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 JUDITH&MAIJA ⚡ let me play among the stars.

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MessageSujet: JUDITH&MAIJA ⚡ let me play among the stars.   Mar 3 Sep - 12:27

judith & maija
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Bienvenue dans le merveilleux sujet de S. Maija Pavlov qui va avoir l'honneur d'avoir comme partenaire T. Judith Lefebvre. Pour leur sujet, elles interdisent l'intervention d'un PNJ inoffensif qui pimenterait le rp et elles autorisent l'intervention de membres extérieurs qui passeraient par là. Ne sont-ce pas là des choix merveilleux ? L’histoire se déroule un soir de fin d'été, une fois la nuit tombée alors que la météo est relativement bonne. À présent, il est temps de laisser la parole au créateur du sujet : Il s'agit de la première rencontre entre Judith et Maija, une rencontre improbable comme il en advient parfois. Judith met pour la première fois les pieds dans un cabaret et tombe sur l'oiseau de nuit qu'est Maya, alors qu'elles n'ont rien en commun ou presque...



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MessageSujet: Re: JUDITH&MAIJA ⚡ let me play among the stars.   Mar 3 Sep - 12:29

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Maija agita ses doigts engourdis avant de se lever. Il lui sembla que son corps s'éveillait d'un sommeil profond, bien qu'en rien réparateur. Elle rangea la dernière tenue en soupirant de lassitude. Davis avait été fidèle à lui-même, aussi hautain et insupportable que d'habitude. Elle n’avait pas eu le loisir de rétorquer quoi que ce soit à ses provocations, se contentant d’acquiescer docilement. Elle avait su rester étonnement silencieuse, réprimant la remarque cinglante qui lui brûlait les lèvres. Si elle savait pertinemment qu'il l'appréciait malgré leurs réguliers désaccords, elle ne tenait pas à mettre son emploi en danger en abusant de cette affection pour autant. C'était à lui que revenait l'ensemble des décisions, bien qu'elle n'en approuve pas toujours l'issue. Il créait les costumes et elle les réalisait sans broncher. Bien souvent, elle n'avait pas hésité à modifier certaines robes comme elle l'entendait. Ayant suffisamment de bon sens malgré tout pour s’assurer que ses entorses à leur accord ne puissent l’incriminer. Le poids du peu de famille qui lui restait reposait entièrement sur ses épaules, elle ne pouvait se permettre de faillir aux tâches qui lui incombaient.

Il était déjà tard à en juger par le soleil couchant au dehors. Elle entrouvrit le rideau qui séparait le lit imposant de la pièce principale. Sa mère semblait bel et bien assoupie. Maija noua ses cheveux blonds et passa la robe la plus élégante qu'elle possédait précautionneusement. Le tissu azur glissa avec fluidité. Elle ne pouvait prétendre faire illusion au beau milieu de personnages bien plus fortunés qu’elle, mais se devait d’essayer. Au moins par principe. Ses talents de couturière lui permettaient d’intervenir sur ses robes en ajoutant franges et broderies, voir à les créer de toute pièce. Elle ne pouvait toutefois se procurer les tissus soyeux qu'arboraient l'aristocratie new yorkaise. Une fois habillée elle s'empressa d'attraper son sac et se glissa hors de l'étroit appartement sans bruit. Derrière le rideau une silhouette se releva. Sa chevelure blonde en bataille et ses yeux bleus teintés d'une angoisse froide.
La jeune femme rejoignit avec délectation la rue bruyante. Savourant l'animation qu'offrait le New York nocturne. Malgré tous les imprévus qu'impliquaient ses déambulations, elle ne parvenait pas à considérer avec objectivité cette ville qui était la sienne. Consciente de ses dangers, elle savait qu'il était peu commun pour une jeune femme seule -à son image- de parcourir bars, dancings et cabarets dans lesquels elle se produisait parfois. Elle se sentait quoi qu'il en soit étonnamment en sécurité dans Manhattan. Elle s’engouffra dans l’IRT qui la conduirait jusqu’au cœur de Harlem. Sa destination de ce soir n’était autre que le célèbre Cotton Club. Le trajet depuis Midtown était relativement long et elle manqua de s’assoupir, ignorant les hoquets bruyants de la machine. Elle trouvait toujours oppressant le fait de se déplacer sous terre, mais le métro faisait partie intégrante de son quotidien. Elle avait été forcée de se faire une raison. Il était bien trop coûteux de se faire transporter en voiture et bien trop long de parcourir Manhattan à pied. Elle sauta de la machine d’un bond après avoir manqué de louper son arrêt. Elle était perdue dans la contemplation d’une vieille femme dissimulée sous son chapeau cloche bordeaux.

Maija s’approcha de l’établissement d’un pas décidé. Les tenues élégantes et les étoffes coûteuses se succédaient devant les portes du Cotton Club. Chaque vêtement semblant permettre l’exhibition du contenu du compte en banque de son propriétaire à coup de perles colorées.  La musique gagnait la rue et le trottoir resplendissait sous la lumière de l’imposante enseigne. Quelques new yorkais papotaient d’ailleurs gaiement sous ce soleil factice. Maija s’élança sans une once d’hésitation, sachant pertinemment qu’on ne pourrait lui refuser l’entrée. Elle s’était présentée ici suffisamment souvent pour en être assurée. Une fois le seuil franchit une odeur âcre de fumée et d’alcool parvint à ses narines. Elle s’enivrait déjà de ce savant mélange, tandis que les musiciens se laissaient entraîner par l’euphorie de la foule mouvante. Elle retira son manteau et le déposa négligemment sur le comptoir du vestiaire, jetant à peine un regard en arrière. Ses pas la portaient déjà vers la piste de danse. Elle se résigna à mi-chemin et entreprit de se diriger vers le bar. « Un whisky s’il vous plait. » Elle ne se formalisa pas du regard interrogateur que lui lança le barman. Attendant son verre en promenant sur la foule ses prunelles inquisitrices et admirant avec nonchalance ce lieu paradoxal que constituait le Cotton Club.
Hochant brièvement la tête en souriant lorsqu’elle croisa du regard quelques connaissances, elle avisa rapidement une danseuse auprès de laquelle elle s’était déjà produite. La jeune femme vint la saluer et elles échangèrent quelques banalités d’usage avant de se séparer. Le jeune trompettiste sur scène entamait un solo déjà mémorable et Maya se laissa entraîner et se mit à tournoyer en rythme sur la piste. Il lui sembla un instant qu’elle ne vivait que pour cela. Elle se réprimanda intérieurement, faisant un court instant cohabiter ces deux parts d’elle-même. Sa tête se mit rapidement à tourner et elle avisa un fauteuil confortable non loin de là. Elle s'assit en souriant avant de réaliser que la table qu'elle venait de rejoindre n'était pas inoccupée. Elle fixa intensément la jeune femme -probablement légèrement plus âgée qu'elle à ses côtés. Elle la salua finalement sans se départir de son sourire provocateur. « Bonsoir. »

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Dernière édition par S. Maija Pavlov le Ven 1 Nov - 14:32, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: JUDITH&MAIJA ⚡ let me play among the stars.   Ven 6 Sep - 15:00



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Judith poussa un soupir las. Elle se dressait, droite et indécise, face au petit placard en bois usé qu'elle avait investi. Elle y avait soigneusement rangé le contenu de ses deux vieilles valises, tout le contenu de sa vie française qu'elle devait aujourd'hui laisser derrière elle. Elle n'était pas d'ordinaire matérialiste mais il lui semblait alors que tous les bijoux, les vêtements, les objets qu'elle souhaitait emprunter ce soir étaient restés en Europe à son plus grand désespoir. La représentation superficielle du mal de pays qu'elle ne pouvait combattre qu'en se changeant les idées. Elle s'était mise en tête de découvrir le New-York nocturne, celui dont tous parlaient et que tout le monde préférait à la routine quotidienne. Elle n'était pas tellement un oiseau de nuit bien que les soirées parisiennes étaient gravées dans sa mémoire comme des souvenirs joyeux et arrosés. Les mois qui avaient suivi la fin de la Grande Guerre avaient été particulièrement riches en festivités et en insouciance. Elle-même s'était laissé prêter aux danses sensuelles avec de beaux soldats étrangers qui se présentaient fièrement en conquérants. Elle avait cédé à l'ivresse de la liberté et de la paix avec l'espoir que jamais une telle horreur ne se reproduise. Ces temps paraissaient déjà bien loin et la réalité américaine l'avait heurtée aussi douloureusement qu'un réveil difficile après une nuit blanche. Ce soir-là, elle souhaitait échapper à cette mélancolie et avait récolté toutes les bonnes adresses que ses rares collègues voulaient bien lui donner. Parmi eux, le Cotton Club figurait. Ouvert il y a quatre ans seulement, l'établissement était devenu un véritable emblème du quartier d'Harlem. Son inauguration avait contribué à l'éveil des rues et des talents autrefois cachés. Il recevait les meilleurs musiciens et les étoiles montantes du monde de la scène et s'imposait aujourd'hui comme le plus luxueux des bars clandestins plus si clandestin que ça. Sur le papier, c'était le lieu idéal pour chasser la mélancolie de Judith mais voilà qu'elle se mettait déjà en retard pour une puérile question d'apparence. Elle avait remarqué le style très particulier qui faisait fureur outre-atlantique et si certains éléments se retrouvaient d'un continent à un autre, elle avait comme l'impression que ''européenne'' s'inscrivait en lettres capitales sur son front sitôt qu'elle exhibait ses vêtements favoris. C'est pourquoi elle finit par opter pour une robe très simple. Taillée dans un tissu noble et fin, elle s'arrêtait juste au dessus du genou. Une lanière de dentelle terminait la robe et se rappelait intelligemment au niveau des manches qui s'arrêtaient à la naissance de ses bras, juste sous l'épaule. Fluide mais cintrée, elle mettait en valeur les courbes de la jeune femme tout en restant dans un goût très classe. La robe était d'un bleu klein très franc. Si c'était la couleur favorite de Judith, elle avait également entendu qu'elle rehaussait son teint plutôt clair. Elle avait attaché ses cheveux de sorte que ses boucles ne cascadent sur une unique épaule. Les pierres de la broche était évidemment assorties à la couleur de la robe. Un dernier coup de raisin à lèvres carmin sur sa bouche et Judith décida qu'il était temps de mettre un pied dans la jungle nocturne.

La longue file de clients fortunés qui s'était formée devant l'entrée du Cotton Club manqua de faire défaillir Judith. Tout était savamment étudié pour qu'on devine que la richesse occupait tous les porte-feuilles de ces américains confiants. L'accepterait-on dans un tel milieu ? Son revenu avait beau être décent, elle se sentait comme la paysanne au milieu des rois. Lorsque vint son tour, elle fut accueillie avec un sourire charmeur tandis qu'on s'écartait pour la laisser entrer. A peine eut-elle passé les portes qu'elle se crut projetée dans un tout autre univers. Les femmes se dévisageaient sans s'en cacher, se dissimulaient derrière des sourires hypocrites et des éclats de rire exubérants. Les lumières du bar était tamisées par les fumées de cigares et l'odeur de l'alcool se mêlait à la moiteur des consommateurs effrénés. La musique était néanmoins la meilleure surprise à laquelle Judith aurait pu s'attendre. Le son entraînant de la trompette, la spontanéité du solo lui donnèrent immédiatement le désir de bouger. Elle était une très bonne danseuse qui n'hésitait jamais à se laisser aller à des rythmes différentes, et sitôt qu'elle se trouvait sur une piste de danse, plus rien autour ne comptait. Néanmoins la nouveauté des lieux prit le dessus sur son assurance et elle préféra s'éclipser à une table suffisamment bien située pour qu'elle ne perde aucune miette de la scène. A peine fut-elle assise qu'une très jeune fille lui demanda ce qu'elle souhaitait boire avec un sourire commercial. Judith réalisa alors que ce bar, de part son contournement des lois prohibitives, était principalement destiné à la consommation d'alcool. Hésitante, elle interrogea la serveuse sur l'existence d'un champagne très pétillant et cette dernière s'en retourna au comptoir avec la commande de la française. Peut-être quatre ou cinq minutes s'écoulèrent seulement avant qu'on ne lui dépose une flûte de champagne devant elle. Tout était au service de l'ivresse et du plaisir et si elle ne se sentait pas réellement à sa place pour cette première visite, elle devait avouer qu'elle était intriguée et satisfaite de l'ambiance. Savourant les bulles sucrées de son verre, elle gardait un œil curieux sur ce tableau qui se dressait devant elle. C'est alors qu'elle remarqua une petite blonde s'affaler sur le fauteuil voisin. Visiblement plus jeune et emportée par l'atmosphère émoustillé de l'établissement, l'inconnue affichait une expression détendue, presque présomptueuses. Lorsqu'elle la salua, Judith retrouva son tempérament affable et intéressé et lui adressa un sourire courtois : « Bonsoir. » Elle avait encore un fort accent français même si elle était tout à fait en mesure de communiquer dans la langue anglaise. « Très jolie robe ! » La complimenta-t-elle sans savoir si la rivalité entre femmes – peut-être très actuelle en Amérique – permettait une telle complicité. « Je vous ai vue danser là-bas, êtes-vous employée ici ? » Elle savait déceler une bonne danseuse quand elle en voyait une tout comme elle savait apprécier une robe originale et customisée quand elle en remarquait une.
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MessageSujet: Re: JUDITH&MAIJA ⚡ let me play among the stars.   Mer 11 Sep - 14:07

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Elle ne put réprimer un sourire flatté lorsque la jeune femme la complimenta sur sa robe. La disposition des perles était directement inspirée de ce qu’elle pouvait coudre pour les danseuses du Palace. Or elle avait conçut et réfléchit elle-même le vêtement. Elle aurait volontiers adressé cette petite vengeance à son supérieur s’il s’était trouvé à ses côtés. Elle savoura cette victoire en interpellant la serveuse qui passait non loin de là, lui demandant un nouveau verre. Elle se retourna ensuite vers la jolie brune. « Merci. La votre est splendide également. » Elle détailla le tissu et la dentelle fine avec approbation. La sobriété du vêtement faisait toute son élégance harmonieuse. « Non je ne travaille pas ici, mais je suis danseuse en effet. » La déception face à son incapacité de pourvoir à ses besoins par ses seuls emplois nocturnes était perceptible dans son regard. Elle ne pouvait prétendre à des postes dans les plus grands cabarets de la ville n’ayant jamais reçu de véritable formation. Elle était douée certes, mais forcée de se cantonner à ce qu’elle savait faire.
Maija parvint rapidement à identifier la nationalité qui se dissimulait derrière cet accent chantant. « Hm française non ? » lança-t-elle avec un enthousiasme retrouvé, comme si cette révélation soudaine lui vaudrait une récompense. Elle avait eu l’occasion d’échanger régulièrement avec des français au cours de ses pérégrinations. Leur langue lui semblait déjà d’un certain exotisme, bien qu’ils fussent relativement nombreux à arpenter les rues de New York. « Dites-moi, c’est comment là-bas. » reprit-elle doucement, ses yeux pétillant presque autant que la coupe de champagne de son interlocutrice.  Elle ressemblait étrangement à une enfant à laquelle on venait de promettre le récit d’une épopée fantastique. L’inconnue était désormais son Ulysse égaré et elle n’attendait pas moins qu’une description détaillée du chant des sirènes peuplant pour sûr l’Océan Atlantique.

Maija avait toujours rêvé de voyager, de découvrir autre chose que la ville qui l’avait vu grandir. Elle n’avait qu’entraperçu brièvement l’océan et rêvait régulièrement de cette étendue d’eau salée qu’on décrivait comme infinie. Les profondeurs abyssales la terrifiaient autant qu’elles l’attiraient. Elle maîtrisait ce monde dans lequel elle évoluait trop bien et se surprenait à rêver de contrées lointaines. Ces dernières étaient naturellement peuplées des créatures issues de vieux livres. Elles provenaient des ouvrages poussiéreux qu’Aleksei et elle se disputaient pour en découvrir les fantaisies. Elle devait beaucoup à sa mère, d’avoir su garder auprès d’elle ces étonnants livres qui avaient éveillé sa curiosité et son imagination d’enfant.
Elle s’était d’ailleurs fascinée durant l’été pour le Zeppelin en provenance d’Allemagne. Ce monstre volant s'apprêtait à survoler New York. Elle s’était immédiatement mise en tête d'apprendre tout ce qu’elle pouvait à son sujet. Le nom d’Eckener la fascinait. Elle évoquait régulièrement ces navires volant à des hauteurs terrifiantes, allant parfois jusqu’à affirmer y avoir déjà pris place. Elle savait néanmoins pertinemment que jamais elle ne pourrait s’offrir une cabine à bord, ces dernières étant réservées à une élite. Tout cela ne l’empêchait pas d’évoquer avec entrain les dirigeables et de se rêver à leur bord.

Elle réalisa soudainement qu’elle ne s’était pas présentée. Elle eut un instant d’hésitation avant de lancer : « Au fait, moi c’est Maya ». Si tout cela avait peu d’importance à ses yeux, elle respectait par réflexe les conventions sociales. Maya n’était qu’une part d’elle-même et elle en était pleinement consciente. Il lui paraissait malgré tout naturel de se présenter bien qu'elle se refusa à lui donner son véritable prénom comme elle en avait l'habitude. Il ne s'agissait même plus d'un mensonge à ses yeux. Surtout d'un surnom ou d'un pseudonyme extrêmement pratique.

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MessageSujet: Re: JUDITH&MAIJA ⚡ let me play among the stars.   Sam 21 Sep - 13:18



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L'inconnue lui retourna le compliment. Visiblement, Judith n'avait pas provoqué d'incident diplomatique en félicitant l'apparence d'une femme qu'elle croisait pour sa première fois au Cotton Club. Soulagée, elle la gratifia d'un simple sourire pour la remercie. Peut-être n'était-ce qu'un retournement de politesse mais la française se sentait soulagée de ne pas faire tache dans ce tableau si parfait de l'Amérique nocturne et opulente. C'est alors que la jeune femme surenchérit, expliquant qu'elle ne travaillait nullement ici. La spontanéité avec laquelle la blonde interpella la serveuse pour un autre rafraîchissement laissait cependant entendre qu'elle était une habituée des lieux à défaut d'en être une employée. Judith crut déceler dans le regard pétillant de sa voisine la marque d'une déception mais elle se garda de se montrer indiscrète. Elle n'avait passé que quelques semaines à New-York mais il lui apparaissait déjà que les rêves les plus fous ne se réalisaient pas pour tous les grands rêveurs. Beaucoup d'entre eux devaient subir le labeur épuisant et oppressant d'un gagne-pain auquel on n'avait pu aspirer plus jeune. Pleins d'orphelines qui avaient passé leur enfance au refuge de Brooklyn auquel elle officiait depuis peu finissaient serveuses ou bien domestiques alors qu'elles avaient songé à des carrières prestigieuses de danseuses ou d'excellentes actrices. Le fait est qu'à New York, on vendait beaucoup de paillettes et de gloire sans pour autant pouvoir le promettre aux plus modestes des habitants. Fort heureusement, lors de sa traversée épuisante sur l'Atlantique, Judith n'avait pas emporté de grandioses ambitions dans ses valises. Simplement celle de se faire oublier. Malheureusement, il semblait que sa nationalité était plus équivoque qu'elle ne l'aurait pensé. D'un claquement de doigts, la danseuse effrontée venait de deviner sa nationalité. C'était inutile de nier ou bien de chercher à brouiller les pistes désormais. Judith s'avoua vaincue. « Me voilà démasquée... » Elle ne pouvait lui en vouloir. Personnellement, elle trouvait son anglais actuel véritablement médiocre. Néanmoins, l'intérêt soudain que lui portait la blonde l'enveloppa d'un orgueil apaisant. L'exotisme européen était tout aussi mystérieux et attirant que l'utopie américaine quand on foulait les rues de Paris chaque jour. Attrapant du bout des doigts sa flûte de champagne, Judith s'offrit sa première gorgée d'alcool outre-atlantique. Cette saveur sucrée et fraîche, ces bulles mousseuses, ce champagne était divin et elle succombait avec plaisir à ce pêché hors de prix. Elle leva les yeux au ciel dans une moue réfléchie. Quel était le meilleur moyen de décrire son pays sans y mettre trop d'amour ? Quand il s'agissait de la France, Judith oubliait tout notion de modération ou d'objectivité. « Paris c'est la lumière. C'est la culture et la liberté. C'est très différent d'ici. Tout dans Paris est bonheur. » Oh, on ne pouvait nier l'influence grandissante que la vague américaine produisait dans les rues de sa capitale chérie. Mais elle avait toujours ce sentiment que Paris transformait toujours tout dans cette élégance légendaire. « Vous devriez voir Montmartre. Tous les artistes se réunissent là-bas. Il n'y a pas besoin de grands établissements, de grands cabarets même si bien sûr nous avons les plus belles revues d'Europe. Et les meilleures danseuses aussi. Je ne sais pas si vous connaissez mais Mistinguett, dit La Miss, s'est produite l'année dernière à Rio de Janeiro pour le Copacabana Palace ! C'est une des meilleures meneuses de revues de France. » Tout ça, Judith en avait seulement eu vent. Du fait de sa modeste condition, elle n'avait jamais eu les moyens de s'offrir une place dans les plus illustres spectacles de Paris. Elle avait lu les journaux, vu les photos prises, les affiches alléchantes, parfois croisé quelques célébrités dans les rues Montmartre et Montparnasse. Mais tout ça suffisait à faire sa fierté. « Je me souviens toujours de leurs costumes, aux détails aussi précieux que ceux de votre robe. Nous les françaises raffolons des perles et des plumes. » Elle laissa échapper un rire typiquement féminin et désinvolte. C'était bon de parler de son passé en tout honnêteté en compagnie d'une autre femme. Cette discussion était soudain agréablement grisante. Pourtant elle ne pouvait oublier le caractère plutôt incongru de cette rencontre.
Quand la blonde se présenta enfin sous le nom de Maya, Judith ré-atterrit sur terre. « Pardon. » Il lui fallut un instant de réflexion pour ne pas faire de maladresse quant son propre prénom d'usage sur ce territoire. « Judith. Enchantée. » Dit-elle avant de siroter à nouveau sa boisson. Elle n'avait jamais entendu ce prénom auparavant. Faisait-il partie de cette extravagance typiquement new-yorkaise ou bien elle aussi était-elle réfugiée d'un autre pays beaucoup moins reluisant ? « Vous êtes américaine ? Peut-être pourriez-vous me conseiller des sites à voir ? »
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MessageSujet: Re: JUDITH&MAIJA ⚡ let me play among the stars.   Dim 29 Sep - 17:20

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La française paraissait encore un peu anxieuse redoutant sûrement de faire un faux pas. Elle craignait peut-être de briser sans en avoir conscience quelques obscures conventions. C’est lorsqu’elle s’autorisa enfin une gorgée de sa boisson que Maija réalisa avec amusement qu’elle ne l’avait pas touché jusque là. Elle aurait voulu lui crier combien tout cela pouvait lui être égale, mais fit l'effort de s'en abstenir. La danseuse songea combien elle devait paraître désinvolte en comparaison. Après tout elle on ne lui avait pas enseigné à siroter gentiment une tasse de thé. Elle ne pouvait prétendre être quelqu’un qui ne lui ressemblait pas pour se conformer à des règles dont elle n’avait que faire. Elle ne buvait plus purement par plaisir et ce depuis un certain temps. La manière qu’eu la française d’évoquer sont pays la tira de ses pensées. Elle hocha doucement la tête tout en écoutant attentivement son récit. La ville qu’elle lui évoquait paraissait incroyablement lointaine. Ce pays de l’autre côté de l’Atlantique à l’exotisme enivrant se parait de couleurs au fil du récit de la jeune femme. Paris semblait se dessiner sous ses yeux émerveillés. Pour être tout à fait honnête Maija envisageait difficilement une ville plus lumineuse et vivante que New York. Elle ne pouvait que s’efforcer d’entrevoir ce que son interlocutrice lui dépeignait. Montmartre se répéta-elle intérieurement. Elle s’imaginait déjà des rues bourdonnantes d’activité peuplées d’artistes. Elle se fit la promesse qu’un jour elle y mettrait les pieds. Elle n’avait pas la moindre idée de comment elle pourrait entreprendre un tel voyage, mais aimait penser que cet espoir n’était pas totalement illusoire.

Judith lui apparaissait encore davantage comme un personnage illustre dissimulant des trésors inaccessibles dans son pays natal. Lorsque son interlocutrice compara sa robe à celles des danseuses de son pays Maija sentit une bouffée de fierté l’envahir. « L’élégance française » avait bien entendu traversé l’Atlantique et elle était pleinement consciente du compliment que cette association pouvait sous-entendre. On disait les français particulièrement hautains, toutefois cette caractéristique ne pouvait qu’être compensé par leur goût pour les perles. L’américaine nota le temps d’hésitation que marqua la française avant de lui révéler son prénom. Elle alla jusqu’à se questionner sur la véracité de cette information. Elle était tant habituée à mentir, qu’elle en devenait paranoïaque. Elle se rappela finalement que tout cela n’avait que peu d’importance. Elle se moquait de l’identité d’une inconnue dont elle ne savait rien, bien que Judith l’intrigue étrangement. Si son accent ne l’avait pas immédiatement trahi, sa manière de se vêtir l’aurait fait à sa place. Le fait même qu’elle ait envisagé la traversée de l’Atlantique impressionnait la jeune américaine. Elle se demanda bien qu’elle en ait toujours rêvé, où l’on pouvait puiser le courage de quitter son pays et les siens pour s’élancer dans l’inconnu.
Elle nota que la jeune femme avait parlé d’une traite comme si les souvenirs qui peuplaient son esprit refusaient d’en rester prisonniers plus longtemps. Il lui sembla qu’elle était moins guindée que lorsqu’elles avaient entamé leur conversation. La seule évocation de la France avait été suffisante pour lui permettre de s’ouvrir et d’échanger plus librement. Et puis Maija réalisa que tout chez Judith criait qu’elle n’était que peu accoutumée à visiter des speakeasies. De sa tenue, jusqu’à son origine en passant par la manière qu’elle avait de poser des yeux curieux sur l'orchestre et les danseurs. « Je suis américaine en effet. Elle s'abstint de s'étendre sur la vaste thématique de ses origines inconnue pour ajouter joyeusement. Mais, attendez… C’est la première fois que vous mettez les pieds ici n’est-ce pas ? »
La boisson choisie par la jeune femme, sa manière de se vêtir, les bijoux fins qui ornaient sa peau nue, tout soufflait à Maija qu’elle connaissait le Cotton Club et ses usages sans toutefois s’y être déjà rendue. Une foule de questions s’imposa à elle soudainement. Elle aurait voulu savoir pourquoi la française s’était décidée à rejoindre les Etats-Unis, si elle était ou non seule, si elle avait été venue ici de son plein gré, si depuis longtemps tout comme elle, elle rêvait d’entreprendre un tel voyage. Elle se contenta d'une unique question. « Cela ne vous manque pas tout ça ? » Elle était pour une fois on ne peut plus sérieuse et observa intriguée le visage de la française. Elle lui laissa le temps de se répondre avant de se convaincre de réfréner ce flot d’indiscrétion qui s'imposait encore. N’entrevoyant qu’une solution pour se faire taire elle-même, elle se leva subitement et esquissa sans réfléchir quelques pas vers la piste de danse. Elle lança à Judith un regard teinté d’impatience. « Alors ? Vous souhaitiez découvrir le Cotton Club et New York n’est-ce pas ? Croyez-moi ce n’est pas en restant assise sur cette banquette que vous en aurez l’occasion. Suivez-moi ! » Elle se fit impérative, veillant à ne pas laisser d'alternative à son interlocutrice. Elle poursuivit sa route sans se retourner au coeur de l'exubérance new yorkaise.

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