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 Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.

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MessageSujet: Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.   Jeu 29 Aoû - 16:31

Albert Swindle
Je ne suis pas un voleur, j'empêche simplement l'argent d'aller où bon lui semble.

NOM : Swindle pour le commun des mortels, Gaston de Vibraye pour sa famille, Albert Farney pour Scotland Yard, Raoul de Morlay pour le quai des Orfèvres et quelques autres pour ses victimes.
DATE DE LIEU DE NAISSANCE : Vibraye, France, 1892
GE :32 ans sur les papiers d’identité française qu’il a laissé à Vibraye ou égaré quelque part.
EMPLOI OU OCCUPATIONS : Officiellement, l’homme est escroc repenti, inspecteur du FBI sous couverture. Pour cacher cela, il se fait passer pour un riche propriétaire d’usine textile afin de mieux s’infiltrer dans des speakeasy ou côtoyer les milieux de contrebande. Officieusement, c’est un escroc, un arnaqueur, un arracheur de dents, de pièces et de petites coupures.
SITUATION FAMILIALE :  S’il se dit célibataire, il est en réalité séparé contre son gré, avec un jeune enfant qu’il n’a jamais vu. Il refuse un divorce que sa femme veut lui faire signer et il s'en défend en assénant que son actuelle identité ne peut signer ce divorce. Ses parents, ainsi que ses deux frères et sœurs sont restés en France et ne souhaitant pas entacher leur nom, il a préféré couper les nombreux liens qui les unissait à eux, ne conservant qu’un mince contact annuel. Nul ne connaît sa vie actuelle, il leur dit de temps à autre qu’il continue de voyager.
SITUATION AMOUREUSE : Il séduit beaucoup pour mieux aveugler ses victimes, mais jamais, ô grand jamais, il n’ira trahir son épouse, la seule pour qui il ressent remords et regrets.
GROUPE : Jazz
I. introduction


-Vibraye? Oh, un garçon tout à fait bien, des notes convenables, ses camarades l’aiment beaucoup! Je pense qu’il fera un bon garçon. (Mr Poirevet, professeur de mathématiques)

-Ah! Le gamin Vibraye...à mon avis, il cache bien son jeu celui-là...je suis sûr que c’est lui qui à le double du grenier que j’ai perdu... (Mr Gusard, concierge de l’internat)

-Gaston...mmmpf...un gosse qui n’en fait qu’à sa tête (son père)

-Le lieutenant Vibraye....un de mes meilleurs hommes! Un type droit, carré, bien sous tous rapports. Et de confiance, avec ça! Il ira loin! (Colonel Balmain, son supérieur)

-Vibraye! Mêlé aux bons du Trésor, je vous le prouverai! (Achille Pévart, commissaire du 1er arrondissement )

-Monsieur de Vibraye a certainement souhaité concilier son moi profond avec l’extériorisation de son surmoi, dont les facteurs neuro-psychologiques tendent vers une volonté latente de détruire l’image génitrice. (Dr Delavent, psychiatre)

-L’Armée elle-même!! Corrompue!! Par ce traître! Il ira au trou, croyez-moi! (Colonel Balmain, son supérieur)

-Il était bon par nature! C’est la société qui a corrompu mon client! (Me Gourgeon, avocat)

-Ah-ah! Vibraye...un sacré lascar! Croyez-moi, il ne courra pas bien longtemps (inspecteur Ganimard...célèbre policier )

-Vibraye, dites-vous? Je ne vois pas de qui vous parlez... Farney? Jamais entendu parler. (inspecteur Morris, FBI)

-Notre devoir est de protéger notre famille, de son côté comme du mien. (Mme de Vibraye, son épouse)

-Gaston...Dieu seul sait où il a fourré ses guêtres, cette fois-ci! (son père)


II.Gaston, Arthur, Albert...


S’est toujours considéré comme un homme de bien...et de biens. - N’a jamais voulu donner aux pauvres ce qu’il avait volé à d’autres - Ne cesse de répéter qu’il profite des failles du système et de la justice - Le FBI fut sa meilleure porte de sortie - Ne tient pas en place -  A toujours besoin de noter ses idées sous forme de codes - Fume peu - Déteste les armes, surtout à feu, mais est parfois obligé d’en porter une - Pacifiste - Souhaite par dessus tout protéger sa famille, même s’il sait que sa femme ne reviendra peut-être jamais vers lui - N’a jamais vu son enfant - A une volonté de fer - Pourrait vendre du sable et des nouilles dans le désert - Ne se laisse jamais démonter - Est le plus grand baratineur de la haute société new-yorkaise - Adepte des déguisements en tout genre - A peu d’amis réels - A beaucoup d’amis par intérêt - Séduit - Elégant, son éducation le sert bien souvent - Boit peu - Possède un grand sens de l’humour - Optimiste devant l’Eternel - Aime se lancer des défis - Repoussera toujours les limites - N’a jamais vraiment trouvé ce qui le comblerait totalement - N’avouera jamais qu’au fond, il aime ce petit insigne d’inspecteur - Juste - Se passionne pour le monde judiciaire afin de mieux le contourner - S’est fait un nombre incalculable d’ennemis sous ses autres identités - Ne craint pas de se faire prendre - A une trop haute estime de ses capacités - Golden boy - Prend sa revanche sur son enfance française - A tout de même peur de se faire prendre par Scotland Yard - A visité la Santé plusieurs fois - N’a jamais été au tribunal - Est activement recherché par la France et l'Angleterre - S'est évadé de la Santé, sa plus grande fierté - Juste mais absolument pas droit - Turbulent et en dehors des conventions - Est en pleine écriture de son propre code civil - A déjà charmé une femme de 62 ans - Se refuse à la rapine et considère ces voleurs à la sauvettes comme des rats de fange - A une excellente estime de son travail - N’a pas le souvenir d’avoir eu des idées sombres - Détste la nostalgie - Prend soin de lui comme une femme le ferait - Ne sait toujours pas faire son noeud papillon et son noeud de cravate sans son épouse - Vit avec une vieille gouvernante à qui il porte amour et désintérêt total - Humaniste, il se dit Voltaire dans une autre vie - Connaît toutes les devises mondiales en cours sur le marché de la Bourse - A investi une grande part de l’argent des autres dans des actions - Pour lui, Arsène Lupin pense trop aux autres - Sait profiter de son statut d’inspecteur du FBI pour outrepasser les règles, mais ses supérieurs ont tant besoin de lui que nul n’a osé de coller à nouveau derrière les barreaux - Agira toujours seul et ne se fiera à personne d’autre qu’à sa femme - Refuse de faire des dommages collatéraux - Se considère comme un petit génie, un adorable escroc à qui ses élèves officieux devraient ériger une statue - Ne se lasse pas de critiquer...tout….continuellement - La mauvaise humeur le prend rarement, mais lorsqu’elle s’installe, elle fait quelques ravages - Insatiable - Inconscient - Impudent - Insolent


Ladies ans gentlemen, nous avons aujourd'hui le plaisir d'accueillir Albert Swindle ! Bonjour et bienvenue sur la radio AT&T's. Nous avons préparé quelques questions pour vous. Premièrement, tout le monde aimerait savoir ce que vous pensez des bars clandestins et du jazz, ne vous inquiétez pas, ça ne sortira pas d'ici !
« Le jazz? Magnifique, troublant, enivrant! Les bars? Allons donc….ils sont mon fond de commerce! Je les traque pour gagner ma liberté et entre nous, je me fous un peu de savoir qui je fais tomber...mes affaires ne touchent pas le trafic d’alcool, elles touchent les portefeuilles...Faire tomber des collègues, dites-vous? Détrompez-vous! Tous les escrocs de cette ville ne sont pas collègues.»
Oh, je vois... Ainsi, votre avis concernant la Prohibition...
« Une loi qui passera dans l’oubli dans peu de temps, je pense. Une prochaine élection, certainement. En attendant, faisons profil bas. Prohibition ou non, mes habitudes ne sont pas vraiment changées. »
Oh ! Dans ce cas, buvez-vous de l'alcool ?
« Peu, si peu. Ca atténue les sens et les idées et lorsqu’un métier demande adresse et dextérité de l’esprit, on ne peut pas se permettre de se laisser avoir comme un débutant. Je ne bois que peu, mais je fais boire beaucoup! »
Personne ne vous juge, ne vous inquiétez pas. Et, dites-nous, New York, en un mot, c'est quoi pour vous ?
« J’avais cru que la ville serait une nouvelle aire de jeux et bien mal m’en a pris. J’ai grandis, bien sûr et aujourd’hui, je la perçois à nouveau comme un terrain sur lequel placer mon jeu. Je connais mieux la ville, ses recoins et ses habitués. Je ne suis pas émigrant, je ne m’attendais pas à une vie meilleure en arrivant là. »
Comme je vous comprends ! Pourriez-vous donc nous donner votre point de vue sur l'époque que nous vivons ?
« Epoque bénie pour mes affaires! Savez-vous combien de personnes ont eu confiance en mes belles paroles après la guerre? Je m’amuse, sachez-le! Un jour sûrement, l’insouciance d’après-guerre disparaîtra mais pour l’heure, profitons-en. »
Et bien, je vous remercie pour cette interview plus que constructive, et vous souhaite un excellent moment à New York !
derrière l'écran


PSEUDO ET/OU PRÉNOM : Corleone
GE : 25 et plus, peut-être.
DÉCOUVERTE DU FORUM ET AVIS SUR CELUI-CI : J'ai été sur la V.1 puis la V.1.2 puis me revoilà sur la V.2, mais cette fois sans Lawrence, sans sa vie désabusée et ses insomnies nocturnes ^^ Albert était un projet de DC et comme je me suis promis de ne pas succomber, me voici >_<
PRÉSENCE : Régulière, selon mon emploi du temps IRL
CONNAISSANCE ET AVIS SUR LES 1920's : Comme avant, des connaissances imparfaites, mais j’ai deux supers potes qui connaissent tout: Google et Wikipédia (a)
TA CHANSON FAVORITE : Tout le répertoire de Polnareff, mais là, je dirais It’s wonderfull, de Paolo Conte <3
AVATAR : Justin Chatwin
CODE DU RÈGLEMENT : Ok par Maija.
PERSONNAGE INVENTÉ, SCÉNARIO : Inventé dans ma tête
JE SOUHAITE PARTICIPER AU SYSTÈME DE RP D’INTÉGRATION : oui
UN DERNIER MOT : Haricot. Ah et sinon, j’ai beaucoup de mal avec la présentation des messages, avec le nom de l’auteur en dessous qui donne un petit côté "iléoù le titre?" *patapé*




Dernière édition par Albert Swindle le Jeu 29 Aoû - 16:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.   Jeu 29 Aoû - 16:32

histoire
Sans audace, pas d'escroquerie.


How to make a thief


Londres - Scotland Yard - 1922


-Coopérer? Etes-vous fou?
-Je crains que vous n’ayez pas le choix.

Repoussant la chaise sur laquelle il était assis, l’homme se leva, glissant ses mains sur sa nuque et levant les yeux au ciel, il poussa un soupir exaspéré.
-Aah! Si je refuse, j’ai quoi? La prison?
-Oui...
-Allez quoi, demanda-t-il en reposant ses yeux sur l’autre et fourrant ses mains dans les poches de son veston...2ans?
-Un peu plus, sir.
-Grrr....4 ans?
-Prenez deux ans...
-Je préfère ça!
-Multipliez-les par dix.
L’homme s’arrêta de tourner autour de la petite table et s’étouffa presque.
-QUOI? 20ans! Impossible! Je vais crever dans ces cellules, se lamenta-t-il en allongeant le bras vers la porte! Mon talent va pourrir! Moisir! Flétrir! Et quid de ces jeunes femmes à qui j’ai promis monts et vallées....et que je suis en mesure de leur fournir, se rattrapa-t-il en levant un doigt sentencieux!
-20ans......sauf si vous coopérez.

L’homme s’affaissa sur sa chaise, prenant sa tête entre ses mains.
-D’accord.....d’accord! Je coopère, lâcha-t-il comme s’il eu signé son arrêt de mort. Cela me crève le cœur, sachez-le. Balancez! Tout ce que vous voulez, tant que je suis en dehors de ces moisissures...
-Je le sais, répondit l’autre dans un large sourire. Monsieur Gaston de Vibraye, vous êtes libre...officiellement. J’espère que cette semaine de prison vous aura été instructive. En échange, vous aurez un nouvel employeur...
-Et qui sera, marmonna l'autre?
-Le FBI.
-Excellent...il roula des yeux impatients.
-Vous connaissez parfaitement les méthodes de vos confrères ou collègues...ou concurrents, reprit précipitamment l'inspecteur devant la mine de l'homme...Nous avons besoin de vos services.
-Je refuse de dénoncer mes confrères...
-Je parle des speakeasy, du trafic d'armes et d'alcool...la mafia s'installe. Nous vous suivons depuis assez longtemps pour savoir que vous n'êtes pas un trafiquant ou un homme sans morale.
-Ah? Je suis soudainement devenu un homme de bien, se railla l'autre?
-Nous vous faisons inspecteur à titre exceptionnel, afin que vous ayez les mains libres pour enquêter sur tous ces trafics qui se trament. Nos hommes sont souvent repérés, nous n'avons que quelques taupes qui craignent pour leur sécurité...
-Tandis que ma sécurité, à moi...
-Vous êtes de ce milieu, Vibraye.
-Continuez, soupira l'escroc...


Nous ne retrouverons notre homme qu’en 1924, à New York, entouré des divas que s’arrache la ville ces dernières semaines. Poignets et chevilles libres, vêtu sur mesure par les plus grands couturiers new-yorkais, nul ne peut alors deviner qui se cache réellement sous les traits d’Albert Swindle, apparent playboy millionnaire, jouant avec l’argent comme avec la loi.


Tout commence en réalité en 1892, lorsque le troisième fils de Léopold et Catherine de Vibraye naît, dans l’un de ces manoirs d’une vieille aristocratie démodée et oubliée.
Le père est aigri des mœurs de son temps, la mère tient à bout de bras une famille qui s’agrandit encore par deux fois avec la naissance de deux cadettes et dans ce tourbillon, les trois fils sont priés d’assurer la relève familiale.
Si le père a pu jouir des quelques restes d’une fortune refaite lors de la Restauration, les ressources s’amenuisent et au plus grand dam de Léopold, il doit voir ses enfants travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Lui-même n’a jamais réellement touché au travail réel, se contentant de gérer petits paysans voisins et gestionnaire de terres familiales, hélas en friche lorsque Gaston atteignit un âge raisonnable.

Baisse de moyens ne signifiant aucunement baisse d’éducation, Léopold s’assura que ses cinq rejetons reçoivent une éducation à la hauteur de celle qu’il reçu. Si peu accordée avec les mœurs du temps moderne, les enfants Vibraye ne tardèrent pas à terminer leurs leçons dans des endroits bien meilleurs, saignant à blanc leur père qui les vit partir pour l’internat, le cœur lourd et la bourse légère.

Rien jusqu’alors ne laissait présager du formidable destin de Gaston. Garçon turbulent, charmeur et manipulateur, il su néanmoins très tôt s’attirer les faveurs des professeurs, marquer des points là où il le fallait et garder un visage innocent malgré ses coups d’adolescent. Ni cancre ni surdoué, peu de professeurs n’ont pu déceler les capacités à venir de leur élève.
-Gaston de Vibraye, s’étonnera plus tard son directeur?!  Mêlé à cette affaire? Je n’y crois pas un seul instant! C’est un garçon charmant, généreux, attentif...certes un peu indocile, mais on le lui pardonnait volontiers!

C’est pourtant à l’internat que le jeune garçon entreprit ses premières petites magouilles. La guerre n’avait encore frappé qu’il songea déjà à se remplir les poches de billes, d’images ou de bons points qui lui servaient à dorer son blason. Les affaires étaient d’une simplicité enfantine, mais nul n’y avait jusque-là songé: une promesse contre un gage. Il tenait sa promesse, mais le gage lui rapportant bien plus qu’il ne perdait, Gaston sortait toujours gagnant de ces petites combines. Son mot préféré devint rapidement “Vendu!” lorsqu’il scellait un accord avec l’un de ses camarades.
Lorsqu’il aborda le lycée, son avenir lui semblait tout tracé: travailler dans le commerce, malgré les cris de son père, refusant qu’un Vibraye ne devienne maquignon.  

Ce fut la guerre qui eut raison de leurs cris respectifs et avant que l’un ou l’autre n’ai pu faire entendre raison au second, les affiches placardées sur les murs appelaient à la mobilisation.
Que faire? Lorsqu’on est plein d’espoir, qu’on atteint avec vigueur ses 18 ans et que les armes sont un terrain encore inconnu?
Ce fut Edmond, l’aîné, qui entraîna ses cadets à sa suite. Armand le suivi, la peur au ventre mais la fierté au cœur, et poussé par cet élan familial patriotique, décidé à tenir hors de France la terrible armée germanique, Gaston s’engagea, sous les plaintes d’un père anti-républicain.
Ce fut la pauvre Catherine qui força l’aigri à dire adieu à ses fils, non sans quelques larmes essuyées sur ses joues de mère.

La guerre et toute son atrocité retentissait encore dans les oreilles de Gaston en 1921. Il avait été épargné d’une souffrance physique, morale. Était-ce son charme naturel qui avait de nouveau séduit son entourage? Il fut toutefois pris dans les rangs pour accompagner un vieux colonel de bureaux en bureaux, de villes en villes. Chauffeur, secrétaire, ordonnance, le jeune lieutenant de Vibraye sorti de la guerre sain, sauf et peut-être même plus fringant qu’auparavant.
Il n’avait rien ignoré des combats, de l’atrocité des tranchées. S’il n’avait combattu comme d’autres - ce qui excéda son âme de soldat patriote - il avait pu voir de ses propres yeux les gueules cassées; sentir l’odeur des hôpitaux de fortune, tendre à des cadavres encore vivants des ordres de mission. Coursier, il avait pataugé dans les tranchées pour remettre des documents, mais sa baïonnette était restée tristement intacte.
Il aurait pu se sentir coupable des blessures que reçu Edmond, s’il n’avait appris les inconsciences que l’aîné avait commises. Il se garda de le lui asséner, soutenant plus que tout ce frère marqué, à jamais invalide.

Ce serait mal connaître Gaston de Vibraye que de songer que la guerre le rendrait bien meilleur, et le mènerait dans un chemin de justice. Bien au contraire, il s’engouffra dans une brèche restée ouverte, dont peu se souciait et mis sur pied sa petite affaire commerciale, non sans avoir auparavant détourné quelques sous de la poche militaire.
Le but était en premier lieu d’obtenir quelques gains, en vendant quelques denrées devenues rares à prix fort...et en se les procurant à moindre coût.

L’affaire dura quelques mois, avant qu’il ne se décide à monter enfin à Paris, donner plus d’envergure à son projet. C’est là que ses accointances dans l’armée le servirent enfin. Le jeune lieutenant n’était plus, mais on se rappelait avec bonhommie les actions sans faille de Gaston de Vibraye et par quelques colonels et têtes pensantes, il pu enfin songer à une action de plus large envergure.
Il s’attaqua aux banques, s’assura de prêtes-noms, de prêteurs sur gage, de pénuries et de l’envie des français d’oublier les horreurs de la Grande Guerre par tous les moyens. L’escroquerie lui rapporta quelques millions assez utiles pour tirer sa révérence, assurer à ses parents qu’il  partait en aventurier, découvrir le monde et l’Europe; il s’éclipsa en Angleterre.

Adoptant le nom d’Albert Farney, il réitéra sa petite escroquerie, l’ajoutant à quelques bijouteries, joalleries. Jamais dans Londres où il vivait, mais toujours en province, pour plus de sûreté.
Albert Farney, nouveau milliardaire aux allure de gentleman fut bientôt la coqueluche de toutes les demoiselles et notre homme passa quelques mois d’insouciance, faits de soirées, de fausses charités, d’hôtels et de champs de courses. Il se disait industriel, propriétaire d’une usine, de nombreux magasins...Demi-mensonges, car ses entourloupes faisait de lui un homme à multiples casquettes.

Mais à trop jouer, à vouloir atteindre le soleil, on se brûle les ailes et c’est en voulant tâter au terrain artistique qu’Albert Farney fut démasqué. L’envol était pourtant sûr, mais à peine son pied était-il posé à Ellis Island qu’il ne comprit pas quel était ce monde américain, si loin de l’Europe.
Il ne doit encore son salut privé qu’aux journaux de 1922, si avares de photos et si différents de nos magazines actuels.
Perdu dans ce nouveau monde où il avait cru pouvoir régner en petit maître, il fut victime de ses propres éclats et bien rapidement guetté par le FBI. En 1922, acculé, démasqué, se voyant enfermé jusqu’en 1942, il accepta de coopérer avec le FBI.

C’est un agent américain qui décela très vite les capacités de Gaston et qui insista pour qu’elles leur soient mises à disposition. Gaston accepta, la seule issue pour sa liberté résidant dans cette coopération qu’il exécra réellement peu de temps. Le deal?  Il fut simple.
Albert Farney, ou toute identité qu’il adopterai, serait relâché, libre de tous mouvements, de toute petite magouille sur lesquelles le FBI fermait allègrement les yeux, laissant cela à la police de quartier. En échange de cette liberté, Farney vendait ceux qu’il côtoyait. Mafieux? Revendeurs? Speakeasy? Les informations devaient s’écouler.

Il y avait bien longtemps que les scrupules de Gaston l’avaient quitté et le plus américain des français accepta le marché, rejoignant cette armée d’ombres qu’étaient les agents du FBI. Repenti, mais pas trop!
Il se fit bien vite à cette nouvelle vie, goûtant à New-York à tous les plaisirs sur lesquels il n’avait eu le temps de poser un doigt. Il pouvait se perdre, mais il n’avait réellement cessé ses affaires et alors que le FBI traquait les ennemis de la Prohibition, elle ne voyait dans l’ombre quelle magouille Albert Swindle mettait sur pieds.

Elle aurait pu le perdre, mais une raison retint Gaston de craquer l’allumette qui pouvait tout faire flamber. Il avait connu cette raison en Angleterre. Elle avait le teint pâle, un regard chaud, des lèvres envoûtantes et une voix si parfaite qu’il succomba au premier regard. Au second, il lui demanda de l’épouser. Au troisième, il lui avoua qui il était et au quatrième, ils furent devant l’autel.
Elle avait accepté son escroc de mari, cette mouche qu’il devait être, mais elle se refusa à ce dont il lui fit part un matin. L’affaire était trop lourde, trop importante! Il aurait la mafia de New-York sur le dos... Les larmes d’une future mère achevèrent de le convaincre. Pour un temps.
En 1923, une autre arrestation la poussa à retourner en Angleterre et à demander un divorce auquel il se refusa de longs mois.


Nous voici donc là, en 1924, à l’aurore d’un nouveau monde dont Albert Swindle est une étoile montante.
Ce que nul ne sait, c’est que Gaston de Vibraye escroqua l’armée française avant la fin de la guerre, que les bons du Trésor qu’il avait fait émettre étaient faux, que des millions emportées avec lui aux Etats-Unis étaient spoliés à d’honnêtes gens.
Nul ne savait qu’Albert Swindle était Albert Farney, sous le coup de trois chefs d’accusation en Angleterre et recherché par Scotland Yard. Nul ne voyait en ce joyeux dépensier le visage de Gaston de Vibraye, de Gaston Demeroux, d’Anthony Hawkins, d’Alexandre Meltown ou quel que puisse être son nom.... Le FBI traquait l’alcool avec l’homme le plus recherché de Scotland Yard et de la place Beauvau. Sous ce pompeux nom d’inspecteur du FBI, chacun de ses crimes étaient couverts, chacun de ses vols étaient tus, tant qu’il livrait à l’Agence fédérale les précieuses informations qu’elle souhaitait.

Et au milieu de tout cela, l’insouciance des Roaring Twenties résonnaient à New-York. Albert Swindle restait libre.

***


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MessageSujet: Re: Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.   Jeu 29 Aoû - 18:15

Bienvenue à toi. heart OMG je suis fan de ton avatar. Et ton personnage est super intéressant, j'aime ce double-jeu. bril excited *va finir de lire l'histoire* danse 
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MessageSujet: Re: Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.   Jeu 29 Aoû - 19:31

Sacré lascar et super fiche ! Bon retour ici héhéh
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MessageSujet: Re: Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.   Jeu 29 Aoû - 20:06

LAWRIE'S BACK. bril excited Bienvenue sur la v.2 de ATJ. Je suis ravie que tu ai décidé de nous suivre jusqu'ici. léchouille Ta fiche à déjà l'air géniale du peu que j'en ai lu. J'étais partie toute la journée donc je me pose deux minutes et je viens lire le reste et te valider.

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MessageSujet: Re: Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.   Jeu 29 Aoû - 21:30

Rebienvenue!!! bril 
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MessageSujet: Re: Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.   Jeu 29 Aoû - 21:51

J'ai adoré lire ta fiche (même si j'ai du m'y reprendre à deux fois pour intégrer toutes ses différentes personnalités greeny ). Albert (on va l'appeler comme ça du coup hein) est très bien construit et j'ai bien aimé découvrir ses multiples facettes. Son côté escroc imbuvable, mais foncièrement gentil va être sympa à développer en rp et à travers ses différents liens sur le forum. J'ai aussi beaucoup aimé ta petite introduction. haha Sa lucidité dans son travail mise en parallèle à la manière dont sa famille lui a glissé entre les doigts est assez marrante (pas dans le sens drôle, loin de moi l'idée de me réjouir du malheur de ce petit (a) ), mais marrante dans le sens intéressante. Ça participe à en faire un individu à part. Bref, sur ce je te valide avec plaisir ! heart

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MessageSujet: Re: Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.   Ven 30 Aoû - 0:19

Merci Maya *-*

C'est sûr qu'Albert est aux antipodes de Lawrie (il est content de se reposer après ses mésaventures :P ), mais j'ai essayé de le faire coller au maximum, en trouvant des ouvertures pour de futurs liens... merci pour ces chouettes compliments et cette rapide validation culcul 


Et merci à vous pour vos messages de bienvenue :D

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Doubles-comptes : eponine m.-n. o'hare.
MessageSujet: Re: Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.   Lun 2 Sep - 10:28

BIENVENUE, un peu en retard !
félicitations !
validation

Tu viens d'être validé(e), félicitations ! Mais il te reste des choses à faire ! En effet, n'oublie pas de remplir tous les champs de ton profil (ou du moins le maximum), ainsi que le gif. Il est impératif que tu recenses ton avatar dans le bottin prévu à cet effet dans ce sujet. De même, il te faudra ouvrir une fiche de liens et rps, pour ce faire, rendez-vous ici. Construire des liens entre ton personnage et ceux d'autres membres constitue une étape primordiale pour t'intégrer au forum. Si les codes ne sont pas ton fort, tu trouveras dans ce même sujet une fiche prête à être utilisée. Tu peux également obtenir un rang, trouver un logement, ou si ce n'est pas déjà fait une profession originale à ton personnage. Il est conseillé de surveiller régulièrement les annonces, de ce côté afin de suivre les intrigues et évènements en cours et de participer pleinement à la vie du forum. Tu fais d'ailleurs partie d'un groupe, pour en savoir plus c'est . N'hésite pas à faire un tour dans le flood ou à venir papoter avec nous sur la chatbox, on est là pour se faire plaisir avant tout ! Et n'oublie pas de rp, bien entendu. Allez, file donc danser le Charleston !



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PRÉSENCE TRÈS RÉDUITE. and who are you, the proud lord said, that i must bow so low ? only a cat of a different coat, that's all the truth i know. in a coat of gold or a coat of red a lion still has claws, and mine are long and sharp, my lord, as long and sharp as yours. and so he spoke, and so he spoke, that lord of Castamere, but now the rains weep o'er his hall, with no one there to hear.
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MessageSujet: Re: Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.   

 

Albert Swindle ~ Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.

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