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 Nous avons en tête une affaire || Charlie&June

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MessageSujet: Nous avons en tête une affaire || Charlie&June   Lun 16 Sep - 22:09

Charlie&June
Nous avons en tête une affaire


Bienvenue dans le merveilleux sujet de June V. Wentworth qui va avoir l'honneur d'avoir comme partenaire Charlie B. Allen. Pour leur sujet, ils interdisent l'intervention d'un PNJ inoffensif qui pimenterait le rp et ils interdisent l'intervention de membres extérieurs qui passeraient par là. Ne sont-ce pas là des choix merveilleux ? L’histoire se déroule le 18 août 1924 à 21h environ alors que la météo est douce. Après une chaude journée, une soirée un peu plus fraîche semble à première vue parfaite pour apaiser les esprits. À présent, il est temps de laisser la parole au créateur du sujet : Ils se connaissent à peine mais une chose est certaine : tous deux refusent catégoriquement toute idée de fiançailles. Pourtant, suite à un commun accord il se pourrait bien qu'ils changent d’avis..



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Dernière édition par June V. Wentworth le Lun 16 Sep - 23:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nous avons en tête une affaire || Charlie&June   Lun 16 Sep - 22:15

Affalée dans un fauteuil du salon, elle soupirait bruyamment. Ses ongles tapotaient le bois de l’accoudoir, traduisant ainsi son exaspération. Non. Elle n’avait définitivement aucune envie de s’y rendre. D’ailleurs si un télégramme de son paternel ne le lui avait pas rappelé, elle aurait tout bonnement oublié… Mais bien sûr, dans sa prévenance habituelle il fallut que Henry Wentworth, bien que séparé de sa fille par un océan, lui rappelle l’engagement qu’elle avait pris une semaine auparavant. Ce n’était qu’un simple dîner avait-il répété, deux petites heures de son temps qu’elle sacrifierait mais qui lui permettrait de rester en bons termes avec un vieil ami à lui. Comme il l’avait littéralement supplié d’accepter l’invitation elle avait dit oui, évidemment elle le regrettait. Ainsi ce soir, c’était avec toute la mauvaise volonté du monde qu’elle s’apprêtait à aller dîner avec les Allen. D’autant plus de mauvaise volonté qu’elle y allait seule. Son frère, de passage à New-York, avait à l’origine promis de l’accompagner, mais le vil s’était défilé sous prétexte qu’il avait une affaire urgente à régler à l’autre bout de la ville. A cause de sa lâcheté elle allait se retrouver seule au milieu de trois individus qui n’étaient pour elle que de lointaines connaissances…
Voyant l’heure qui tournait, June finit par se lever pour filer jusqu’à son dressing. Si elle arrivait à l’heure elle repartirait plus tôt, donc autant se presser un peu. Jeune femme bien élevée, elle fit tout de même un effort vestimentaire et troqua son peignoir d’intérieur pour une robe habillée aux tons dorés à laquelle elle assortit un long sautoir. Allant jusqu’à se creuser la tête pour ne pas se démarquer par trop d’originalité, June enfila simplement à son poignet un bracelet à une rangée de petites perles et piqua dans sa coiffure bien ordonnée une plume couleur or. Devant le miroir, elle était partagée. Elégante certes, mais affreusement classique. Ennuyante presque. Mais au moins Harold Allen serait satisfait, il verrait ce soir une June charmante et représentant fièrement l’élégance britannique. Mais qu’il soit assuré qu’elle ne changerait pas de camp. Wentworth un jour, Wentworth, il était hors de question qu’elle se laisse amadouer par son exécrable idée de fiançailles. Par politesse elle se rendrait au dîner, mais surtout qu’il n’espère pas autre chose qu’un refus si jamais il venait à aborder ouvertement le sujet de potentielles épousailles. Car l’homme semblait avoir oublié d’intégrer une variable à son équation savamment construite : les Wentworth étaient une vieille famille certes, mais leur conservatisme était assez relatif. Et tous désespérés qu’ils étaient par l’entêtement de leur fille, ils respectaient cependant ses choix et n’avaient jusqu’alors jamais eu le cœur de lui imposer quoi que ce soit, surtout pas un mariage. Donc si pour ne pas le vexer elle n’avait pas décliné son invitation, que le chef de la famille Allen n’espère pas pouvoir faire d’elle un simple pion sur cet échiquier duquel il se prenait faussement pour le roi.

Fin prête elle descendit en bas de l’immeuble où une voiture l’attendait pour la mener jusqu’à la demeure des Allen. Durant le dîner –qui fut excellent au demeurant-, elle eut alors tout le loisir de faire plus ample connaissance avec Charlie… Quoiqu’en réalité le père du jeune homme monopolisât la parole pour louer les qualités d’un fils qu’il tentait de présenter à June comme le parti idéal. D’une famille fortunée, jouissant d’un statut socioprofessionnel assurément honorable, doté de manières tout à fait charmantes et par ailleurs d’un physique plutôt avantageux, Charlie semblait en effet dénué de défaut. Mais si la brunette n’hésiterait pas à dire qu’il ferait un excellent ami, vous vous doutez bien que jamais, ô grand jamais, elle n’aurait imaginé qu’il puisse se tisser entre eux une relation plus… intime, disons. D’autant qu’à en juger par une attitude que June trouva quelque peu renfrognée, quoi qu’il se montrait poli au possible, Charlie semblait, sur ce dernier point, être en parfait accord avec la jeune femme qu’Harold essayait assez peu subtilement de convaincre des bienfaits d’un mariage. Une chose était certaine, si elle venait à changer d’avis ce ne serait pas grâce à l’exposé savamment construit du vieil avocat.

Si par la discussion cette soirée ne présentait absolument aucun intérêt –assurément June aurait été plus enthousiaste si on avait évoqué une pièce de théâtre, ou le dernier livre de Colette !-, elle se révéla très intéressante si tant est qu’on observait, à la place des lèvres qui bougeaient sans cesse du paternel, les discrets jeux de regard auxquels s’adonnaient les deux autres protagonistes. Car ce soir ils étaient bien quatre autour de la table. Et le moins que l’on pouvait dire était que l’épouse d’Allen, une sublime blonde répondant au nom de Beth, semblait plus occupée à lancer des regards qui se voulaient discrets à son beau-fils qu’à écouter les dires de son mari. Tout comme le fils paraissait plus absorbé par la beauté de Beth que par les discours sans fin de son père. Pour que June aille jusqu’à remarquer ces petits détails, c’était qu’elle s’ennuyait réellement au plus haut point… Mais bien sûr elle ne le montra pas, opinant poliment de la tête et se gardant bien de soupirer.
L’heure tournait, les plats défilaient et elle était de plus en plus absorbée par l’étrange manège qui se jouait à côté d’elle, sous les yeux d’un époux et père qui n’y voyait visiblement que du feu, trop occupé qu’il était à s’écouter parler. Comme tout cela était intéressant… Comme Charlie et sa belle-mère formaient un singulier duo…

Finalement, après au moins deux longues heures, et alors que le dessert n’avait pas encore été servi, Harold Allen se leva, invitant d’un regard ferme sa belle épouse à l’imiter et déclara qu’il ne pouvait pas s’attarder plus longtemps, ayant une affaire à régler avec la loi, mais que les deux jeunes gens devraient en profiter pour faire plus ample connaissance. Une affaire à régler… Bien sûr ! Toujours était-il que cette excuse moyennement convaincante déclamée, le couple sortit de la salle pour laisser Charlie et June en tête à tête.

Une fois que la porte se fut refermée, June lança un large sourire à Charlie et entra directement dans le vif du sujet. Pourquoi s’embarrasser d’interminable banalité quand il y avait un sujet plus intéressant à traiter. « Vous couchez avec elle ? » Il lui arrivait certes de manquer de tact. Mais elle n’avait pas l’impression d’être particulièrement impolie, puisque la question lui paraissait justifiée. Elle rectifia cependant légèrement sa question devant l’air ahuri du jeune avocat. « Pardon. Je reformule : en supposant que ce ne soit pas déjà le cas, vous aimeriez qu'il se passe quelque chose entre vous et Beth, n'est-ce pas ? Parce que ça à l’air… » Elle laissa sa phrase en suspect, faisant à la place un drôle de geste censé traduire l’ambigüité qu’elle avait captée entre eux deux.
Le maître d’hôtel entra alors dans la pièce, deux assiettes à la main. Le dessert déposé devant elle, June prit un air dubitatif et oublia l’espace d’un instant la bien indiscrète question qu’elle venait de poser. Il manquait assurément quelque chose au met ! «  Vous voudriez me préparer de la chantilly pour aller avec ? Beaucoup de chantilly », lança-t-elle à l’employé qui, bien que dans un premier temps surpris, acquiesça et sortit aussitôt. Puis elle se tourna de nouveau vers Charlie qu’elle fixa avec un grand sourire, attendant une réponse de sa part, comme si elle lui avait simplement demandé l’heure qu’il était.

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MessageSujet: Re: Nous avons en tête une affaire || Charlie&June   Mar 17 Sep - 2:20

Le fameux jour J. Charlie ne voulait rien savoir sur ce fichu dîner, franchement pourquoi son père s’était mis en tête de vouloir forcément le caser. Certes, il avait 25 ans et à son âge on était marié la plus part du temps, mais quand même, ce n’était pas une raison pour devoir obligatoirement l’être. Sa vie lui plaisait comme elle était. Enfin, plaire était un bien grand mot, il avait toujours autant de colère en lui et attendait sa vengeance mais quand même, il était bien célibataire frivole qui était l’amant de sa belle-mère. Quoi de mieux sérieusement ? Il n’avait pas travaillé ce jour-là, son père voulant qu’il soit vraiment prêt pour le repas du soir, lui ordonnant d’arriver dans l’après-midi à la maison pour se préparer au mieux. Il était 14h, et il était encore chez lui, une serviette autour de sa taille, il cherchait à comprendre quoi dire ou quoi faire pour réussir à faire changer d’avis son père. Rien ne lui venait à l’esprit, il n’avait aucune raison de lui dire : je refuse ce mariage. Aucun argument valable que son père ne pourrait lui démonter aisément. C’était juste de la folie furieuse en réalité que de chercher à trouver un moyen de l’esquiver. « Je suis foutu. » Il s’allongea sur son lit en se passant la main sur le visage, soupirant grandement avant d’attraper le médaillon de sa mère. « Que dois-je faire ? Guide-moi… » Il semblait trop terre à terre pour croire à ça non ? Pourtant, il se disait que l’âme de sa mère veillait sur lui et le guidait par moment. Eudora l’avait bien retrouvé par miracle de Boston à New-York. Il soupira faiblement avant de sentir le vent s’engouffrer dans la pièce, les rideaux virevoltèrent alors qu’une plume se posa aux côtés du jeune homme. Une magnifique plume dorée. Il l’attrapa et la prit entre deux de ses doigts, l’observant. « Une plume ? Une plume ? Ça veut dire quoi ? Que je dois prendre ça avec légèreté ? » Il se redressa en soupirant, posant la plume sur son lit avant de s’en aller à la salle de bain, il devait encore se raser et réussir à se motiver pour s’habiller. C’était si énervant, avoir l’impression d’être le spectateur de sa propre vie alors qu’il espérait vraiment en avoir un monopole absolu pour ne plus se faire bouffer par cette homme qui ne lui avait jamais apporté rien de bon hormis les femmes de sa vie. « De la légèreté…. » Il avança vers sa salle de bain afin de parfaire son look. Rasé, puis habillé dans un costume clair beige, blanc et bleu, il se trouvait élégant. Emma lui avait dit de mettre quelque chose de clair et de coloré pour ne plus ressembler à un petit notaire presque croque-mort. Il portait souvent des costumes foncés, il fallait être sérieux dans son métier après tout, mais il avait envie de faire plaisir à sa petite sœur. Une fois prêt, il attrapa la plume et la posa dans la poche de sa veste avant d’enfiler un chapeau et de sortir de chez lui. Il avait pris le chemin vers la rue et aurait aimé marcher tranquillement jusqu’à chez son paternel, mais vu la chaleur, ce n’était pas vraiment sérieux, il n’allait pas vraiment être présentable après. Il arrêta alors un taxi et s’engouffra dedans rapidement. « Où va-t-on Monsieur ? » « 3106 Upper East Side. » « Oh les quartiers chics ! » « Comme vous dites. » « Vous semblez tendu. » « Vous le seriez aussi le jour où l’on vous passe la corde au cou. » « Ah les femmes, un véritable fléau pour les pauvres fous que nous sommes. » « Il n’y a pas que les femmes qui sont un fléau. » Il croisa ses bras et ses jambes, essayant de se fermer aux dialogues, mais visiblement son chauffeur était bien décidé à discuter. Il se contenta d’hocher la tête par moment sans vraiment répondre à ses questions ou s’étendre sur des débats inutiles. Il n’aimait pas vraiment les autos et restait stressé en étant dans l’une d’elle, malgré ça, le chemin se passa rapidement.

Il se retrouva devant la grande demeure et soupira longuement avant de le payer et de sortir du véhicule. Il eut à peine le temps de faire quelques pas qu’il se trouva avec un boulet de canon dans les bras. Sa sœur restait le rayon de soleil de sa vie. Il était vraiment son plus grand admirateur. Elle était encore jeune et naïve mais elle avait du caractère, comme sa mère et malgré son visage encore enfantin, elle devenait une ravissante jeune femme. Intelligente au possible, il en voulait souvent à son père de la freiner dans son génie. Elle était bien plus intelligente et perspicace qu’eux, il le savait et ne se sentait pas menacé, au contraire, il était incroyablement fier d’elle. « Charliiiiiiiiiiiiiiiie » Elle l’embrassa longuement sur la joue avant de laisser échapper un rire. « Ma princesse ! Tu es ravissante, on dirait que tu vas me quitter ! Oserais-tu ? » « Oui exactement, je m’en vais jusqu’à demain. » Il se sentit démuni lorsqu’elle lui annonça cela dans un grand sourire. « Comment cela ? » Il lui avait dit pourtant pour l’idée des fiançailles… comment pouvait-elle s’en aller ? « Père m’a bien fait comprendre qu’il ne voulait pas de moi ici ce soir… J’aurais aimé rester mais ce n’est pas la peine et du coup, tante Rose m’a proposé de passer le week-end dans le cottage de la campagne avec eux, c’est l’anniversaire du cousin James. » « Oh… » Le blondinet s’occupait peu de ce genre de chose et puis Rose n’était pas vraiment une femme qu’il portait dans son cœur. Elle était bien trop comme son frère, arriviste et ambitieuse. Malgré tout, il savait qu’Emma serait bien traitée là-bas et qu’elle passerait un bon moment. « Fais attention à toi, surtout avec l’alcool et le reste. » « Je te le promets et toi… ne te laisse pas faire, il n’a pas le droit de te forcer à épouser une inconnue… tu ne l’aimeras jamais, je le sais bien. » Elle s’accrocha au cou de son frère. « Père m’emmène, j’ai fait un caprice pour qu’il me conduise dans la nouvelle auto, tu auras du temps avec Beth ainsi. » Elle n’avait jamais cautionné leur relation, cependant, elle avait dû se faire une raison. Ils étaient presque heureux lorsqu’ils pouvaient être ensemble et tout ce qu’Emma voulait, c’était le bonheur de son ange-gardien. « Charlie, te voilà enfin ! » « Père. » Il afficha un sourire aussi beau que faux. « Emma était en train de me raconter pour son escapade. » « Ta tante m’a demandé si elle pouvait venir, je n’ai vu aucune raison de lui refuser ça ! et puis, maintenant que la famille vit non loin de New-York autant en profiter ! Je serais de retour dans une ou deux heures je suppose le temps du trajet de discuter un peu avec ma sœur. Beth est dans la bibliothèque en train de peindre me semble-t-il, quoi qu’il en soit, je serais de retour pour le dîner. » Emma embrassa une dernière fois son aîné avant de s’engouffrer dans la voiture à contrecœur. Elle aurait aimé le soutenir à ce moment-là, mais elle savait aussi que s’était justement la raison pour laquelle Harold l’éloignait de la maison.

Il se hâta de rejoindre la bibliothèque avec un petit sourire aux lèvres, ils avaient enfin du temps pour eux. Lorsqu’il entra, il la trouva plongé dans un livre. Elle avait un magnifique chignon, une robe en dentelle dorée longue qui lui donnait un air de Reine, surtout avec le serre-tête qu’elle avait en ornement dans ses longs cheveux blonds. « Quand je te vois ainsi, je me dis que les anges sont vraiment sur terre. » Elle ferma lentement son livre après avoir posé un marque-page en son sein. En s’avançant, il vit alors les larmes à son visage. Prêt à mettre un genou à terre afin de lui essuyer ses joues, il fut arrêté dans son geste lorsqu’elle se leva brusquement pour partir vers la fenêtre regardant au loin la voiture de son époux s’éloigner d’ici. « Tu arrives avec un sourire. Je me demande comment. » Charlie pencha sa tête sur le côté, la fixant. « Tu crois que ton père va te laisser le choix ? Que vous le vouliez ou non, les fiançailles se feront. » Il s’approcha d’elle. « Non arrête. Tu ne comprends pas ce que ça veut dire ? Il est temps d’arrêter. Ce soir, tu vas t’engager auprès d’une jeune femme, si tu restes dans l’ombre à mes côtés, ça voudra dire que tu ne vaux pas mieux que lui. Et je refuse que tu deviennes son reflet. » Elle croisa ses bras prise d’un frisson. Il s’approcha malgré tout et vint se coller dans son dos, l’enlaçant tendrement avant de nicher sa tête dans le coup de cette femme si magnifique. « Inspire lentement, puis expire. » Il resta calme contre elle, puis la tourna lentement vers lui avant d’essuyer les yeux de cette fleur qu’un abruti fanait trop souvent. « Ça ne va rien changer. » Il lui redressa doucement son visage, lui essuyant ses larmes avant de l’embrasser avec tendresse. Il avait beau se dire qu’il n’était pas amoureux d’elle, il avait besoin d’elle. « Fiançailles ou pas, ça ne changera pas ce qu’il y a entre nous, je sais que je serais sûrement un salaud, mais je ne m’éloignerai ni de toi ni d’Emma. Si tu veux qu’on arrête de coucher ensemble pour se donner bonne conscience, on le fera, mais tu sais comme moi que ça ne m’empêchera pas de te prendre dans mes bras et de te regarder avec admiration. Ca ne changera rien Beth. » Elle ne savait pas quoi répondre à ça et se contenta de s’installer dans ses bras. Il tendit la main et mit le gramophone en route. Ils dansèrent l’un contre l’autre durant un long moment sans forcément se parler. Le sexe ne faisait pas tout entre eux. Ils avaient juste besoin parfois de se voir, de s’embrasser, d’avoir un moment volé mais passionné.

L’heure du dîner arriva rapidement. Charlie faisait bonne figure en voyant June arriver. Elle était jolie et semblait déterminée mais tout de même, elle avait ce petit grain de folie qui brillait dans son regard. Son paternel était revenu à l’heure comme prévu et à son grand regret. Ils étaient tous élégants et semblaient sortir de la vitrine d’un magasin. Mais ce repas était lourd et ennuyeux au possible. Charlie n’arrivait pas vraiment en placer une tant son père monopolisait la discussion, parfois, il regardait June afin de lui adresser un regard désolé. Mais souvent, il échanger des regards avec Beth sous le nez de son paternel, qui, trop occupé à vendre son fils, ne voyait rien. C’était peut-être la seule chose qui l’empêchait de s’endormir ou de partir en claquant la porte. Parfois, il arrivait se glisser dans la conversation ou donnait des sourires à la demoiselle afin d’avoir une certaine connexion avec elle. Elle avait un côté captivant puisque son père semblait décidé à discuter avec elle et l’engager dans des blablas incessants. Il se disait aussi trop souvent que son père exagéré dans ses descriptions, il reconnaissait bien en lui l’avocat baratineur qui savait broder. Il était loin d’être un homme parfait et avait en horreur qu’on l’annonce comme tel. Pauvre June, elle allait surement finir déçue en comprenant qui il était réellement. Il avait eu maintes et maintes fois envie de lui dire d’arrêter de dire autant d’âneries. Mais c’était peine perdue et il le savait parfaitement.

Le temps fut incroyablement long, mais enfin, son paternel annonça le moment de se retirer, disant qu’il préférait prendre le dessert dans le petit salon. Charlie savait parfaitement ce qu’il manigançait. Il n’était pas fou. Ce qui le rendit triste fut de voir Beth le suivre comme un toutou qui suivait son maitre, il la gratifia d’un regard bienveillant avant de la laisser s’en aller. Il se tourna alors vers la jeune femme et lui offrit une nouvelle risette. Cependant, cette fausse légèreté s’en alla rapidement lorsqu’elle laissa tomber sa question assassine. Il fut incroyablement sous le choc, la fixant d’un air complètement abruti, comme un homme de cromagnon incapable de comprendre ce qu’on lui disait. Il se demandait en réalité si il avait bien entendu ce qu’elle venait de lui demander. La bouche ouverte comme un homme des bas-fonds sans bonne manière, il se reprit quelque peu lorsqu’elle reformula ses propos. Devait-il jouer cartes sur table ? Elle semblait honnête, mais comment croire qu’elle entendrait ce qu’il avait à dire sans aller le répéter ensuite ? Il jaugea la jeune femme sans rien dire, hochant la tête lorsque le domestique lui lança un regard pour savoir s’il devait effectivement ramener beaucoup de chantilly ou non. « Et le thé aussi Albert, merci. » Il se tut et tripota son assiette attendant que l’homme de couleur ne revienne avec tout ce qu’il fallait. Il n’avait pas envie de parler devant les employés. Ils avaient des langues qui pouvaient se délier. Une fois le thé et la chantilly entre eux, il posa sa cuillère, puis la fixa. « C’est plus compliqué que cela. Je pense que vous avez remarqué que mon père est un homme… compliqué et dur à vivre. Avec Beth, on se comprend et se complète même si ça paraît incompréhensible. Elle et Emma sont les femmes de ma vie. Et je ne laisserai personne détruite ça. » Il se leva impulsivement et marcha vers la fenêtre avant de se tourner vers elle. « Je vois bien que cette idée de mariage ne vous plaît pas. Pourtant vous êtes ici, pourquoi ? Par respect pour mon père ? Loyauté pour le vôtre ? Curiosité ? Envie de voir à quelle bête on voulait vous livrer ? Ou y’a-t-il autre chose ? » Il l’observait intensément. « Je tiens à Beth, je n’ai pas envie de mentir et d’être un enfoiré comme tous les autres, rien ne changera ce qui se passe entre nous. Cependant, j’aimerai que ça reste entre vous et moi. Ce n’est pas le moment qu’il comprenne. » En se livrant à demi-mot, il tentait de lui faire comprendre la vérité mais aussi d’instaurer un lien entre eux, un lien de confiance. C’était le meilleur moyen de la tester même s’il risquait gros. Il fallait l’avouer. « La franchise semble être votre qualité primaire. » Il s’installa à table avec elle. « Alors jouons cartes sur table. Vous avez découvert mon secret, quel est le vôtre ? » Il attrapa sa cuillère et entama son dessert. Il ne détachait pas son regard du sien afin de déceler chez elle des moments de faiblesse.

HRP : pardoooooooooooooooooooon c'est full long, j'me suis pas rendue compte sur le coup, j'étais trop inspirée.
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MessageSujet: Re: Nous avons en tête une affaire || Charlie&June   Sam 21 Sep - 22:15

Comme tout était meilleur avec de la chantilly ! Toujours attablée alors que Charlie s’était levé, June écoutait sans le regarder, très occupée à amener à sa bouche d’énormes cuillères de dessert, qu’elle voulait par ailleurs éviter de renverser sur sa robe. De sa relation avec Beth, le jeune homme faisait ressortir un lien profond, visiblement plus basé sur une compréhension et une entraide mutuelle que sur des sentiments amoureux. Cela lui semblait un peu étrange mais soit. Elle ne demanda pas plus de détails et se contenta d’acquiescer de la tête, au fond plutôt fière d’avoir deviné le gros de ce qui se passait. Car les faits étaient finalement très simples : Charlie et Beth couchaient ensemble et le pourquoi du comment n’intéressait que moyennement June.
Mais si ce soir il avait quelque peu manqué de prudence quant à son attitude face à sa belle-mère, Charlie avait eu la lucidité de comprendre que June n’était pas le genre de femme à s’emballer à l’idée d’un mariage arrangé. Ainsi elle ne fut pas étonnée qu’il lui demanda la raison réelle qui l’avait poussé à accepter l’invitation.
« Simple politesse. » Elle prit une cuillère de chantilly avant de reprendre avec un sourire amusé au coin des lèvres  « Mais je dois avouer que cette soirée m’aura un minimum divertie. » Car ce n’était pas tout les soirs qu’on était invité dans une famille où les membres entretenaient des relations interdites et cachées. Et cela aurait assurément de quoi créer un scandale dans la haute société new-yorkaise. Ce dont Charlie avait bien sûr conscience malgré sa volonté ferme de ne rien changer à sa relation avec Beth.
A l’entente de son désir de garder cela caché de son père, June leva les yeux vers lui tout en pointant sa cuillère dans sa direction. « Ne vous inquiétez, je me moque bien de ce que vous faites de vos nuits. » Certes un peu surprise mais au fond pas vraiment choquée, elle ne serait pas permis de condamner la conduite de Charlie alors qu’elle-même n’était pas une blanche colombe d’un point de vue de la morale. De plus, n’étant pas puritaine pour un sous lorsqu’il s’agissait des mœurs, les histoires de coucheries n’étaient pas celles qui lui posaient un problème. « Alors si un jour cela venait à se savoir, pensez-bien que je n’y serai pour rien. » Non. Il était certain que si Harold Allen venait à enterrer volontairement et successivement son épouse et son fils, June Wentworth n’aurait rien à voir avec cette histoire. « Tout de même, que vous risquez gros dans cette histoire… » Enfin… Cela ne la regardait pas directement. Cependant, au fur et à mesure qu’elle avait confirmation que Charlie aurait bien besoin de protéger ses arrières, une idée absolument lumineuse –de son point de vue du moins- était en pleine floraison dans son esprit drôlement tourné.

Quand il évoqua sa visible tendance à la franchise, elle haussa les épaules avec nonchalance. Peut-être, mais elle ne s’en rendait pas vraiment compte. En tout cas lui semblait ne pas tenir en place, car alors qu’il s’était à peine levé il venait se rasseoir. L’appel du sucre, jugea June ; une pointe de stress qui le rendait à l’état d’électron pouvait-on également supposer. Alors qu’elle venait de finir ce merveilleux dessert, la jeune femme leva subitement la tête en direction de son interlocuteur.
« Mon secret ? Pourquoi faudrait-il que j’ai un secret ? » Elle soutenue le regard de Charlie quelques secondes avant de détourner les yeux. Levant ses prunelles noisette au ciel, elle pesait intérieurement le pour et le contre du trop-plein de vérité. D’une part, après la lourde révélation qu’il avait été poussé à faire, il semblerait que Charlie mérite que face à lui la jeune femme fasse preuve de franchise. Et si elle venait à faire preuve d’honnêteté, elle était certaine que tout ce qu’elle dirait ne sortirait jamais de cette pièce. Compte tenu de ce qu’elle venait d’apprendre le concernant, le jeune Allen ne pourrait jamais se permettre d’ébruiter ce qu’il savait de peur qu’en représailles June en fasse de même. Elle ne pouvait donc pas se défiler en prétendant manquer de confiance en lui… Alors soit, le pour l’emportait et quand bien même la Wentworth n’avait en arrivant ici pas prévu de parler d’autre chose que de la pluie et du beau temps, elle se résolut à se laisser aller à la confidence.

Maintenant que Charlie avait regagné sa chaise elle se dirigea à son tour par la fenêtre. En voyant sa voiture garée en bas elle en vint d’ailleurs à penser qu’elle ne dirait pas non à une nouvelle… Une qu’elle ferait repeindre en bordeaux. Ou peut-être en vert émeraude. Mais elle chassa promptement cette pensée de son esprit et revint à la discussion.
« Je n’aime pas la compagnie des hommes. » C’était très direct et manquait quelque peu de précision. Car si on la prenait au mot on aurait pensé que plutôt que de rester plus longtemps dans la même pièce que Charlie, June aurait préféré se défenestrer. Simple erreur de sémantique. Car ce n’était pas leur compagnie qui la dérangeait -au contraire, elle était très sociable et parmi ses amis les plus proches on trouvait des individus dont la virilité n’était pas à prouvé-  il se trouvait simplement qu’ils ne les attiraient pas d’un point de vue autre qu’amical. Elle tenta donc de préciser la chose, accompagnant ses mots de grands gestes un brin théâtraux. « En privé, je veux dire. » Oulà. Il lui semblait qu’elle n’était pas beaucoup plus compréhensible. Elle prit donc une profonde inspiration et débita d’un coup une phrase qui se voulait cette fois concise et tout à fait limpide. « Si je ne suis toujours pas mariée c’est que je n’aime pas les hommes. »
Voilà qui avait le mérite d’être enfin clair. Tous les détails de sa vie amoureuse n’étaient pas révélés mais il s’agissait déjà d’un grand aveu. Car si June n’avait jamais fait attention aux regards longs et insistants qu’elle portait parfois en direction de demoiselle, elle n’avait évidemment jamais avoué ouvertement qu’aucun homme ne trouvait grâce à ses yeux non pas à cause de ses exigences trop nombreuses, mais plutôt car à ces messieurs elle préférait les charmantes représentantes du beau sexe. Il y avait certes eu à son propos quelques rumeurs –qu’il fallait avouer bien fondées- mais la bienséance finissait toujours par les balayer de façon à ce qu’on ne voit en elle qu’une bourgeoise écervelée, qui était plus occupée par la recherche de la parfaite paire de chaussures que par celle du mari idéal. Qu’on la voit avec horreur, pitié ou amusement, June Wentworth n’était plus que cette drôle de femme qui, aussi étrange était-elle, était au moins respectable pour la place de choix qu’elle s’était taillée sur mesure dans la vie culturelle de la ville. Par ses critiques glorifiantes ou assassines, elle savait faire oublier ses prétendues frasques. Heureusement. Sinon le père Allen ne l’aurait très certainement pas fait venir ce soir.
La brunette arborait désormais un immense sourire satisfait et claqua dans ses mains pour exprimer son contentement. Tout se goupillait à merveille.
« Mais dans le cas présent ça tombe très bien, n’est ce pas » Simple quelque rhétorique à laquelle elle ne laissa pas à Charlie le temps de répondre. « Je dirais même que c’est excellent. Tout est excellent. Vous, Beth, moi et quiconque ait mes faveurs : parfait. Rien ne pourrait être plus parfait... Alors fiançons-nous ! » Cette dernière exclamation avait été prononcée sur un air tout à fait naturel. Si bien qu’il était difficile de ne pas croire à la sincérité de June. La jeune femme avait radicalement changé d’opinion par rapport au début de soirée : cette idée de mariage n’était pas mauvaise. Il suffisait de voir dans cette affaire tout le bénéfice que les deux intéressés pourraient tirer…

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MessageSujet: Re: Nous avons en tête une affaire || Charlie&June   Mer 16 Oct - 13:41

« Dire que je risque gros est un parfait euphémisme je pense. » Il savait que son père ne le louperait pas, ni lui ni Beth d’ailleurs et qu’il s’en prendrait sûrement à Emma d’avoir caché cette relation interdite. Souvent, Charlie se demandait : Et si elle tombe enceinte ? Il prenait ses précautions, mais comment être sûr à 100% que ça n’avait pas pris ? Beth n’était pas vieille, elle pouvait encore enfanter. Serait-il capable de laisser son possible enfant à son père et en faire un autre malheureux ? Se battrait-il pour eux ? Et en même temps, il avait peur de croire que l’enfant soit de lui pour finalement se rendre compte que son père était le seul géniteur. Trop compliqué pour lui qui maintenant devait apprendre à gérer une fiancée. Quoi qu’en un sens, il se demandait si ça allait vraiment se faire. June semblait décidée à garder sa liberté. Sa nonchalance était assez amusante. Elle ressemblait à une plume élégante se laissant porter par le vent. Imperceptible, sublime, intemporelle. Elle avalait goulûment sa chantilly, la voir faire était assez divertissant. Il avait rarement vu des jeunes femmes se comporter ainsi. Lui qui n’avait jamais côtoyé que le raffinement. Il suffisait de voir Beth dans toute sa splendeur ou encore Emma. Bien que sa sœur soit un tantinet naïve, bohème et un peu hors catégorie, elle restait une parfaite petite femme. Elle n’avait pas le choix avec Harold dans les parages. Charlie espérait juste pouvoir la sortir de là à temps. Avant qu’un mariage immonde ne s’abatte sur elle, avant que ça ne dégénère, avant qu’Emma ne soit plus Emma. Il remarqua alors le changement d’humeur de la jeune femme. Le mot « secret » semblait la faire changer. Comme une abeille prise au piège, June semblait entrer en combat avec elle-même. Intrigué, Charlie continuait de la regarder tout en dégustant son dessert, se demandant ce que son père pouvait bien faire avec Beth. Sûrement fumer un cigare et boire du whisky tout en lisant un journal pendant qu’elle fixerait les flammes de la cheminée une tasse de thé à la main. Il ne pouvait s’empêcher de penser à elle. Jouant avec la crème chantilly, il tripotait aussi la tasse posée à ses côtés, cherchant quoi dire. Il se disait que June devait bien cacher quelque chose pour laisser un tel silence peser dans la maison tout d’un coup.

Las, il allait pousser un soupir afin de la faire réagir mais elle se leva à son tour, prenant alors la place du jeune homme, la fenêtre semblait devenir une confidente attirée. Charlie repoussa son assiette à moitié entamée, croisa ses bras sur son torse tout en se tournant légèrement vers elle. Il devait l’écouter comme elle venait de le faire avec lui à l’instant, peu importe ce qui allait être dit. La jeune femme semblait fixer un point dehors, point que Charlie tenta de voir sans succès avant de se résigner lorsqu’elle lâcha cette bombe. Ne pas apprécier la compagnie des hommes ? De la gente masculine ou de l’homme en général ? Il ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Perplexe, il ouvrit la bouche voulant demander des explications mais Miss Wentworth reprit la parole, ce qui n’éclaira pas vraiment la chandelle de l’avocat. En fait si. Il croyait avoir compris, mais il n’était pas sûr de devoir le dire à voix haute. Il comprenait mieux l’attitude de June maintenant. Elle agissait comme étant l’égal d’un homme, elle aimait les mêmes choses que les hommes… il n’avait encore jamais rencontré de jeunes femmes comme elle. En réalité, il était intrigué et la trouvait courageuse pour ça. Il n’avait aucun mérite, il était tombé sous le charme d’une belle-femme et vivre avec Beth n’avait rien arrangé à la situation. Il avait choisi de poursuivre ça. Mais June avait-elle vraiment le choix ? Il n’en avait pas l’impression pour être honnête. Enfin, elle avoua tout franchement, sans demi-mot, sans demi-mesure. Se mordant la lèvre, Il hochait sa tête avec lenteur avant de faire une petite moue et de pousser un léger soupir. « C’est clair au moins. » Quoi penser ? Hormis que ce n’était pas naturel ? Un homme et une femme devaient être ensemble, deux femmes et deux hommes ensemble, c’était étrange. Mais qui était-il pour juger ? June était sûrement plus humaine et censée que lui malgré ce penchant étrange pour le beau sexe de Venus. Ils n’avaient rien en commun. Ils n’étaient pas faits de prime abord pour avoir une quelconque relation, mais alors qu’il se disait que peut-être, ils pourraient s’aider, June semblait retrouver de l’énergie. Elle claqua ses mains avec aplomb avant d’afficher un sourire radieux. Elle semblait avoir une idée en tête ce qui n’échappa pas au jeune avocat. Se levant à son tour pour aller se servir un whisky, il manqua de s’étouffer avec sa gorgée d’alcool lorsqu’elle proposa les fiançailles.

« Pardon ? » Toussant, il posa son poing devant ses lèvres par politesse avant de la fixer longuement. « Vous êtes réellement un étrange personnage. » Vérité plus qu’un compliment. Il essuya le coin de sa bouche et laissa le liquide ambré couler dans sa gorge à vitesse grand V, vidant le verre cul-sec. « Se fiancer ? Sérieusement ? » Se posant contre un meuble, Charlie l’arrêta d’une main lorsqu’il comprit qu’elle allait parler à nouveau. Il avait besoin de réfléchir trente secondes. Tout cela ne devait pas être pris à la légère, au contraire. Aussi intrigante soit-elle, June proposait, malgré tout, des fiançailles qui finirait sur un mariage. Seraient-ils heureux d’être marié l’un à l’autre honnêtement ? Après cela, il n’aurait plus vraiment le choix. « D’un côté… c’est vrai que c’est une bonne idée, sachant votre… ton secret et le mien, on ne pourrait rêver mieux. » Il l’avait tutoyé, même s’ils n’étaient pas encore intimes, leur relation venait de prendre un nouveau virage. Confidence pour confidence, ils devenaient des collègues montant un plan afin de rentrer dans un moule préfabriqué tout en restant eux-mêmes. « De l’autre je me dis qu’on aura des devoirs malgré tout. Je n’ai pas… d’appréhension pour les femmes. Tout le monde sait que je les aime. Jouer la comédie en étant à tes côtés, ça sera simple. La plupart des couples mariés font ainsi. Mais toi ? Tu sauras ? Tu sauras me tenir par le bras ? Me regarder comme si j’avais un peu de valeur ? Le jour du mariage, je pourrais t’embrasser pour que tout reste crédible ? Et vivre ensemble, tu y as pensé ? Car ça arrivera…. Dans moins d’un an, on devra affronter tout ça et après on subira une pression pour leurs donner un héritier. Héritier qui ne viendra jamais et qu’on devra justifier. » Certes, leur arrangement pouvait être sacrément avantageux, mais il y avait pleins d’à côté à penser, en bon avocat, Charlie les voyait. « Je ne trahirais jamais ton secret, encore plus si tu deviens ma femme, on restera nous-mêmes en un sens et on sera plus heureux qu’en devant aussi se cacher de nos conjoints possibles. » La porte s’ouvrit rapidement sur Papa Allen, Charlie n’avait pas vraiment eu l’occasion d’entendre la réponse de la belle brune à tout ce qu’il avait dit lorsque son père entra dans la pièce suivit de Beth. « Alors ? » Une voix glaciale, un ton autoritaire, un regard assassin. Charlie eut un petit sourire en regardant son géniteur. « Nous allons nous fiancer. » Il aurait le temps de voir les détails plus tard avec June. Elle avait raison, il devait saisir l’occasion. Il ne put s’empêcher de regarder Beth et de voir son regard plein d’incompréhension, de douleur, de colère. Harold leva ses bras en l’air, victorieux. « Parfait ! CHAMPAGNE ! » Il fallait fêter ça. Charlie s’approcha d’eux, son père lui frappa le dos, geste qui se boulait amical mais qui était plutôt brutal avant d’aller se chercher un cigare dans la pièce voisine. Rapidement, Charlie s’approcha de Beth pour lui murmurer à l’oreille un simple : « ne t’inquiète pas, tout va bien. », avant de retourner aux côtés de June. Ils allaient devoir se serrer les coudes maintenant.
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MessageSujet: Re: Nous avons en tête une affaire || Charlie&June   Jeu 31 Oct - 22:19

Après avoir avoué de façon un peu brutale son attirance pour le beau sexe, June ne su si le silence de quelques secondes qui suivit cet aveu signifiait que le cœur de Charlie s'était arrêté sous le choc ou que cela faisait office de calme avant la tempête. Mais à son plus grand soulagement, le jeune homme n'était pas mort tout comme il ne fit preuve d'aucune réaction excessive. Au contraire, son sang-froid la surprit agréablement. Ni rejet brutal ni insulte, le calme de l'avocat contrastait avec les épanchements de méchanceté dont le commun des mortels pouvait faire preuve lorsqu’ils apprenaient que le saphisme n'était pas qu'un mythe.
Entendant suite à cette révélation la proposition saugrenue de June, Charlie dissimula cependant assez mal sa surprise. Cela faisait peut-être beaucoup pour une même soirée... Quoique, du point de vue de la jeune femme, tout était parfaitement dans l'ordre des choses.
« Je suis peut-être étrange mais ma proposition est quant à elle très sérieuse. » Comme Charlie s'en rendait rapidement compte, un simulacre d'union pourrait aller dans l'intérêt de chacun.

« Jouer la comédie, c’est ce qu’on fait déjà tous les jours en société. » Elle hocha les épaules avec nonchalance. Accepter un rapide baiser pour satisfaire le public, se tenir par le bras et ne pas faire les yeux doux à d'autres en sa présence, cela paraissait tout à faire réalisable. Et concernant les autres femmes que Charlie fréquenterait à coup sûr, elle s'en moquait bien. Après tout, elle lui souhaitait bien d'être heureux, même si cela impliquait des amourettes de passages ou encore des passions d'une nuit. Elle se leva, fit le tour de sa chaise afin de venir s'accouder sur le dossier de celle-ci.  « Pour le reste, ce ne sont que des détails. Nous les réglerons le moment venu. » D'un large geste de la main elle fit comprendre que tout cela n'avait pour le moment pas d'importance. Lieu de vie commun, excuse concernant les enfants, les choses seraient faciles à régler pourvu qu'ils ne rechignent pas à dialoguer. D'autant que Charlie semblait une personne qui ne s'arrêtait jamais de réfléchir ce qui rendrait la tâche encore plus facile. Et de toute manière la question n'était aujourd'hui pas là. Il s'agissait simplement d'en venir à cette conclusion commune : le mariage avait du bon pourvu que le conjoint se révèle aussi factice qu'arrangeant.
« Parfait, la chose est donc conve... » Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que la porte s'ouvrit sur Allen qui revenait dans la pièce avec une impatience palpable. Le premier réflexe de June fut de se redresser afin d'arborer une attitude plus convenable. Si en la seule compagnie de Charlie elle s'était laissé aller à une naturelle déconvenue, la présence du père de famille lui intima de prendre sur elle et d'adopter un comportement qui seyait mieux à une fille de bonne famille. Bien évidemment curieux, Harold ne tarda pas à s’enquérir de ce qui venait de se passer. Presque instantanément Charlie lui fit part de cette nouvelle pour le moins impromptue et appuyée par June. « Votre fils a su faire honneur à vos qualités d'orateur et m'a bien vite convaincue » Évidemment il n'y avait dans ce qu'elle disait pas un gramme de vérité, mais l'homme était de toute évidence de ceux qui aimaient à être brossé dans le sens du poil. D'autant plus lorsqu'on allait entrer dans sa famille, mieux valait avoir le père Allen dans sa poche. Ajoutez à une petite fortune apportée sur un plateau d'argent quelques flatteries et le tour était joué. Le coup fut immédiatement marqué par un sourire carnassier de contentement, un tape un peu brutale sur l’épaule de son fils puis une bouteille de champagne que le vorace avocat alla dans la foulée chercher.
Alors que Charlie revenait à ses côtés après s’être attardé quelques secondes auprès de Beth, un instant le regard de June croisa celui glacial de la sublime blonde. Une lionne prête à sauter sur sa proie n’aurait pas été plus imposante…  Tout doux le fauve, attendez donc que l’affaire vous ait été contée avant de vous mettre en chasse ! Mais bien vite la jeune femme détourna les yeux et en revint à la coupe de champagne qu'on lui tendait. Siroter un peu de ce doux breuvage valait mieux que de s’attarder sur cette maîtresse à qui l’amant aurait une explication à donner.

**********
Trois semaines plus tard.

« J’veux pas y aller… » La tête dans l’oreiller, elle grommela cette enfantine protestation à sa femme de chambre qui tant bien que mal tentait de la faire se lever. « Mademoiselle, si vous ne vous préparez pas vous serez en retard. » June ne bougea pas d’un pouce, toujours allongée face contre lit. « Tant pis, j’irais pas. » Ne sachant pas quoi faire mais bien au courant que cette soirée était pour sa drôle d’employeuse plus qu’importante, Mary était au bord des larmes devant son entêtement. « Je… Et si je vous prépare des œufs brouillés avant de partir, vous iriez peut-être ? » Ah. L’appât ultime. Silence de quelques instants, puis une tête qui se tourna légèrement jusqu’à rendre une figure visible. « Peut-être. Mais seulement s’il y a des champignons. » Sans plus attendre la femme de chambre sortit en courant de la chambre alors que la jeune femme se relevait péniblement. Une fois debout face à son miroir, elle soupira longuement, tout autant peu motivée par cette soirée que désespérée à l'idée de devoir quitter son confortable peignoir. Mais une annonce de fiançailles supposait la présence des deux partis... Finalement décidée à ne pas poser un monumental lapin à Charlie, elle entreprit donc de se préparer, avec cependant toute la mauvaise volonté du monde.
Enfilée la longue robe de soirée aux tons rouges créée pour l'occasion, coincées les éternelles plumes dans un bandeau doré, avalés les œufs et accompagnés d'un verre de vin et elle sortit de chez elle non sans traîner les pieds.

Mais plutôt que de se rendre directement chez les Allen -là où il avait été convenu qu'aurait lieu la soirée-, elle demanda à son chauffeur de la déposer sur la Cinquième avenue. Là, elle monta pour la première fois dans l'immeuble où vivait celui avec qui, d'ici une petite heure, elle annoncerait qu'elle était fiancée. Et elle n’avait jamais mis les pieds chez lui… La situation, somme toute aussi sérieuse que ridicule, imposait véritablement cette petite répétition générale. La porte s'ouvrit sur le jeune homme qu’elle le salua d'un simple mais néanmoins communicatif sourire. Sans grande gêne et attendant à peine qu’il l’ait invitée à le faire elle entra. « C’est donc là que le mystérieux Charlie Allen vit ? » L’air septique, elle fit un tour sur elle-même afin de scruter les petits détails de ce salon somme tout bien arrangé. « J’aime assez ! » Tous deux avaient bon goût : c’était un bon point. Et, après trois semaines accaparées par les préparatifs de cette soirée que les deux familles avaient insisté pour organiser sans plus attendre, il s’agissait sans doute de la chose qu’ils étaient à peu près certain d’avoir en commun. A dire vrai, ils ne se connaissaient aujourd'hui pas beaucoup mieux que lors de ce dîner qui les avait liés.

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MessageSujet: Re: Nous avons en tête une affaire || Charlie&June   Jeu 21 Nov - 21:30

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Nous avons en tête une affaire || Charlie&June

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