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 Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne

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Statut : Il est persuadé qu'il a été marié, mais personne n'est venu le réclamer, il se considère donc comme célibataire, d'autant plus qu'il se souvient pas de sa femme.
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MessageSujet: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Dim 8 Sep - 22:24

Louise & Charles
correspondance


Voici la première, deuxième ? correspondance entre Charles E. Duval et Louise V. Delancastre. Charles commencera la correspondance. À la fin de celle-ci, n'oubliez pas de contacter un administrateur pour qu'il l'archive. À présent, il est temps de laisser la parole au créateur de la correspondance : Charles et Louise sont frère et soeur. Mais Charles et amnésique et Louise n'a pas reconnu son frère qu'elle n'a pas vu depuis 10 ans, et croit mort pendant la guerre. Charles est ouvreur au théâtre dans lequel joue Louise, et est fou amoureux d'elle.



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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Dim 8 Sep - 22:49

Louise & Charles
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne



Louise,

J'aimerais avoir l'audace, douce, chérie, et magnifique Louise, de cesser de poser mes yeux sur toi, soir après soir, quand élégante, époustouflante, tu frôles la scène, caresse mon coeur. Ou du moins, j'aimerais, à défaut de me déclarer, lâchement, timidement, dans une lettre, qui restera, je le crains, anonyme, pouvoir vous parler, vous entendre rire à mes propos, rougir sous mes compliments. Vous les méritez tous. Mes plus beaux vers, mes plus douces strophes. Mais rien ne me vient, et votre air tendre me coupe le souffle. Vous me faites perdre ma plume, ma langue, à mesure que vous soufflez sur mon coeur. Je ne veux point paraître pressent, dérangée, je ne suis qu'admiratif et émue de tant de grâce et de beauté. Je ne veux que vous connaître, derrière vos attraits théâtraux si précieux. Je ne saurais tolérer de vous avoir effrayer, et d'avoir ponctué votre coeur d'une quelconque tristesse ou terreur. Je ne suis qu'un amant du théâtre, un partisan de la poésie, à admirateur de vos talents. Terrifié de vous déplaire, de vous décevoir, de vous faire horreur, je ne m'ose aux grands éclats de coeur. Vous devrez pour ce soir, vous contentez de mes plus belles pensées, de ma plus fervente admiration, et des mots d'un autre, plus sublime que ceux de n'importe qui. J'ose espérer que vous les reconnaîtrez.

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une mains fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! Trop tard ! jamais peut être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô tois que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Votre très distingué, celui pour qui vous êtes tout.
E.




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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Mar 10 Sep - 1:05

Louise & Charles
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne



Mon cher E.,
J’aimerais pouvoir vous répondre avec autant de poésie et de talent que votre plume a su délivrer dans votre lettre ô combien inattendue mais je ne crains de pouvoir être seulement à la hauteur de votre talent pour construire d’aussi belles phrases. Je vais donc tenter de vous répondre avec la grande honnêteté en espérant de ne pas vous offenser devant ma pâle missive qui ne saurait égaler la qualité de votre prose. Je ne sais comment dire à quel point votre passion à mon égard a provoqué en moi une joie et satisfaction des plus inavouables que je n’avais encore jamais eu l’occasion de recevoir de la part d’un admirateur, aussi anonyme soit-il. Votre lettre me pousse à croire que ma passion pour la scène n’est pas seulement une pauvre utopie qui m’habite depuis ma plus tendre enfance et dès lors, savoir que son travail est apprécié et salué est pour un artiste la plus belle des récompenses. C’est donc pour cette raison que j’aimerais, cher anonyme, vous remercier pour ces tendres mots et ces quelques vers si joliment cités. Votre amour pour Charles Baudelaire, auteur qui a toute mon affection et admiration, ne peut que me flatter une fois encore bien que je doute mériter autant d’attention de votre part. Je finirais cette lettre en disant simplement, cher E., qu’autant de secrets et de mystère autour de votre identité ne peuvent qu’attiser mon imagination et j’espère que vous me pardonnez autant de curiosité de ma part.

En espérant vous voir à l’une de mes représentations,
Louise.

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
A la très-belle, à la très-bonne, à la très-chère,
Dont le regard divin t'a soudain refleuri ?

- Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité ;
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges,
Et son oeil nous revêt d'un habit de clarté.

Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau.

Parfois il parle et dit : " Je suis belle, et j'ordonne
Que pour l'amour de moi vous n'aimiez que le Beau ;
Je suis l'Ange gardien, la Muse et la Madone. "





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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Mar 10 Sep - 15:39

Louise & Charles
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne



My Dearest Louise,

Vous n'imaginez pas l'effet qu'on pu faire vos quelques mots sur mon cœur brûlant d'ennui. Je n'oserais vous dire depuis combien de temps je vous admire, depuis combien de temps je vous observe finement dans l'ombre d'un rideau rouge, admirant chaque geste, chaque mouvement de lèvre, chaque son si juste qui sorte de votre bouche donnant vie à la perfection aux personnages.
Je suis désolé, mes mots me brûlent les doigts autant qu'ils éclairent mon coeur, je ne saurais tolérer, de vous apparaître comme un fou, un extravagant, quelqu'un qui puisse vous faire peur. Oui je ne peux m'empêcher de vous voir jouer, de vous détailler, de vous aimer, mais jamais je ne saurais vous faire du tord, ou ne serrait laisser quelqu'un en faire le dessein. Peut être est-ce déjà comme ça que vous ressentez mes lettres, mais dans le cas contraire, je souhaitais m'en assurer. Je mourrais si vous me détestiez.
Il me semble que vous pouvez, à votre aise, dormir sur vos deux oreilles. Le théâtre est ce qui vous va à merveille. Vous étouffez l'ombre de mon âme avec vos mots si bien joué. Vous donnez un sens à mon avenir privé de passé.
Attiser votre imagination n'était pas mon but premier, je suis je le crains, trop timide, ou trop amoureux, pour savoir me dévoiler, sans perdre ma contenance, je vous décevrais, comme une coquille vide embelli par les mots. Mais dites, qu'imaginez vous ? Peut être me percez=-vous déjà si bien à jour.
Vous avez reconnu ! Et vous le citez superbement. Vous glissez mon coeur dans des abîmes de contentement, je n'ai jamais su résister à ses doux vers. Le citez-vous de mémoire ? Non que le faite d'être aller chercher dans le texte, ne soit un crime. Je ne vous en admirerais que plus si vous le connaissiez par coeur, je ne vous aimerais pas moi au fait contraire.
Le poème qui suit est pour vous, vous ne serez mieux briller que par ses vers, et vous ne devrez avoir honte de leur justesse.

Viens-tu du ciel profond ou sors- tu de l'abîme,
Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.
Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.
Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.
Tu marches sur des mots, Beauté, dont tu te moques ;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.
L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : bénissons ce flambeau !
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.
Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?
De Satan ou de Dieux, qu'importe ? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! -
L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?


Votre très distingué, celui pour qui vous êtes tout.
E.




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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Mar 10 Sep - 17:08

Louise & Charles
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Mon cher E.,
Vos flatteries ne pourraient être acceptées avec plus d’entrain et de bonheur, même si une fois encore je doute mériter d’être l’objet de votre plume ô combien des plus poétiques. Je ne puis vous voir comme un homme dangereux tant vos mots reflètent l’âme d’un amoureux solitaire épris de sa muse. Aussi flattée que je puisse l’être, je ne puis m’empêcher de voir en vous qu’un poète éperdu ayant été frappé par la beauté et l’innocence d’une jeune artiste française en devenir que je suis. La description que vous faite de vous-même ne fait qu’attiser encore plus ma curiosité insatiable qui me caractérise tant auprès de mes relations, veuillez une fois de plus m’en pardonner. J’aimerais ensuite vous contredire en affirmant avec détermination que la timidité que vous décrivez ne pourrait qu’être balayée par votre éloquence et vos vers si joliment composés ou empruntés à notre cher Baudelaire. C’est ainsi sans prétention de ma part que je déclarerai connaitre à la perfection la littérature française grâce à la chance que j’ai eue de recevoir une éducation des plus correctes. Mes connaissances baudelairiennes, bien qu’anciennes, sont ainsi suffisamment grandes pour que je puisse en reconnaitre les vers et réciter moi-même quelques poèmes de sa confection restés dans ma mémoire (que serait d’ailleurs un acteur sans mémoire ?). Laissez-moi terminer cette lettre en disant simplement que le poème que vous m’avez adressé n’est d’autre qu’un de mes favoris, m'ayant d'ailleurs fait revenir ce-dernier en mémoire.

Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles!

Sincerly yours,
Louise.




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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Mer 11 Sep - 8:24

Louise & Charles
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My Dearest Louise,

Sachez ma très chère que votre doute ne vous rend que plus excise. A mes yeux les femmes qui se savent trop belle, et sublime ne trouve guère d'attrait. Mais vous êtes différente, vous avez une pureté noble dans le regard, une grâce infini dans vos bras, vous êtes la seule, qui part delà le rideau de théâtre, par delà le bruit assourdissant de la rue, a su éblouir mes yeux, renverser mon coeur.
Est-ce mal d'avoir été frappé par vos attraits les plus évidents ? Je ne saurais vous dire si je suis poète, si je l'ai été, si je le saurais, mon goût pour les rimes n'est plus à prouver, mais je n'ai guère le talent des plus grandes plumes.
Qu'ai-je à vous pardonner tendre Louise, d'être humaine ? Ca ne vous rend pas moins divine. Et je suis désolé de ne pas pouvoir accéder à vos moindre désirs, mais demandez, peut être aurais-je le courage de répondre à certaine de vos interrogations. Pour ma part, j'ai l'impression de vous connaître depuis mille ans, sans avoir jamais effleuré votre vie. Vous êtes un mystère pâle et brillant, que je reconnais sans connaître.
Vous êtes douce et charmante, mais mon éloquence se fânera bien vite dès que mes yeux croiseront votre regard. Il n'y aura que ma mémoire pour venir me sous-tenir, et bien que les poèmes de Baudelaire soit parfait, je doutes qu'il puisse vous comblez toute entière. Je le crains. Je ne suis pas lui. Votre mémoire vous fait honneur, et ne fait que sublimer vos attraits. Vous choisissez les poèmes comme si vous lisiez dans mon âme. Peut être est-ce parce que je suis déjà entièrement votre. J'avais prévu de vous offrir celui que vous m'écrivez, tant il est parfait pour votre teint. Votre beauté. Je vous répondrais par un poème sublime, à l'égale de votre beauté. Ne pensez pas que ma mémoire me fait défaut que j'ai oublié quelques verres. Baudelaire à beaucoup de charmes, mais aime de manière violente. Je ne saurais vous brusquez avec d'aussi dur mot, que vous connaissez probablement.

Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse,
Un autel souterrain au fond de ma détresse,
Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur,
Loin du désir mondain et du regard moqueur,
Une niche, d'azur, et do'r tout émaillée,
Où tu te dresseras, Statue émerveillée.
Avec mes Vers polis, treillis d'un pur métal
Savamment constellé de rimes de cristal,
je ferai pour ta tête une énorme Couronne ;
Et dans ma Jalousie, ô mortelle Madone,
Je saurais te tailler un Manteau, de façon
Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon,
Qui,  comme une guérite, enfermera tes charmes ;
Non de Perles brodée mais de toutes mes Larmes !
Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant,
Onduleux, mon désir qui monte et qui descend,
Aux pointes se balance, aux vallons se repose,
Et revêt d'un baiser tout ton corps blanc et rose.
Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers
De satin, par tes pieds divins humiliés,
Qui, les emprisonnant dans une molle étreinte,
Comme un moule fidèle en garderont l'empreinte.
Si je ne puis, malgré tout mon art diligent,
Pour Marchepied tailler une Lune d'argent,
Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles
Sous tes talons, afin que tu foules et railles,
Reine victorieuse et féconde en rachats,
Ce monstre tout gonflé de haine et de crachats.
Tu verras mes Pensers, rangés comme les Cierges
Devant l'autel fleuri de la Reine des Vierges,
Etoilant de reflets le plafond peint en bleu,
Te regarder toujours avec des yeux de feu ;
Et comme tout en moi te chérit et t'admire,
Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe,
Et sans cesse ver toi, sommet blanc et neigeux,
En Vapeurs montera mon Esprit orageux.  


Votre très distingué, celui pour qui vous êtes tout.
E.




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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Jeu 12 Sep - 2:12

Louise & Charles
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Mon cher E.,
Je ne saurais comment répondre une fois de plus à tant d’exquises flatteries de votre part. Sachez que votre trouble et votre admiration à mon égard ne font que me rendre encore plus médusée bien que je reçoive tous vos compliments comme un cadeau tombé du ciel, concédé par un ange qui ne saurait me dire de plus belles paroles que vous ne le faites. C’est maintenant à mon tour de vous faire un éloge de votre talent certain pour l’écriture. Votre prose se rapproche à mes yeux à celle de grands écrivains français que j’ai adoré lire pendant toute mon enfance et c’est pour cette raison que j’aimerais vous remerciez. Vous ne pouvez pas vous imaginez à quel point vous me ravissez en vous exprimant dans un français aussi maîtrisé. Est-ce de là que vous tirez votre origine ? Avez-vous déjà eu la chance de visiter mon pays natal ? Peut-être que mon visage vous rappelle simplement celui d’une personne de votre passé qui vous a touchée, je n’en saurais qu’encore plus flattée de vous rappeler une de vos douces connaissances. Une fois encore, j’aimerais vous ôtez d’un poids. Je doute certainement que je puisse vous rendre dans l’incapacité de vous exprimer ou de citer les merveilleux vers de notre cher Baudelaire. Je ne vous perçois point comme une pâle copie de cet auteur aussi talentueux, votre plume et ces quelques lettres me suffisent, je crois, d’avoir un aperçu de l’étendue de votre maîtrise des mots. Je suis ravie de voir que le poème que je vous ai cité de mémoire vous fasse autant d’effet que sur moi. J’avais jadis l’habitude de le réciter à tue-tête au point d’exaspérer mes pauvres parents qui ne savaient comment me faire taire ! J’en suis d’autant plus touchée que ce poème n’est d’autre que mon premier amour et mon inspiration première en matière lyrique. Vous choisissez toujours les poèmes avec goût, ce qui, je l’avoue, me déstabilise encore plus. Je ne voudrais certainement point vous froissez en ne concluant point cette lettre avec quelques vers, mais je crains tout simplement ne pas avoir autant de talent et de passion que vous pour pouvoir citer Baudelaire aussi justement. Je préfère ainsi me taire et apprécier sa poésie dans vos missives.

Sincerely yours,
Louise.




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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Jeu 12 Sep - 21:55

Louise & Charles
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My Dearest Louise,

Je suis désolé de vous causer autant de trouble. Entendez bien que ce n'était pas là mon objectif. J'estimais seulement que des sentiments aussi beau ne pouvait demeurer muet, que des qualités aussi belle ne pouvait être ignorées. Vous êtes ma belle, le soleil qui illumine mes courtes journées, l'étoile brillante qui me guide dans mes nuits d'insomnie, et sans vous, je ne saurais ou je suis, ou je vais.
Vos compliments me vont au droit au coeur, et saurais m'émouvoir jusqu'au larme si j'étais capable de les accepter. J'ai moi même trop lu, et trop décortiquer certains auteurs - je ne citerais plus Baudelaire - pour savoir que je ne leur arrive pas à la cheville, mais ma passion pour eux me suffit amplement.
Pour ce qui est de vos questions, je vous prie de bien me croire, ce n'est point pour entretenir un certain mystère que je ne vous répondrais pas, mais bien parce que je suis incapable de vous répondre sans faire des suppositions hasardeuses. Ma connaissance du Français m'appelle à le croire. Mais je me suis réveillé en 17 à l'hôpital militaire de Moscou, sans autre souvenir que mon cher Charles, et une maîtrise parfaite des deux langues. Ainsi votre visage ne me rappelle rien du tout. Pas plus que ceux de toutes les personnes que j'ai réellement connu.
Vos parents sont terribles, s'agacer d'avoir une fille aussi sublime, et aussi érudit. En ma compagnie vous pourriez citer Baudelaire quand bon vous sembles, et je saurais, vil tentateur, vous murmurez ces plus beaux vers à vos oreilles.

Je t'adore, ô ma frivole,
Ma terrible passion !
Avec le dévotion
Du prêtre pour son idole.

Le désert et la forêt
Embaumes tes tresses rudes,
Ta tête à les attitudes
De l'énigme et du secret.

Sur ta chair le parfum rôde
Comme autour d'un encensoir ;
Tu charmes comme le soir,
Nymphe ténébreuse et chaude.

Ah ! les philtres les plus forts
Ne valent pas ta paresse,
Et tu connais la caresse
Qui fait revivre les morts !

Tes hanches sont amoureuses
De ton dos et de tes seins,
Et tu ravi les coussins
Par tes poses langoureuses.

Quelquefois, pour apaiser
Ta rage mystérieuse,
Ta prodigues, sérieuse,
La morsure et le baiser ;

Tu me déchires, ma brune,
Avec un rire moqueur,
Et puis tu mets sur mon coeur
Ton oeil doux comme la lune.

Sous tes souliers de satin,
Sous tes charmants pieds de soie,
Moi, je mets ma grande joie,
Mon génie et mon destin,

Mon âme par toi guérie,
Par toi, lumière et couleur !
Explosion de chaleur
Dans ma noire Sibérie !   


Votre très distingué, celui pour qui vous êtes tout.
E.




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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Lun 16 Sep - 0:12

Louise & Charles
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Mon cher E.,
Comment pourrais-je vous en vouloir de me faire part de sentiments aussi purs et si délicieusement reportés avec, pour vous inspirer, un maître de la poésie française ? Je serais sotte de ne pas apprécier vos flatteries bien qu’elles me surprendront toujours tant vous êtes le premier depuis six longues années à jamais me dire d’aussi jolies choses. Ne faites donc pas l’enfant et acceptez mes quelques compliments qui ne sont que l’œuvre de ma franchise et de mon admiration naissante et sincère pour votre expression aussi poétique. Ne vous rabaissez donc pas en citant des hommes aussi brillants qui, eux-mêmes, ne voyaient que trop peu l’étendue de leur talent.

Tout ce mystère autour de votre identité me donne encore plus l’envie de vous rencontrer. 1917 ? Moscou ? Auriez-vous vécu la révolution russe ? Je n’en serais plus qu’admirative d’en apprendre davantage sur votre passé et celui de ce grand pays qu’est la Russie par votre fine analyse. J’ai moi-même connu quelques personnes parties vivre sur ces terres mais hélas, je n’ai jamais eu la chance de les revoir et seul Dieu serait témoin de leur présence sur cette Terre. Votre maîtrise des langues ne font que m’impressionner une fois encore, moi qui ne sais à peine trois mots de russe !

Mes parents étaient, je le crains, de nature bien difficile et ne reconnaissaient que trop peu le talent de la poésie baudelairienne qu’ils ne saisissaient pas entièrement. Vous devez me prendre pour une pauvre insolente irrespectueuse de ses parents et je vous voudrais m’en pardonnez, ce n’est pas le cas, ce n’est simplement que la triste vérité.

Je vous remercie une fois encore pour l’honneur que vous me faites de citer des poèmes avec autant de justesse et de beauté. J’espère sincèrement vous rencontrer un jour.

Sincerely yours,
Louise.  




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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Lun 16 Sep - 14:02

Louise & Charles
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My Dearest Louise,

Vos mots me ravissent. Ils ont un je ne sais quoi de tendre et de doux qui m'enveloppe le coeur de votre beauté. J'aurais voulu oser plus tôt ses quelques lettres, vous faire sentir aimé et désiré par les plus purs des mots depuis longtemps.

Je crains que vous ne confondiez le mystère avec le néant ma très chère, je ne saurais vous délivrer une identité complète, et mon histoire personnelle me manque cruellement. Pour ce qui est de la révolution, en un sens je l'ai vécu. Je crains en revanche qu'à l'époque mon analyse n'est été guère fine. Je me suis réveillé le jour du coup d'état de Lénine, sans nom et sans fonction j'ai vécu avec la seule idée de me trouver gite et couvert. Tel était ma seule préoccupation au coeur de ses grands bouleversements historique. Préoccupation qui m'aura d'ailleurs mené dans les camps. Je n'ai donc guère suivit l'affaire avec grand intérêt, et aussitôt que l'occasion se fut présentée à moi, je me suis enfuis. Je suis désolé pour ces quelques personnes, je n'ai rencontré aucun ressortissant Français durant mes années en Russie, sans doute, s'il est vivant, a-t-il eu l'intelligence de vider les lieux à l'avènement du communisme. Vous me flattez, mais je vous entends parler à merveille Anglais tous les soirs, ce qui relève pour moi d'un miracle certain. Le Russe et le Français, de part mon amnésie, me sont comme deux langues maternelles que je parle avec autant d'aisance, je n'en retire aucun mérite.

Je ne saurais vous jugez sans connaître, d'autant plus que je n'ai aucune expérience de la vie de famille, ou de la vie avec autrui. Mais je sais, sans aucun doute, que la poésie adoucit les moeurs, et que sans elle, vos parents pourraient être des sauvages. Sans vouloir vous offenser, bien entendu.

Peut être, qu'un jour, lorsque je serais à court de poème pour vos beaux yeux, que mon coeur sera gonfler d'un courage certain, j'oserais me montrer. En attendant, s'il vous plait, permettez moi encore de vous charmez, avec ces doux mots.

Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
l'or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant,

Et on corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule de bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

je crois boire un vin de Bohème,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon coeur ! 


Votre très distingué, celui pour qui vous êtes tout.
E.




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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Dim 29 Sep - 13:57

Louise & Charles
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne



Mon cher E.,
Mes mots ne seraient être mieux entendus que par vous. Votre gentillesse et admiration à mon égard me donnent l’impression d’être une femme importante, forte, qui ne pourrait être plus satisfaite que par cette douce passion qu’elle vous procure. Ne vous blâmez en aucun cas, j’admire ce courage que vous avez de venir m’écrire, je ne sais pas si j’aurais été capable d’une telle majestueuse correspondance si nos positions avaient été inversées.

Ne point avoir de souvenirs de votre vie d’antan doit cruellement vous rongez… Je ne saurais que faire pour vous aider à retrouver votre mémoire. Personne ne vous a donc recherché, demandé ? N’aviez-vous donc aucun indice sur votre passé ? Quelle triste issue ! Veuillez m’excuser, je ne devrais point me montrer à ce point impliquée mais je ne puis arrêter de m’imaginer la tristesse et la peine que vous devez ressentir d’ignorer votre passé. Je ne suis qu’une pauvre émotive, je le crains. Lénine, les camps… Quelle horreur ! En France, la guerre était terrible, désastreuse, longue douloureuse, comme partout…mais j’imagine que ça ne devait être qu’un brin de poussière comparé à Moscou et la prise de pouvoir des Bolcheviks… Ne soyez pas désolé de ne pas avoir croisé les quelques personnes de ma connaissance, je n’en attendais pas moins. J’aimerais vous dire qu’ils ont effectivement échappé au communisme, mais je n’ai eu guère de nouvelles depuis 1914…

Je n’ai guère de mérite, mon éducation m’a permis l’apprentissage de l’anglais depuis ma plus tendre enfance. Mon anglais a donc autant de mérite que votre talent avec la langue russe j’imagine. Mes parents avaient bien des qualités mais il est vrai que leur amour pour la poésie était relativement limité à quelques poèmes des auteurs de la Pléiade. Je ne les blâme en aucun cas et je ne permettrai pas de les qualifier de sauvages par respect qu’un enfant doit à ses parents, mais je ne pourrais non plus vous contredire sur ce point… Ne me jugez pas, une fois de plus, de mon comportement insolent envers mes géniteurs, je ne pourrais vous expliquez d’où me vient cette distance avec eux. Ce serait beaucoup trop long et je ne voudrais en aucun cas vous importunez avec de telles sottises.

Vos poèmes me flattent mon cher. Tout comme vous, j’espère vous les entendre dire de vive voix. N’ayez crainte.

Sincerely yours,
Louise.  




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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Lun 30 Sep - 15:58

Louise & Charles
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne



Dearest Louise,

Je crains toujours que votre tendresse soit exagérer. Je n’oserais mal vous juger tant vous avez fait grande impression dans mon esprit, mais je ne me peux m’empêcher de savoir que le genre humain aime à être reconnu. Et je préfèrerais que vous ignoriez mon amour plutôt que vous me le rendiez pas politesse ou parce que je ne connais que peu d’humain capable de résister aux mots doux. Vous me connaissez peu, seulement par mes mots... Et j’aurais peur de vous faire horreur... Je ne le tolèrerais pas.

Je n’ai pas envie de pleurer sur mon sort sur une lettre. Je le ferais peut être plus volontiers si j’étais dans vos bras. Il saurait m’apaiser. Je n’en doute guère. Les quelques indices que j’ai réside principalement en la personne de Baudelaire, mais il est ridicule qu’un être normal est pu placer toute sa vie dans cet homme, aussi spectaculaire puisse-t-il être. Je suis tout de même résolu à savoir qu’elle étrange personne je pouvais être. Je ne saurais vous dire que je n’aurais pas souffert, mais tout à été ravagé par mon absence de mémoire. Je suis un anesthésier. Vous êtes la seule qui savez ravir mon coeur d’un quelconque sentiment.

J’aimerais vous rassurez sur le sort des gens qui vous son cher, mais je ne saurais le faire sans peut être mentir, et je ne préfère pas m’avancer dans ses eaux troubles.

Je ne saurais vous dire... Peut être ai-je appris le Russe enfant... Je l’ai très surement appris en vivant là-bas très sûrement. M’étant réveillé en Russie, je suis plus surpris de parler Français que le Russe. Racontez-moi vos parents s’il vous plait. Vous ne m’ennuierez jamais, je vous le promet. les souvenirs des autres sont aussi précieux que ceux qui me font défaut, et savoir d’ou vous tirer votre grâce et votre beauté me paraît tout à fait délicieux. Je suis d’ailleurs tout à fait surprit que vous soyez seule, tout homme devrait être charmé de vous avoir à ses cotés pour le restant de ses jours.

J’y songerais prochainement. Laissez moi encore un peu de temps. De quoi rassembler ma timidité pour la vaincre.

Une fois, une seule, aimable et douce femme,
A mon bras votre bras poli
S’appuya (sur le fond ténébreux de mon âme
Ce souvenir n’est point pâli) ;
Il était tard; ainsi qu’une médaille neuve
La pleine lune s’étalait,
Et la solennité de la nuit, comme un fleuve,
Sur Paris dormant ruisselait.
Et le long des maisons, sous les portes cochères,
Des chats passaient furtivement,
L’oreille au guet, ou bien, comme des ombres chères,
Nous accompagnaient lentement.
Tout à coup, au milieu de l’intimité libre
Eclose à la pâle clarté,
De vous, riche et sonore instrument où ne vibre
Que la radieuse gaieté,
De vous, claire et joyeuse ainsi qu’une fanfare
Dans le matin étincelant,
Une note plaintive, une note bizarre
S’échappa, tout en chancelant
Comme une enfant chétive, horrible, sombre, immonde,
Dont sa famille rougirait,
Et qu’elle aurait longtemps, pour la cacher au monde,
Dans un caveau mise au secret.
Pauvre ange, elle chantait, votre note criarde :
«Que rien ici-bas n’est certain,
Et que toujours, avec quelques soin qu’il se farde,
Se trahit l’égoïsme humain;
Que c’est un dur métier d’être belle femme,
Et que c’est le travail banal
De la danseuse folle et froide qui se pâme
Dans un sourire machinal ;
Que bâtir sur les coeurs est une chose sotte ;
Que tout craque, amour et beauté,
Jusqu’à ce que l’Oublie les jette dans sa hotte
Pour les rendre à l’Eternité !»
J’ai souvent évoqué cette lune enchantée,
Ce silence et cette langueur,
Et cette confidence horrible chuchotée
Au confessionnal du coeur.

Votre très distingué, celui pour qui vous êtes tout.
E.




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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Dim 3 Nov - 0:46

Louise & Charles
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne



Mon cher E.,
Je ne saurais comment faire autrement pour que mes mots vous semblent d’une sincérité à la hauteur de la beauté des vôtres. Je suis navrée de vous dire que vous en connaissez beaucoup trop peu sur moi pour deviner ma réaction face à vous. Aussi étrange que ça puisse paraitre, j’ai foi en la nature humaine, j’ai l’espoir – ou peut-être est-ce simplement de la pure sottise, de la naïveté – de croire qu’un homme capable d’écrire avec autant de passion à une femme ne pourrait être « horrible » sans être un monstre dénué de toute caractéristique humaine, ce qui ne semble pas être votre cas.

Ne vous sentez nullement gêné de vous confier à moi, je saurais vous lire sans apporter de jugement au fardeau qui vous pèse sur les épaules. Je ne pourrais que vous encourager à poursuivre vos recherches sur votre vie passée, c’est en sachant qui l’ont était que l’on peut mieux se retrouver pour ensuite avancer et s’accepter. J’ai moi-même connu une étape similaire dans ma vie où tout échappait à mon contrôle. N’abandonnez pas, je serais toujours là pour vous soutenir,  restez fort.

Peu importe l’origine de votre maîtrise de la langue russe, vous le parlez avec une aisance saisissante qui doit en fasciner plus d’un. Oh, mes parents ne me comprenaient guère, je le crains. Ils auraient aimé que je sois une toute autre personne que j’ai toujours été, à savoir une fille libre et beaucoup trop rêveuse qui ne se voyait que sur la scène de Broadway. Ma mère n’a pas supporté que je ne devienne pas comme elle, mon père a eu honte que sa fille épouse « le premier venu ». Eh oui mon cher, j’ai laissé mon cœur dans les mains d’un homme que je n’ai pas hésité à prendre pour époux pendant la guerre. Parler de lui me brise le cœur, presque autant que la nouvelle de sa mort sur les fronts. Je ne saurais maintenant en dire plus sans m’apitoyer sur mon sort, je ne voudrais pas que vous me voyiez comme une pleurnicheuse, j’essaie de garder la tête haute en puisant ma force dans mon amour pour le théâtre.

N’hésitez plus mon cher, venez me rejoindre.

PS : Vos poèmes sont toujours autant appréciés.  

Sincerely yours,
Louise.  




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MessageSujet: Re: Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne    Dim 3 Nov - 19:19

Louise & Charles
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne



My Dearest Louise,

Je suis sans doute bien cruel de ne pas vous faire pleinement confiance. Sans doute vos mots devraient me toucher plus que de raison. Il caresse déjà mon âme des espoirs les plus exquis. Mais mes espoirs ravivent mes peurs, à gagner quelque chose j'ai peur de tout perdre. Je vous en prie, pardonnez ma faiblesse et mes doutes, je ne suis que le coeur trop aimant d'un serviteur dévoué.

Je vous mentirais si je ne vous disais pas que vos lettres mon manquez ses dernières semaines. Certaine personne autours de moi semble comprendre à mon sujet des choses que je ne devine pas, et je n'en peux plus d'être un nouveau nez sans admiration. J'ai parfois peur de ce que j'ai été. Est-ce normal ? Et si celui que j'avais été, ou celui que j'étais maintenant n'était pas fait pour vous plaire ? Je ne suis peut être pas fait pour être aimé de vous ?

Ici l'usage des langues n'étonne plus personne. Et mon médiocre usage de l'anglais, retire toute splendeur à mon usage du Russe et du Français. Je suis désolé, j'espère que si vos parents vous voyaient sur scène il changerait d'avis, car vous êtes l'actrice la plus splendide que j'ai eu l'occasion de voir.

Ce qui suit va vous paraître étrange, peut être déplacé. Pardonnez moi par avance si je vous offense, ce n'était en aucun cas mon intention. Mais les quelques connaissances que j'ai de ma personne, l'amour que j'éprouve pour vous, et l'histoire que vous me racontiez, me pousse à me demander si je n'ai pu être votre mari. Je suis désolé de poser une question aussi idiote. Et si je ne l'étais point je serais navré de ranimer en vous aussi fortement le souvenir de votre défunt époux que vous avez du temps aimé. Peut être que j'espère simplement me rassurer en me disant que j'étais un homme aimable, et avoir été marié avec vous me paraît avoir été une vie tout à fait digne d'être vécue. Peut être que si vous m'en disiez plus sur lui, un nom, ou peut importe, je saurais vous dire si cela concorde... Mais je ne voudrais pas trop profiter de votre bonté.

Peut être qu'après avoir éclaircit ce détail, je serais mieux rassurer pour vous voir.

Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,
Produits avariés, nés d'un siècle vaurien,
Ces pieds à brodequins, ces doigs à castagnettes,
Qui sauront satisfaire un coeur comme le mien.
je laisse à Gavarni, poète des chloroses,
Son troupeau gazouillant de beautés d'hôpital,
Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses
Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.
Ce qu'il faut à ce coeur profond comme un abîme,
C'est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,
Rêve d'Eschyle eclos au climat des autans,
Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,
Qui tors paisiblement dans une pose étrange
Tes appas façonnes aux bouches des Titans.  


Votre très distingué, celui pour qui vous êtes tout.
E.




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Louise + Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne

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