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 Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste. - Aristie.

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Occupation : Ancien membre de la mafia. Gérant d'un restaurant où je t'assure que tu ne veux pas aller et du bar clandestin dans son sous sol où tu rêves de pouvoir poser ton derrière fortuné.
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MessageSujet: Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste. - Aristie.   Ven 20 Sep - 19:09

Apollonie & Arik
Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste.


Bienvenue dans le merveilleux sujet de Aristarkh qui va avoir l'honneur d'avoir comme partenaire Apollonie. Pour leur sujet, ils interdisent l'intervention d'un PNJ inoffensif qui pimenterait le rp et ils /interdisent l'intervention de membres extérieurs qui passeraient par là. Ne sont-ce pas là des choix merveilleux ? L’histoire se déroule pendant une nuit douce de l'été à environ 4h du matin alors que la météo est étrangement pluvieuse. À présent, il est temps de laisser la parole au créateur du sujet : Arik a eu le malheur ou le bonheur il ne sait pas encore d'engager la petite Dufresne qui jusqu'à présent s'est révélée être un élément de plus en plus prometteur, alors qu'elle a ien l'intention de lui faire goûter ses nouveaux alcools arrivera-t-il à la faire céder à ses avances ?.



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    Le vin est semblable à l'homme : on ne saura jamais jusqu'à quel point on peut l'estimer et le mépriser, l'aimer et le haïr, ni de combien d'actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable.♘  .ReedNight
     
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Dernière édition par Aristarkh N. Leonidov le Ven 20 Sep - 19:31, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste. - Aristie.   Ven 20 Sep - 19:12


Fire, walk with me.
Apollonie feat Arik.




« Aristarkh ! » Je m'approchai de la table. Serein. Silencieux. Les quatre hommes et les deux femmes étaient en train de se lever, ces dernières avec grâce et langueur. La plus jeune avait tout de même plutôt l'air d'avoir envie de partir et un mélange d'impatience et de fatigue se formait dans ses yeux inévitablement rougis par les effluves d'éthanol et de tabac. Elles étaient belles. Cependant je n'eus pas vraiment le loisir de les observer réellement, alors que je les saluai avec une politesse respectueuse et un raffinement digne du gentleman sauvage que j'étais, Harry qui avait finalement réussit à extraire sa bedaine imposante de sa chaise me mit le grappin dessus. « Alors vieux brigand, on ne vient même pas saluer ses vieux amis. » Je souris. Il se faisait vieux Harry, mais il était toujours le même. On aurait dit un gros ours en peluche, surtout maintenant qu'il avait une bouée autour de la taille, mais il ne fallait pas s'y fier. Ce type était dans la mafia depuis trente ans, plus peut être et s'il était toujours aussi important au sein de l'organisation ce n'était pas pour rien. C'est qu'il y en a qui travaille au lieu de se laisser aller répondis-je sur le même ton moqueur de la plaisanterie. Il en avait tué pour moins que ça, je le savais, mais il était dans mon bar. Il était lui, j'étais moi. Il éclata de rire. De ce rire tonitruant de ceux qui ne craignent plus rien ni personne en ce bas monde, de ceux qui savent qu'ils sont puissants. Je souris. Nous échangeâmes quelques politesses, quelques vannes plus ou moins drôles, plus ou moins de circonstances. Pour le grand bonheur de l'impatiente blondinette ils finirent par partir, Harry me gratifiant d'une accolade virile et riant encore à gorge déployée en évoquant le minable trafiquant qu'il avait fait trucider avant de venir. Ils quittèrent la pièce, attelage incongru. Le silence retomba. La salle se vidait doucement. Il se faisait tard, ou tôt selon le repère qu'on prend et la foule commençait à se disperser. Quelques couples semblaient ne pas vouloir quitter leur table avant le petit matin, se dévorant des yeux et échangeant des paroles sans aucun doute bien trop flatteuses et suggestive pour être approuvées par la décence. Le lot habituel d'alcoolique chronique restait scotché au bar, négociant un nouveau verre, un supplément sur l'ardoise déjà longue. Le saxophone lancinant continuait de meubler la salle de son timbre, au rythme de ce que le musicien qui avait bien trop bu était encore en état de jouer. Je tournai les talons, me dirigeant vers mon bureau. Je laissais à mon personnel, cigarette-girls et serveurs le soin de la clientèle encore présente. Pour ma part j'avais assez donné de ma personne pour la soirée.

Je m'assis derrière le sublime meuble en bois travaillé et me servis un verre de scotch. Je levai la tête. Trois heures du matin. Déjà. Enfin. D'ici une heure il ne resterait que les indésirables. Je jetai un coup d’œil nerveux au tiroir contenant mon revolver. Non. J'allumai un cigare que je portai à mes lèvres avant de m'enfiler mon verre. Penser à autre chose. C'est ça. C'est bien. Il fallait que je me laisse aller, il fallait que je me détende, mais sans ça, sans l'adrénaline. Je ne devais pas, je ne devais plus. Je sais pas si vous avez déjà essayé d'arrêter de fumer, c'est dur, ça demande une grande maîtrise de soi et une détermination sans faille. Mais arrêter de manger, arrêter de boire, c'est impossible. Ça se solde inévitablement par la mort. Je ne pouvais pas arrêter de jouer, je n'y renoncerais que quand ça m'aura tué. Je ne pouvais cependant pas jouer seul, ça n'avait pas d'intérêt, ce n'était pas bien. Ce n'était pas une bonne idée. Alors je me laissai porter par les autres substances que le monde avait mises au service de l'homme pour lui alléger l'esprit. Je pensais à Baudelaire, récitant mentalement quelques vers qui alliés au pouvoir de l'alcool et de la nicotine parvenaient à apaiser mon cerveau torturé. Il fallait que je me trouve une occupation.

Des éclats de voix tous proches vinrent transpercer le brouillard de mon esprit. Je relevai brutalement les yeux vers la porte qui s'ouvrit avec grand bruit. « Je suis désolée Monsieur Leonidov. Je lui ai dit de ne pas vous déranger mais elle n'en fait qu'à sa tête ». Je ne regardais pas la femme qui se répandait en excuses et justification. Je n'écoutais plus ses réclamations. Tu peux disposer Martha. Je n'avais pas quitté la jeune femme des yeux depuis son entrée. Apollonie Dufresne. Quelle chieuse. Je déviais rapidement mon regard vers la pendule. Quatre heure. J'avais passé plus d'une heure absorbé dans les comptes et les papiers administratifs, pas que je n'ai personne à employer pour faire ce boulot ô combien long et inintéressant mais je cherchais un document particulier et je ne faisais confiance à personne pour toucher à mon bureau. C'était un meuble totalement interdit d'accès à qui que ce soit. Je n'avais pas vu l'heure passer, absorbé dans un sommeil éveillé qui remplaçait celui que j'étais incapable de trouver. Je repoussai l'amoncellement de feuilles en tout genre et sans un mot pour ma visiteuse je me servis un nouveau verre de scotch. Certains carburent à la vodka, il faut bien que je trouve quelque chose pour contrebalancer ce manque. Mon regard se retrouva aimanté par le tiroir. Je souris en mon fort intérieur, un jour j'y jouerai avec elle, un jour elle regrettera son insolence. Mais pas aujourd'hui, pour l'instant j'ai encore besoin de ses faibles capacités néanmoins présentes dans certains domaines.

Semblant enfin lui accorder un peu d'attention je relevai la tête vers elle, agacé d'être dérangé, amusé de ce qui suivrait sans doute. La petite française était un sacré numéro, je ne sais pas où ses parents l'avaient faite éduquée mais ce n'était certainement pas une bonne idée. Comment veut-on que les femmes restent à leur place et remplissent leur rôle si on ne leur inculque pas le minimum syndical ? Je glissai entre mes doigts le cigare qui avait fini par s'éteindre sans que je ne le remarque, trop absorbé que j'étais dans ma tâche. Eh bien Dufresne. Ne reste pas plantée là. Ferme la porte et viens allumer mon cigare. lui dis-je avec un sourire gorgé d'arrogance. J'inspirai la bouffée de tabac. J'étais un homme. J'étais l'incarnation de la virilité, du mafieux sur son fauteuil, le cigare au bec. J'aimais ça, j'aimais ce pouvoir que j'avais, cette puissance que j'avais acquise. J'espère que tu as une bonne raison de m'interrompre et d'encourager les cheveux blancs de Martha parce que je suis très occupé à chercher ce damné article de propriété ou que sais je. Enfin. C'est une histoire de législation, je suppose que tu ne t'y connais pas vraiment. Je la regardais et lui souris de cet étirement des lèvres si supérieurs qui les faisaient toutes chavirer et qui j'en étais sûr la rendrait folle.

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MessageSujet: Re: Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste. - Aristie.   Dim 29 Sep - 22:05


Ce qu'on appelle violence, ce n'est rien. La séduction est la véritable violence.
ARISTIE IN DA PLACE BITCHES.

 


Il est tard. Tôt peut être. Tu ne sais plus vraiment. C'est toujours comme ça. Après l'agitation des dernières heures, le silence te dérangerait presque. La fumée opaque si caractéristique de la salle, si caractéristique de ta vie maintenant, t'entoure, apaisante. Tu ne fumes pas. Pas besoin. Ils fument pour toi. Tous les soirs, toutes les nuits, tu respires leurs vapeurs d'éthanol, tu entends leurs rires embrumés, tu vois à travers leurs yeux flous. La décadence, l'indécence, tout se frôle, s'agite, tout prend vie à la tombée de la nuit. Tu es toujours là, actrice et spectatrice du paradoxe de la prohibition. Tu les méprises tout ces gens, là pour oublier, pour prétendre aspirer à un monde meilleur en se noyant dans une gnôle sans nom, sans parfum, sans histoire. Fabriquée à la va-vite dans des entrepôts surchauffés, production industrialo-illégale, blasphème. Ils boivent leurs misères chaque soir, inlassablement. Comme si la solution se trouve dans cette infâme boisson. Ils étaient païens et ignorants. Tu les observais en silence. Dans ton sourire, ils pensaient trouver la stupidité naïve d'une européenne en quête de paillettes. Ils pensaient trouver d'un geste le chemin de tes draps. Pauvres fous. Tout ce que l'on pouvait trouver lorsque tu leurs servais un de tes sourires, c'était ton impatience, ton avidité à vivre ta vie. Ta vie était ici. Dans ce New-York là. Dans les caves, dans les bordels, dans les bars. Tu t'étais trompée d'endroits pour naître. Tu n'étais pas faîtes pour la noblesse et la bonne éducation. Tu étais l'erreur. Celle que l'on n'avait su corriger. Tu avais repris ta place au bas de l'échelle. Prête à l'escalader à la force de tes frêles bras. Tu n'étais pas comme Elle. Tu choisissais ta vie. Tu menais ta vie. Et tu écartais tout ce qui te posait problème. Tu allais éclairer les ignorants, les alcooliques. Le côté sombre de la Prohibition. La raison même de la Prohibition. L'alcool était pur. Il était beau. Tu détenais la vérité. Il était temps de la transmettre.

Tu laissais les filles se rhabiller en piaillant, se dépêchant pour rentrer chez elles, rejoindre leurs vies de misères, insipides et fades. Comme elles. Elles étaient fourbes. Leurs esprits étaient conditionnés pour obéir aux hommes et pour faire du mal aux femmes. La solidarité féminine était une légende. Le pire ennemie de la femme est son semblable. Tu les craignais. Tant pis pour elles. La peur rend dangereux. Tu étais assez peureuse comme fille. C'était l'heure. Tu réajustais ta coiffe, passais la main dans tes cheveux. Tu te faisais remarquer au milieu de toutes ces filles aux cheveux courts ou en chignon compliqué. T'aimais tes cheveux comme ils étaient. Alors tu les laissais tombés sur tes épaules. Négligé selon les pintades. Plus agréable selon toi. Plus qu'une à affronter pour ce soir. Et tu aurais gagné ta bataille de la journée. Martha. La reine des pintades. Dès le premier jour, elle t'avait fait comprendre du regard qu'elle savait que tu n'étais pas comme les autres. Elle savait. Et pour cela, elle te haïssait. C'était réciproque. Elle Lui ressemblait. Tu la ferais tomber à la première occasion. C'était elle ou toi. En te voyant approcher, elle savait ce que tu allais faire. Elle n'avait pas l'intention de te laisser entrer. Elle sentait qu'elle le perdait. Que tu étais en train de gagner. Echec et mat la vieille. Tu ouvrais la porte bruyamment. Tic Tac. Le round pouvait commencer. Tu enclenchais tes armes. Appliquais les leçons de ta génitrice. Se tenir droite. Sourire. Rentrer le ventre. Sortir la poitrine. La tête haute. L'allure fière. Tu posais tes mains sur les hanches, amusée. Tu savais que tu avais bien commencé la manche. Il était intrigué. Il voulait savoir. Il voulait comprendre. Te comprendre. Depuis le début. Pauvre fou. Pendant qu'il prétendait ne pas te remarquer, tu déambulais innocemment dans la pièce.

Tu le jaugeais. Tu devais admettre, que lui aussi, restait mystérieux pour toi. Bizarre. Il restait flou. Intriguant. Surprenant. Tu n'aimais pas ça. Tu étais incertaine quand à l'issue de tout ça. Il n'y avait qu'avec lui, que tu ne pouvais pas prédire les grandes lignes. Que tu ne pouvais pas savoir quel schéma prédéfinis la rencontre allait prendre. Tu ne savais pas à quoi t'attendre. C'était nouveau. Vivifiant peut être. Tu avais trouvé ton adversaire. Tu savais qu'il était à ta hauteur. Lui, l'ignorait encore. Tu avais l'effet de surprise. Tu avais toujours l'effet de surprise. Il n'y a que les femmes qui comprenaient parfois ton jeu. C'est pour cela que tu t'en méfiais.  Le cigare, évidemment. Il commençait gentiment. C'était prévisible. Te remettre à ta place, imposer les limites. T'avais jamais aimé les limites. Jamais été faîte pour les règles. Tu savais que tu jouais un rôle. Lui aussi. Une pièce tellement répétée, qu'elle coulait de source.

Tu t'exécutais, fermais la porte non sans jeter un coup d’œil arrogant à la vieille folle à l'agonie psychique avant de te retourner vers lui. Tu t'asseyais sur le bord de son bureau, te penchant pour allumer son cigare. Tu riais de la comédie, intérieurement. La jeune ingénue et le mafieux tout puissant. La caricature était risible de l'extérieur. La réalité était tellement plus complexe. Plus intéressante surtout. Plus de défi à relever. Pour lui, comme pour toi. Jeu à grande échelle. Jeu de vie. Jeu d'envies. Pendant qu'il parlait, tu posais ton panier à cigares sur son large bureau. Pourtant, à l'intérieur, aucun signe de havane. Seulement des dizaines de petites fiolles de nectar, ton œuvre, ton art. Tu laissais son regard se poser dessus pendant qu'il parlait. Tu le laissais contempler le fruit de ton travail acharné. Ta raison d'être. Tu plantais ton regard dans le sien, contrais son air satisfait et son sourire charmeur par une moue ravie et presque gênée. Tu laissais tes joues se colorer de pourpre. Tu n'avais pas eu à forcer beaucoup, mais ça, ce n'était qu'un détail sans importance. Pendant que ton visage revêtait son image de jeune fille prude, tes yeux, eux, prétendaient sans gêne le contraire. Tu les laissais exprimer tout ce que lui signifiait par son sourire. Tu retournais son propre jeu contre lui. Tu te levais, sans un mot, retournais près de l'entrée, et récupérais un papier dans la pile. Tu revenais vers le bureau, et reprenais ta place, sur le bureau, près de lui, en face de lui. Tu posais le papier, bien en évidence. « C'est un permis de restauration, pas un article de propriété. Enfin. Pas un légal évidemment. Un acheté. Là, cette ligne est falsifiée. Mais bon, ça duperait la plupart des agents de contrôles. C'est le principal. Il ne faut juste pas trop creuser dans tes documents administratifs. Aujourd'hui, peu de gens seraient assez zélés ou inconscients pour aller fouiller dans les affaires de Leonidov, n'est ce pas ? On peut dire que tu ne crains rien. » Tu t'arrêtais un instant pour reprendre ton masque d'imbécile heureuse. « Enfin. Je suppose. Comme tu le dis, je n'y connais rien à vos lois américaines. Je ne suis qu'une petite immigrée qui travaille dans un bar illégal, n'est ce pas ? »

Détournant la tête, tu ouvrais le premier tiroir et en sortait un verre que yu posais par dessus le faux permis. Tu versais le contenu d'une des fioles dedans et le tendais à Arik. Tu pouvais toujours pas prononcer son nom. Tu comprenais toujours pas pourquoi ses parents lui en voulaient autant à la naissance pour le nommer comme ça. Au moins, ta mère avait eu l'indulgence de pas s'acharner même là. Histoire que tu partes pas non plus avec un handicap sur la vie. « Bois » Pas une question, un ordre. C'était ton patron. Mais c'était ton domaine. Tu entrais dans la danse et entendais la mener. « J'ai une bonne raison oui. Pour Martha, je te rassure, on peut plus rien pour elle. Ca fait un moment que je bosse ici. Et ça suffit. Je suis pas là pour bosser dans un endroit qui fait boire des trucs toxiques à ses clients, pour qu'ils en redemandent en suite. Certes, maintenant, niveau bière, on est les meilleurs de New-York. Mais pendant la Prohibition, les gens deviennent bêtes et oublie la bière. Et pour le reste, on est aussi nul que les autres. Il faut que ça change. Et tu sais, que je suis la meilleure. J'ai apporté de quoi t'en convaincre. Je demande rien de plus que les autres abrutis qui te fournissent. Même tarif. En mieux. T'as que des avantages. Si t'es pas bête, tu vas accepter. » Alors que tu finissais ta petite tirade, tu récupérais le cigare d'entre ses doigts, et fumais dessus. Tu lui resservais le même sourire dont il t'avait grâce plus tôt. Tu lui soufflais la fumée au visage en éclatant de rire. Il était tard. Tu avais travaillé toute la soirée sous les regards avides de vieux mafieux pervers, tu étais restée debout toute la nuit, passant de tables en tables, de bouches en bouches. Ca te reposait de t’asseoir et de pouvoir avoir une vraie discussion. D'être un peu plus toi. C'était con, mais t'aimais bien ce type. Tu savais qu'il pouvait pas te virer, t'avais fait le contrat toi même. Tu savais que tu pouvais pas partir non plus du coup. Vous étiez coincé ensemble pour un moment. La stabilité c'est rassuré.

C'était un homme. Il était forcément faible. Une femme déshabillée, un cigare, du bon alcool. Tic Tac, c'était le début de ta victoire.

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« vivre fait mourir. Soyons des licornes »


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MessageSujet: Re: Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste. - Aristie.   Lun 21 Oct - 22:07


Fire, walk with me.
Apollonie feat Arik.

 


Elle était entrée. Le jeu avait commencé. Entre la danse et le combat de boxe. À qui ploierait en dernier. Harmonieux. Violent. Subtile. Nous étions dans l'arène. J'étais le fauve, elle le martyr chrétien. Tout le monde savait comme ça finirait et pourtant la foule se réunissait dans les gradins, acclamant, pariant. J'allais gagner, c'était mathématique, la question ne se posait pas vraiment. Ce n'était pas sur ça que reposait l'intérêt, bien sûr que j'étais plus fort qu'elle. J'avais tout. Elle n'était rien. Non. La question était combien de temps ? Jusqu'où ? Elle avait du potentiel ; ça se voyait, ça se sentait. C'était cliché. C'était vu et revu. Le patron qui rêve de se faire la petite nouvelle. Qui ne veut que la mettre dans son lit. Joué des milliers de fois et pourtant ça avait encore du succès, mais là ce n'était pas que ça. Il y avait plus. Nous convergions. Asymptotes tantôt verticales, tantôt horizontales, toujours sécantes en un même point. Ce bureau.

C'était elle qui était venue à moi. Je n'avais rien demandé. Elle avait débarqué, avec son pseudo savoir, avec son ambition plus grande qu'elle, avec son ego d'européenne jamais domptée. Elle se croyait peut être exotique avec son accent français, avec sa pureté. J'en avais vu plein des comme elle, j'avais passé ma vie à en croiser. Des jeunes vierges innocentes prônant la féminité. Elle n'y connaissait rien. Elle ne savait pas. Elle n'avait pas vécu. C'était une gamine exilée de sa province. Ça je le savais malgré les airs qu'elle se donnait elle n'était pas de la capitale, elle ne venait pas de Paris, elle n'avait pas le même phrasé que lui, elle venait sans doute d'une petite bourgade sans importance. Fille de fermier. Dufresne, éleveur bovin de père en fils depuis le cinquième siècle. Une fille. Merde qu'ils avaient du se dire. Tant pis. Elle sera laitière, ou boulangère. Peut importe. Le village aura toujours besoin de main d’œuvre, on lui trouvera quelque chose à faire, pour s'occuper. Et puis un mari surtout. Elle a l'esprit trop vif, elle en sait trop, il faut la marier. Étouffer tout ça dans l'eau, noyer un quelconque début d'intelligence avant que ça ne se développe, avant qu'il ne soit trop tard. Ils avaient échoué. L'éducation n'avait pas été assez bonne. Ils l'avaient laissée filer. Maintenant elle était là, bien loin de chez elle, bien loin de ses chèvres et de sa broderie. À cause d'eux elle se croyait meilleur, elle croyait qu'elle pouvait tenter sa chance dans le monde. Elle prétendait vivre, elle prétendait abattre ses cartes.

Ils n'avaient pas fait leur devoir et désormais c'était mon tour. Mon tour de l'éduquer. J'avais toujours été un très mauvais professeur. Je n'avais pas de patience, je n'avais pas l'envie de la soumettre, pas trop, c'était trop facile, je n'aimais pas la facilité. Elle m'agaçait, je ne voulait pas lui faire cours, je n'avais pas que ça à faire. Tant pis. Elle serait ratée. Elle serait amer, piquante. Elle ne serait pas douce. Jamais. Elle pouvait le faire croire mais elle ne l'était pas.

Pourtant j'arrivais à lui trouver de l'intérêt, malgré son impertinence, malgré son arrogance totalement déplacée pour une représentante du sexe faible. Apollonie. Ça ne pouvait pas être une coïncidence. Elle portait la marque de Baudelaire en elle, qu'elle en soit consciente ou pas. Qu'elle le veuille ou non. Opposition. Lettre et campagne rustique. Elle pouvait être tout autre chose. Elle pouvait être une petite aristocrate, la fille d'un seigneur, un vieux duc à qui il ne reste que ses titres. Le résultat n'en serait que pire. Son manque de tenue que plus honteux, son arrogance que plus naturelle et sa condition que plus méprisable. Les nobles sont des crevards. Je les méprise. Mais elle travaille. Et puis elle n'a rien de noble. Elle est fade. Non pas fade. Elle n'est pas banale, pas comme les autres. Elle me regarde dans les yeux. On ne lui a jamais dit que ça ne se fait pas ? Elle ne courbe pas la tête quand je lui parle et c'est peut être ce qui me plaît, ses yeux, parce que je peux les voir. J'ai du mal à la cerner. Ça m'intrigue.

Je suis dominant. Je suis fort. Je la ressens. Je sais qu'elle est fausse. Je sais qu'elle n'est pas si prude, même si son innocence n'est pas totalement feinte, je sais qu'elle est faible, je le vois. Elle ferme la porte et vient s'asseoir près de moi. Elle prend place sur le bureau. On ne touche pas à mon bureau, mais quand il s'agit d'une femme, quand c'est une créature aussi délicieuse, que puis je faire ? Elle allume mon cigare, rituel, habitude dont je ne me défais pas. Je lui rappelle les règles, je lui rappelle que je tolère son insubordination de temps en temps mais que c'est moi qui commande ici. Au fond elle le sait, au fond elle sait que tout ce jeu a lieu uniquement parce que je le veux bien, elle sait qu'elle ne gagnera pas, jamais. J'inspire la fumée. J'oxygène mon cerveau de la nicotine bienfaitrice, je l'entoure d'un nuage épais et âcre, elle est à moi. Personne ne serait surpris par la scène, c'est normal, c'est l'époque et pourtant c'est différent. Je laisse mes yeux parcourir son corps bien trop peu vêtu avant d’atterrir sur le contenu de son panier. Surpris ? Non. Pas le moins du monde. Ça ne m'étonne plus venant d'elle. Pourquoi serait-elle venu si ce n'est pour me parler alcool ? Elle rougit. Intimidée par mes yeux qui ne se gênent pas pour la voir, la contempler, prude face au désir qui émane du bleu de mon regard. Ses propres yeux la trahissent, trop fiévreux, trop brûlants. Je la veux. Je l'aurai.

Comment savait-elle où ce papier se trouvait ? Je n'en avais pas la moindre idée. Elle s'était levée, rassise, en quelques instants il était devant moi. Sur le bureau. Elle me retournait mon arrogance. Permis de restauration, acte de propriété, elle va pas commencer à jouer sur les mots. J'arborais un sourire amusé. C'est pour des moments comme ça que je l'avais engagée. Elle était observatrice la petite quand même. Tu t'es trompée de vocation mon chou. Ils ont peut être encore de la place au service de répression des fraudes. répondis-je amusé, ma main droite se baladant sur sa jambe, effleurant son épiderme du bout de mes doigts. Tu supposes bien Apollonie. Personne ne met son nez dans mes affaires. J'attrape le bout de papier le met dans la poche de mon veston, rompant le contact je m'enfonce dans le dossier du fauteuil en cuir. Aristarkh ne craint personne. Ne prend pas ça pour de la vanité, c'est un fait. Aussi évident que je ne suis pas plus américain que toi. Il paraît que ça s'entend pourtant, mais je suppose que les français mettent tous les autres dans le même panier. Si avec mon nom et ma façon de parler elle était encore capable de me croire américain je ne sais pas ce qu'il lui fallait. Elle n'était peut être pas aussi futée que je ne le pensais en fin de compte.

Elle me servait un verre. Elle était venue pour ça après tout, pour me faire boire. Alors je buvais. Docile. Ça m'arriverait pas souvent fallait qu'elle profite. En même temps j'étais pas du genre à me faire prier pour boire, surtout si on me l'offrait et qu'on me servait. Je souris. Martha. Elle n'aime pas la jeune européenne c'est certains, en même temps elle n'aime pas grand chose et je ne pense pas que beaucoup de filles aiment la Dufresne, parce que moi justement je l'aime bien et elles le savent. Je porte le verre à ma bouche alors qu'elle parle. J'écoute à moitié. Je sais qu'elle a besoin de parler beaucoup, je sais aussi que la moitié de ce qu'elle dit est largement inutile, d'ailleurs, je ne suis pas sûr que l'intégralité de sa tirade me soit réellement destinée. Le liquide entre en contact avec ma langue. Saveur. Odeur. Merde. C'est bon. C'est pas juste de l’alcool. Je sens la légère chaleur de l'éthanol dans ma gorge. Mais ça ne dure qu'une fraction de seconde. Rapidement je ne sens plus que le goût. Elle a réussi. Je le sais. Je n'y connais rien en boisson mais je suppose qu'une fois qu'on oublie que c'est de l'alcool pour sentir et apprécier le goût, c'est que c'est gagné. C'est ta nouvelle technique commerciale d'insulter ton patron? Je vois déjà la réussite. Je vois déjà le business qu'il y a derrière ce pseudo art. Tous les clients, buvant sans plus se rendre compte de l'éthanol qu'ils injectent dans leur système, buvant plus, consommant. Je savais pas que tu donnais dans le whisky maintenant. Tu peux m'en avoir combien pour demain de celui là ? J'en veux trois bouteilles pour un coup d'essai. Je verrais tout ça avec Oscar. La marque sera celle du bar, tu n'apparaîtras nul part, ou bien sous un pseudonyme, pour la cuvée, mais toute la production sera mon entière propriété. Tu le sais. Parce que tu es une femme. Parce que sans moi tu n'arriveras à rien. Si t'es pas bête, tu vas accepter. à prendre ou à laisser. Elle le savait.

Elle me prenait mon cigare, elle me soufflait la fumée au visage. Elle ne comprenait rien. Je souris. Je me levai, glissant une main sous ses cheveux, dans sa nuque. J'approchai mes lèvres de son oreille. Moi aussi j'ai des projets pour toi... Je m'éloignai, récupérant mon cigare. Je m’approchai de la petite table à côté de la bibliothèque, j'enclenchai le tourne disque. Musique.

La danse ne faisait que débuter. Je ressentais les première notes. Cette soirée, ou plutôt cette nuit serait plaisante. Il était tard. Je l'aurai. Je gagnerai.

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AND ALL THAT JAZZ
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Âge : 21 ans
Statut : Célibataire opportuniste, prête à tout pour gravir les échelons. Un peu plus attachée au russe qui lui sert de patron qu'elle n'aimerait le reconnaître.
Occupation : Officiellement : Cigarette-Girl au B-Flat. / Officieusement : Responsable des alcools au B-Flat, Brasseuse et Productrice du seul alcool de qualité que l'on peut trouver dans la région. L'alcool, c'est un art.
Gramophone : London Grammar - Strong
Doubles-comptes : /
I dont care if you love me. I dont care if you hate me. But darlings, you should all, fear me.
MessageSujet: Re: Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste. - Aristie.   Mer 30 Oct - 22:37


Ce qu'on appelle violence, ce n'est rien. La séduction est la véritable violence.
ARISTIE IN DA PLACE BITCHES.

 


New-York est ta jungle. Tu es le colon, qui découvre un nouveau monde, plein de promesses, plein d'illusions. Mais tu n'es pas un simple colon. Tu es missionnaire, tu vas éclairer ces païens impies prêt à interdire la plus belle invention de la technique humaine. Ta raison de vivre. L'alcool. Création quasi-divine. Nectar des hommes. Celui qui le fabrique possède le pouvoir. Tu es la seule à en fabriquer -du vrai s'entend- dans cette ville profanée par la Prohibition. Ce n'est pas là orgueil ou ambition. Ce n'est que vérité. C'est ton destin, instruire. Ils ne le savent pas encore, c'est tout.

Ta mission pouvait commencer après plusieurs années de préparations, de fermentations. Vous étiez prêt. Toi et tes alcools. Vous aviez mûri, ensemble. Aujourd'hui, commençait une nouvelle époque. La première cible était enclenchée, la partie pouvait démarrer. Tu pouvais entrer dans le personnage, ton personnage pour jouer ta vie. Tu n'avais pas choisi l'adversaire le plus facile à affronter. Plutôt une grosse pointure. Le défi en était d'autant plus amusant. Mais tu n'avais pas peur. Oh non. Tu avais hâte. Tu avais rencontré quelqu'un qui était presque à ta mesure. Ta mission était d'ordre divine.  Pas leur dieu à tous. Non, le tien. Le Saint-Ethanol te soutenait. Tu ne pouvais faillir. Tu avais tous les avantages sur lui. Il n'était qu'un simple homme, gouverné par son instinct animal, ses hormones. Alors que tu étais bien au dessus de ces considérations. Mais plus important, il te sous-estimait. Ce n'était pas sa faute, pauvre petite brebis, c'est ce que tu attendais de lui. En attendant, sa défaite était assurée. Tu le méprisais, certes, mais tu avais conscience qu'il puisse avoir une certaine valeur. Tu ne perdrais pas ton temps avec quelqu'un d'inutile. Bien au contraire, il allait être un des hommes les plus utiles pour toi dans cette ville. Jusqu'à ce que tu ais atteint le prochain pallier de ton ascension.

C'étaient à tous leur première erreur. Penser te comprendre. Personne n'avait jamais réussi. Quelques fois, il te semblait que toi non plus. Oh oui, tu sentais que tu l'intriguais ce petit mafieux. Ton patron, selon la loi. Il n'avait pas l'habitude d'être confronté à des gens comme toi, ça ne t'étonnait pas. Bientôt, son arrogance et sa confiance en lui commenceraient à vaciller, à se craqueler, le temps d'une seconde. Tu n'avais pas besoin de plus. Tu savais déjà, que tu l'aimais bien celui là. Il était tenace. Mais ton plan était réfléchi et répété depuis longtemps, il fonctionnerait. Il le fallait de tout façon. T'avais pas de plan B. T'avais pas de renforts. Avancer. Toujours avancer, plus loin, ne pas regarder en arrière, sinon c'était la fin. Et t'étais toute seule, il fallait que tu t'occupes de toi, personne d'autre s'en chargerait. Pas de familles. Pas vraiment d'amis. Aucun proches. La solitude ne te dérangeait pas vraiment, tu vivais avec depuis longtemps, tu l'avais apprivoisée. Comme tu allais le faire avec lui.

Même si au fond, tout au fond, tu en venais presque à admettre que pour une fois, quelqu'un t'intriguait. Tu ne savais pas quoi, tu ne savais pas pourquoi, mais il avait quelque chose de spécial. Ce n'était pas de l'intérêt, non, plutôt de la curiosité. Comme si tu pouvais percevoir, quelque chose d'autre sous le mafieux influent au nom étrange. Comme si, il y avait plus que le cliché. Une pointe de sensibilité refoulée peut être. Un éclair dans son regard, rien qu'un instant, juste une seconde, tu sentais qu'il était différent. Tu n'avais toujours pas réussi à le cerner entièrement, il restait une part de mystère. Ça te plaisait, étrangement. Contrairement à d'habitude, tu ne comptais pas te hâter pour découvrir tous ses petits secrets, tu voulais faire durer le jeu. Ce n'était pas tous les jours que tu faisais face à un homme comme lui, tu savais apprécier la valeur de son habilité verbale. Vos intérêts divergent, certes, mais tu savais que tu arriverais à convenir d'un terrain d'entente. Tu l'aimais bien ce type, tu voulais en profiter.

Un instant, tu rougissais. Bien sûr, il appréciait, certains d'y déceler le début de sa victoire. Oh que non. Jamais, tu n'admettrais, que c'était presque naturellement que tes joues s'étaient colorées. Jamais. Tu jouais un rôle, ce n'était pas toi, et tu ne devais pas intervenir. Le jeu, l'assurance, tout ça, c'était ta protection, ton assurance vie, en quelque sorte. Le seul moyen de ressortir indemne était de ne pas être impliquée émotionellement. Alors, tu te dédoublais, tu t'effaçais, le temps des négociations, la petite Apollonie, un peu hésitante, trop jeune encore, trop frêle, trop seule, c'était bye bye, on oublie. New-York était une jungle. Tu restes debout ou tu crèves. Et t'avais trop de trucs à vivre pour mourir maintenant. Et t'étais prête à tout pour vivre, t'avais survécu trop longtemps. T'aimais bien ce type, et c'était mauvais signe. Tu devais le manipuler, pas l'apprécier. Il représentait ta porte de sortie de l'enfer. Hors de question qu'il t'y renvoie par la grande entrée.

Pas le temps de douter. Plus le temps. Tic Tac, l'horloge tournait. La première carte était posée. La surprise, toujours, ta plus fidèle alliée, ton arme de prédilection. T'étais pas spécialement intelligente, ça non. Pas spécialement douée non plus. Sauf pour deux trucs. L'alcool, évidemment. Et le droit. Tu comprenais pas pourquoi, les lois, étaient gravées dans ta tête. Code pénal ambulant, avec l'expérience, c'était devenu un vrai avantage. Pas que pour des fins charitables. La charité, ça servait à que dalle, t'avais bien compris. Fallait se débrouiller, sans l'aide des autres. Tu cherchais pas son aide à ce type. Tu monnayais votre collaboration. Ton talent, son bar. Pour signer un accord, aucune loi n'interdisait de battre des cils et de sourire, surtout pas avec un homme de son type. « Ce n'est nullement une vocation, j'ai seulement travaillé pour Maître Cook. Tout le monde s'accorde à dire que c'était un grand avocat, encore plus, la dernière année avant sa mort tragique, à peu près à partir du moment où je l'ai rencontré. Simple coïncidence, bien sûr.  Et puis aider la police ? Moi ? Tu as bien dû remarquer, que je n'étais pas ce genre de jeune femme. C'est bien plus amusant quand c'est illégal. Oh non, j'essaye juste d'utiliser mes quelques petites connaissances de la loi, pour me rendre la vie plus facile. Tu sais, c'est difficile d'être une femme en notre temps. Alors, quand on a la loi de son côté dès qu'on a besoin, ça apporte des avantages... »

La première manche était en ta faveur. Bien que sa main sur ta cuisse soit une certaine source de distraction, il t'en fallait plus que ça pour perdre l'avantage. Lui, par contre, restait très prévisible. Après avoir rappelé son statut et son autorité, espérant t'impressionner, pauvre petite créature du sexe faible que tu étais, il complétait sa manche d'une caresse montrant que tu étais plus intéressante par ta chair que par tes mots. Tu savais pertinemment que c'était faux de tout façon. Monsieur le grand et dangereux mâle avait fait passer son message plein d'hormones, lui chef, toi soumise. Tu n'étais pas du genre à le contredire, évidemment. « Bien sûr, qui oserait se mêler de tes affaires ? Il faudrait être stupide et fou. Ou être une femme peut être, car nous le sommes toutes par nature, stupides et folles, n'est ce pas ? » Tu souriais, pleine de toute la candeur que tu pouvais trouver. Tu souriais, car étrangement, tu retrouvais entièrement ta confiance alors que sa main quittait ta jambe. Tu maudissais ton cœur d'avoir vacillé en un moment aussi important. Ton avenir, ta vie était en jeu.

Bien sûr, qui pourrait-il craindre ? Qui oserait le menacer ? Toi ? Oh non, tu avais bien plus de jugeote que ça. Faut d'être intelligente, tu compensais en étant plus maligne et plus manipulatrice que les autres. C'était bien ça que ta mère te répétait non ? Elle ne mentait jamais après, tu devais lui donner raison, c'était un des façons que tu avais de la remercier de son investissement total et de sa volonté sans faille pour parfaire ton éducation. Il pouvait se revendiquer non-américain, il l'était peut être plus que n'importe qui. Tout, sa voix, son aisance, sa façon d'être, tout suintait New-York, il était New-York, faisait New-York, peut importait son pays d'origine, il était destiné à venir ici. « Je n'en doute pas, tout le monde, craint le grand et redoutable Leonidov à New-York. C'est ce que je disais. Tu es un New-Yorkais, au même titre que ceux qui y sont nés, tu te comportes comme tel. Donc peut importe où t'as bien pu naître, t'es devenu américain. Avec un nom imprononçable, certes. » Et il était aussi destiné à être un con, apparemment. Depuis 1830, presque un siècle, donc, ton pays était indépendant. Quiconque l'ignorait, n'était pas digne de respect, tout simplement. Et s'il y a une autre chose que tu n'appréciais pas, c'était que l'on dénigre ton indépendance. Seul mon regard, traduisait ma colère. « Quel idiot.* Je ne suis pas française. Ne me rappelle plus jamais comme ça. Je suis Belge, et fière. La prochaine fois que tu dis un truc du genre, tu verras que je peux ne pas être gentille, du tout. » Tu serrais les poings. Parce qu'aussi con qu'il puisse être, t'avais besoin de lui, là, maintenant, et  tu ne pouvais pas te permettre de t’énerver. Tu bosses pour l'instant, tu l’engueulerais en bon et due forme une fois un marché signé.

Il ne méritait même pas ton alcool d'ailleurs. Mais le destin avait décidé que tu lui faisais plus confiance à lui qu'aux autres types de son genre. Alors peut importe qu'il le mérite ou pas, c'était le seul que t'avais sous la main, et tu devais le convaincre que tu étais la meilleure. Ça c'était pas compliqué, il avait juste à boire une gorgée pour s'en rendre compte. La partie compliquée, c'était la négociation. Obtenir tout ce que tu voulais, en lui faisant croire que ça venait de lui. Tant que ça restait dans tes limites, t'étais même prête à donner de ta personne. Tu ne boudes pas ton plaisir en voyant son visage changer quand il comprend. Quand il comprend qu'il a là le meilleur alcool de New-York. Qu'il t'as toi, une mine d'or. Mais une mine d'or avec un cerveau, et qui compte être utilisée intelligemment. Tu viens d'abattre avec succès ta plus belle carte. La victoire est si proche que tu sens l'air s'en parfumer. « Ma technique commerciale c'est de te faire goûter au meilleur alcool de toute la région. T'insulter, ça fait juste partie de la partie plaisir. Et puis c'est affectif évidemment. J'ai été bien élevée, je n'insulterais jamais personne, surtout pas mon si charmant patron. » En faire trop faisait partie du jeu. Il penserait que si tu en faisais autant, c'était que forcément au fond, tu n'étais pas indifférente à ses beaux yeux hors la loi, car tu n'étais qu'une femme, incapable de dissimuler correctement tes sentiments. « Comment le propriétaire d'un bar illégal peut il être aussi ignorant sur l'alcool, tu m'expliques ? Si tu veux avoir un vrai whisky, ou même un vrai alcool tout court, il faut lui laisser le temps de vivre un peu, tu comprends ? Je ne suis pas ici depuis si longtemps, donc, c'est le meilleur que je puisse avoir, car mon plus vieux. Et je ne vend pas tout mon stock, je veux en laisser vieillir une partie, qui va prendre encore de la valeur. Trois bouteilles pas de problème. Mais celui là, hors de question que tu le vendes à n'importe qui. Je ne t'en fournirais pas tous les jours. J'ai d'autres cuvées de prête, plus accessible, tu comprends. Toujours bien meilleure que le meilleur de ce que tu pourras trouver ailleurs. » Tu écoutais ses petites idées en souriant comme une enfant. Tu étais encore une fond, quelqu'un par au fond. Une enfant toute fière d'avoir retenu tous les mots du loto dans toutes les langues. Et cette petite fille, aujourd'hui, elle avait gagné. Peut être qu'elle n'avait jamais réussi à impressionner sa mère, mais elle avait réussi avec l'un des hommes les plus dangereux de New-York. Pour ça, t'étais vraiment fière de toi. Tout en bluffant, tu avais tout misé et finissais par remporter tout sur la table. Il te proposait même presque toutes les conditions que tu comptais lui faire accepter, en se pensant le maître de la situation. Apollonie, tu as vraiment bien joué.

« Comme si je comptais apparaître quelque part. Je rêve pas de briller au grand jour pour me prouver quoi que ce soit. Je connais ma valeur et j'en ai conscience. Toi aussi maintenant, tu sais très bien, que tu ne dois pas risquer de perdre quelqu'un d'aussi précieux que moi. Mon second prénom est Octavie, si tu dois me trouver un pseudonyme, utilise Octave. Ta propriété, certes, mais je m'occuperais de rédiger des papiers légaux qui t'empêcheront de m'escroquer. Non négociable. Tu pourras les faire vérifier par un avocat si ça te chante, mais ils seront parfait. Aucun intermédiaire n'a a connaître mon nom, ou mon implication. Personne, pas un ami, pas même une de tes conquêtes qui aura certainement trop bu pour s'en souvenir. Je précise pour être sûre que nous sommes bien d'accord sur tout. Je suis peut être une femme, et j'ai peut être besoin de toi, mais ne t'avises pas d'essayer de ne pas être honnête avec moi, car je trouverais le moyen de te le faire regretter. Tu n'es pas le seul homme d'affaire qui sera intéresser par mon alcool. Alors, que je suis la seule à faire ça. J'ai besoin de toi, tu as besoin de moi. Nous avons un accord je crois. » Tu souriais, tu rayonnais. Tu étais heureuse. Vraiment, complètement heureuse. C'était le premier jour du reste de ta vie, le jour où tout changeait. « On signera les papiers demain matin. Ce matin. Je ne sais plus vraiment quand on est. Je veux être sûre de ta sobriété pour officialiser notre accord. Histoire que tu ne retournes pas ça contre moi dans un mauvais jour. Et je crois qu'il vaudra mieux parler d'argent à tête reposée. En attendant, je pense que l'on peut déjà célébrer notre bel accord non-officiel. »

En un instant, ton sourire se crispait. Tu savais que cette voie là était dangereuse. Bien trop dangereuse. Tu devenais funambule, or il était connu que t'étais pas doué pour l'art, la chute semblait trop probable, pour ne pas s'inquiéter. Ton rôle semblait plus dur à jouer dans ce deuxième acte. Tu n'aimais pas ça pour une seule bonne raison, il avait l'avantage, quand tu n'avais que le bluf et l'improvisation. Tu entendais la musique, tu le voyais se lever, sans comprendre. Il faisait quoi ? Tu ne comprenais plus vraiment. C'était ça son projet ? Danser ? Sérieusement ? Tu pouvais pas. Tu étais mal à l'aise d'un  coup. « Je... Je sais pas ce que tu attends de moi. Je ne sais pas danser. J'ai jamais su. Ça doit pas être pour moi. Je suis désolée. J'aimerais savoir. J'aimerais beaucoup. J'ai toujours admiré les gens qui savent danser. Ça me fascine. Tous les gens avec un talent artistique d'ailleurs. Je suis pas le genre de personne qui a un don pour l'art. A part l'alcool. Mais je suis la seule à considérer ça comme un art de toute façon. » Pourquoi tu lui racontais tout ça ? A lui ? Le moins il en savait sur toi, le mieux c'était. C'était pas ton ami, c'était pas ton amant, c'était ton patron que tu devais utiliser selon tes propres intérêts, point barre. Tu parlais jamais de toi. Alors, pourquoi tu lui racontais ce que t'aimais ou pas. Qui ça pouvait intéresser ? Qui tu pouvais intéresser à la base ? Tu t'approchais de lui et posais les mains sur ses épaules. « Alors si Monsieur Leo aime danser, qu'il danse. Seul. » En lui souriant, tu t'asseyais sur le fauteuil bien plus confortable que affreux bureau. Parce qu'après tout, pendant que lui, passait gentiment sa soirée dans son petit bureau, toi, tu bossais. Et pas qu'un peu. Tu supportais les clients, tout ceux qui buvaient trop de cet éthanol frelaté, tout ceux qui pensaient que parce que tu allumais leurs cigares, tu leur appartenais. Tu te retournes et récupère un livre dans la bibliothèque. Tu l'as choisi, parce que contrairement aux autres, il est en français. Tu observes la couverture et lève les yeux vers lui. « Baudelaire hein ? Intéressant. T’arrive à comprendre au moins ? »

* En français

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