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 CONTEXTE.

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AND ALL THAT JAZZ
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Avatar : Anonyme. Crédit : Loonywaltz
Âge : 41 ans.
Statut : Marié.
Occupation : Inspecteur de police
Gramophone : Ry Cooder - Big Bad Bill
MessageSujet: CONTEXTE.   Mer 17 Juil - 0:11

contexte
and that's good, isn't it ? grand, isn't it ? great, isn't it ? swell isn't it ?
isn't it fun, isn't it ? but nothing stays


New York, 1924. Dans le Broadway grandissant de cette ville si représentative de la période. Les grattes ciel voient le jour un à un. Ils poussent tels des fleurs à charpente métallique, sur ce morceau de terre baigné d’eau douce. Les cabarets s’illuminent et les rues dansent au rythme du jazz et du charleston. L’ambiance si particulière ne pourrait être décrite que par le positivisme. L’excentricité de ces robes amples et de leurs plumes permet un court instant de se laisser submerger par ce flot de douceur et d’enchantement. La guerre est achevée, les populations s’éveillent et oublient leur malheur le temps d’une danse déjantée, aux sonorités nouvelles. L’alcool et la fumée donnent à ces scènes quotidiennes un côté irréel. Laissez-vous bercer par cet audacieux, mais si enivrant mélange. Flânez donc dans les rues de Greenwich Village, laissez votre regard glisser vers ces fenêtres discrètes, derrière lesquelles se trament tant d'histoires singulières...

Au quatrième étage, repose seul sur une table usée par le temps, vestige d'une petite maison du fond de l'Ohio, un verre de whisky sour à demi vidé, apparaissant comme le refuge nécessaire à son propriétaire. Des tourments qui disparaissent dans le liquide ambré. Une gorgée qui efface les douleurs de l'usine, une gorgée qui permet d'oublier l'humiliation matinale, de se faire gueuler dessus par un contremaître propre sur lui. Une main puissante mais ridée qui tient l’objet de toutes les convoitises. L'objet interdit, et l'objet si courant. La prohibition et ses effets se ressentent davantage dans la transgression des règles.

Ce sont au troisième que des rires cristallins se font entendre, ils semblent inépuisables, malgré les accents désespérés de leur écho. Ces accents de toute une population vivant contre ceux qui leur refusent la vie. Tous ceux qui rient à gorge déployés d'être noirs dans une ville blanche, d'être femme dans une ville masculine, d'être domestique dans un pays riche. La douce odeur d’une soupe à l’aspect étrange. Le souffle de la vie dans la bouche des enfants, enfants un rien trop nombreux. Ce tintement doucereux échappé de sous une porte, qui réchauffe les cœurs.

Au deuxième étage, le crépitement réconfortant du bois dans un poêle poussiéreux. Un tablier tâché de farine et des mains expertes qui confectionne une pâte blanche, tout en suivant du regard une recette maternelle bien connue. Les recettes se transmettent de mères en filles, les maris épousent toujours des cuisinières attitrées. Une bouche qui fredonne une chanson populaire dans une insouciance équivoque, chanson de jazz, chanson de ce monde nouveau qui vient sans cesse frapper à la porte des new-yorkais. Les informations du jour s’échappent d'une radio au fort grésillement. Un souffle régulier, apaisé.

Au premier, les accords plaqués sur un piano laqué retentissent. Puissants, sonores. Les mains fines courent sur des touches lustrées à l’apparence impeccable. La rêverie accapare les esprits à l’audition de cette mélopée. Seule manque la voix puissante d’un saxophone pour faire de cette composition un air de jazz hors du commun. Un regard perçant où se distingue sans mal la concentration. Des esprits bercés par la musique. Les spectateurs qui écoutent religieusement tiennent tous d'une poigne de fer leur usine, leur bar, leurs collègues, leurs affaires. Ils signent un papier, ils rencontrent des secrétaires politiques, ils organisent des réceptions, et la face de New-York change. Il fait bon vivre au premier étage.

Et leurs destins croisés au détour d’un carrefour, quelques paroles échangées qui bâtissent à elles seules un semblant de relation. Le réconfort après la guerre et ses fantômes encore omniprésents. Ces millions de gestes sans importance et de paroles murmurées qui constituent la vie. Simplement, sans prétention, fioritures ou grandeurs inutiles. Leurs histoires, intimement liées à la nôtre dans l’évidence même du temps qui passe..
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ébauches d'ambiance

1. Les robes légères garnies de franges volent au rythme du saxophone. Les volutes de fumée blanche s'épaississent au-dessus du parquet lustré de la piste de danse. Un phonographe diffuse des airs de Jazz, tandis que du côté opposé de la pièce, les danseurs s'élancent dans un charleston entraînant. La cadence s'accélère en même temps que l'utopie positive qui s'empare de chacun. La mélopée, dans cette brume s'installe, lancinante, dans ce monde parallèle. Au bord d'un onirisme vacillant. Laissez cette ambiance si singulière s'emparer de votre cœur... Vous êtes dans les années folles.

2. Oubliez, le temps d’une nuit… Laissez la musique s’insinuer en vous, prenante, émouvante. Les accords plaqués sur les touches blanches résonnent dans l’obscurité du rideau. De la salle comble s’élèvent des murmures approbateurs. La clameur du public parvient aux oreilles du pianiste. Un signe. Le reste du groupe s’élance. Le saxophone dialogue avec les percussions. Ils se lèvent et dansent, dansent pour oublier le racisme, les inégalités, les injustices dont ils sont victimes. Les senteurs âcres d’alcool et de fumée font tourner les têtes… Vous êtes à Harlem.


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