infime décharge s’étirant dans tout son corps. Il fut marqué soudainement d’un flash de sa dernière rencontre avec Arik, ses lèvres s’étant écrasé sur les siennes. Il retira ses mains brutalement de l’emprise de celle de l’homme, ses yeux cherchant à nouveau le regard de l’autre, cette fois vrillant d’incompréhension. Il suivit la main de l’homme se lever avant qu’elle se pose sur sa tempe, provoquant malgré lui un nouveau frisson qu’il ne comprenait pas et qu’il trouvait extrêmement désagréable.

-C’est à la guerre que tu as perdu ta mémoire? Je...

Sans trop réfléchir, Charles leva sa main et saisit le poignet de l’homme qui avait toujours sa main contre son visage, avant de l’éloigner de lui avec force et de la rejeter loin de lui. «Arrêtez ça ! Vous jouez à quoi ?» Son regard était redevenu glaciale. Glaciale et furieux. Il était amnésique. Il n’était pas une sorte de poupée avec laquelle on pouvait jouer sous peine qu’il ne savait plus exactement comment réagir. L’homme ouvrit la bouche. Théophile. Pour un homme de Dieu c’était plutôt commun surement. Celui qui te connaît le mieux. Ah... Intéressant il supposait. Mais à mesure que l’homme finissait de parler et s’éloignait de lui, Charles en profita pour se lever. «Arrêtez. Je ne veux plus savoir. Laissez moi tranquille.» Il n’était pas sûr que ça soit la vérité. Je veux dire. Il n’était pas sûr de ne pas vouloir savoir. Mais il avait le désagréable sentiment, que ce genre de rencontre pouvait se finir comme la dernière, et il n’était pas près à ça. Pas près à ne pas comprendre à nouveau. Bien sûr Théophile était pasteur, et quelque part, ça avait un certain cachet. Un homme de Dieu ne pouvait pas être ça. Non ?

-Tu n’es pas obligé de te souvenir de moi maintenant. Ça reviendra, si tu le veux. Et sinon, j’apprendrai à connaître celui que tu es devenu. Je peux faire cela. Pour qu’on redevienne ce qu’on était. Each other’s whole universe.

Charles grinça des dents. D’un coté il appréciait que Théophile ne le presse pas. De toute façon ce n’était pas comme si il pouvait être pressé. Il ne pouvait pas réellement gérer ce que se souvenait son cerveau. Sinon il se souviendrait de tout surement. Il fronça d’autant plus les sourcils en entendant parler anglais. Il du réfléchir pour comprendre ce qui venait d’être dit. Décidément, il avait un piètre niveau d’anglais, et il n’aimait clairement pas ça. Il sentit à nouveau Théophile attraper ses mains. Nouveau frisson qui lui arracha une grimace. Ce mec était-il un fétichiste des mains ?

-Je ne te demande pas de te souvenir de tout. I’m just asking you to… feel it. The bond we had. It was beautiful and important. It worthed fighting for. I’m ready to fight for it, if you let me.

Feel it... Dieu, comprendre l’anglais lui demandait toujours une suée de rein.. D’autant plus lorsque la conversation avait été commencée en Français, et qu’il avait volontairement éteint son cerveau en anglais. A bien se rendre compte Charles ne faisait aucun effort pour maîtriser la langue, et il voyait souvent que des gens qui parlait le Français ou le Russe. Il dégagea à nouveau ses mains, non sans violence, commençant légèrement à perdre patience. «Ecoutez... Vous m’avez l’air d’être quelqu’un de très bien. Mais bon sang, arrêtez de me toucher... Je ne sais pas ce que vous essayez de faire, mais ça me dérange. Ca ne m’aide pas du tout. Et ne parlez pas Anglais ! Je le parle mal !» Il s’agitait nerveusement. «Oui je suis amnésique depuis 1917. Et j’en ai marre. Mais si tous les gens que je rencontrais et que je ne reconnaissais pas, pouvait arrêter d’agir comme si c’était un putain d’outrage, et que quelque part je devais le sentir, le ressentir ! Je ne sais pas ce que je dois sentir, d’accord ? Je ne sais pas ce que je veux sentir, non plus ! Je... J’ai ma tête qui va exploser, et j’ai besoin de boire.» finit-il par dire se laissant tombé sur le banc à coté de lui, et attrapant sa tête dans ses mains. Il était épuisé.

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Remember when we were young ? Théophile&Charles

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